Cinéma

Vidéomappings - Aïda, Palestine

Réalisateur : Till Roeskens
Durée : 45min. Arabe / sous-titré français.
Genre : Documentaire
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Résumé

Un camp de réfugiés, quelques passages de frontières, une maison entourée par un mur... à tour de rôle, les habitants du camp Aïda à Bethléem esquissent des cartes de ce qui les entoure, tout en nous livrant les récits qui animent ces géographies subjectives.

Pas à pas, au fil des dessins, nous découvrons le camp et ses environs, nous suivons les trajets de quelques personnes et leurs tentatives de composer avec l’état de siège sous lequel ils vivent.

Un hommage à ce que l'on pourrait appeler résistance par contournement, à l’heure où la possibilité même de cette résistance semble disparaître.

Mots-clés

Genre
 
Editeur / Distributeur
Till Roeskens
 
Pays
France
 
Année
2008
 
Casting
Till Roeskens - Réalisateur
 
Distinctions

2009 :

FID Marseille : Grand Prix de la compétition française

 
Critiques

A l’écran, rien d’autre qu’un autre écran. D’abord intacte, une feuille blanche se macule petit à petit de traits plus ou moins rectilignes.

Voilà ces traits qui poussent, se poussent, s’entrecroisent, finissent par s’ordonner en dessin, en tracé, les voilà dérouler une topographie, signaler des lieux, bâtir des maisons, indiquer des parcours, décrire par le menu des écheveaux de routes, d’obstacles. Les voilà coucher des biographies planes. Six feuilles viendront ainsi lentement s’animer, au rythme de récits portés par des voix d’enfants, de femmes, d’hommes qu’on ne verra jamais.

Où sont ces voix ? Derrière les feuilles. Certes, mais où encore ? Nulle part : c’est cela justement que ces voix racontent. Ou plutôt, parce que même le nulle part s’entête sur un sol, elles disent qu’elles sont en Palestine, dans le camp de réfugiés d’Aïda, non loin du fameux village qui vit naître le Christ. Elles disent qu’elles sont sans réelle identité, sans protection, sans assurance de lendemain. Exils, deuils, lieu divisé, tout cela fabrique une animation au ralenti, seul témoignage visible d’une expérience dont ceux qui en souffrent restent, comme ils le sont de fait, occultés : des voix et des signes maigrement griffonnés.

On n’aura guère de peine à saisir que si Till Roeskens reprend à sa manière le protocole rendu célèbre par Stanley Brouwn (faire dessiner à des passants son chemin), c’est dans un contexte si différent que c’est notre propre insouciance qui s’en trouve secouée, et nous-mêmes qui devenons les fantômes de notre sécurité.

Nicolas Féodoroff

 
Catégorie
Long-métrage
 
Niveau scolaire
Collège / 4é-3é
 
Récompenses
Festivals Internationaux
Sélection Images en Bibliothèques
 
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