Cinéma

Juizo

Réalisateur : Maria Augusta Ramos
Durée : 1h30min. Portugais / sous-titré anglais.
Genre : Documentaire
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Résumé

Présentant des cas réels, le dernier documentaire de Maria Augusta Ramos suit des petits criminels ayant commis des actes plus ou moins graves, depuis leur incarcération jusqu’à la reconsidération de leurs cas.

Interprétés par des comédiens amateurs pour des raisons légales interdisant de filmer les vrais coupables, ces mineurs, garçons et filles confondus, acceptent leur peine, mais ne semblent en tirer aucune leçon. Leur condition sociale ne leur offrant que de maigres possibilités d’avenir, la prison ne se limite pas pour eux aux murs de l’Institut Padre Severino; elle s’étend sur leur vie entière.

Sans donner de solutions véritables à ce grand problème social, Juízo s’interroge sur les causes de ces crimes et les moyens de les freiner. A la fois victimes et bourreaux, adultes avant l’heure, ces jeunes sont captés avec simplicité et respect par la caméra de Maria Augusta Ramos.

Mots-clés

Genre
 
Editeur / Distributeur
Diler & Associados
 
Pays
France
 
Année
2007
 
Casting
Maria Augusta Ramos - Réalisateur
 
Critiques

Documentaire hybride sur la justice au Brésil, Juizo (Behave) révèle les coulisses d’un système impuissant face à une jeunesse en déshérence. Maria Augusta Ramos, qui s’était déjà attaquée avec maestria aux arcanes de la Loi dans Justice (2004), livre ici un portrait incisif d’individus broyés par une société violente. Le film enregistre une série d’auditions, conduites par une femme juge. On y entend le récit de crimes dont se sont rendus coupables des délinquants filmés de dos. Ce dispositif particulier est né d’une contrainte à partir de laquelle la réalisatrice a élaboré un film coup de poing : « lorsque j’ai décidé de faire Juizo [dit-elle] je me suis retrouvée devant des obligations légales interdisant de dévoiler l’identité des mineurs, je me suis imposé un challenge : comment faire un film sans montrer ces visages ? La solution fut de remplacer les personnages réels par des jeunes vivant dans les mêmes conditions sociales marginales et violentes, et qui pourrait facilement se retrouver face à des problèmes authentiques. » C’est là l’éclatant paradoxe de ce documentaire qui gagne son surcroît de vérité à travers la reconstitution d’expériences vécues. La réalisatrice parvient à mettre en scène la parole sans jamais ennuyer. Au contraire, elle insuffle à son film une humanité, mâtinée par endroits d’un sentiment absurdité. Dans le bureau de la juge défilent de jeunes récidivistes, issus des favelas, totalement ignorant des lois et des conséquences tragiques de leurs actes. Du vol de bicyclette au parricide, l’énoncé des différents crimes stigmatise les insuffisances d’une société chaotique où il s’agit chaque jour d’organiser sa survie. Tributaires des gangs, en proie à une pauvreté crasse, les adolescents vivent d’expédients et sombrent dans le crime en un battement de cils. Peu en réchappent et périssent par balles, sans que la justice n’ait réussi à les protéger. A l’instar des familles démunies que l’on retrouve en visite au parloir, dans les geôles moites où la réalisatrice est courageusement allée implanter sa caméra. Elle y saisit avec délicatesse les étreintes entre mères et fils. Authentiques et touchantes, les figures auxquelles s’attache la documentariste appartiennent à la vie et en toute logique, lui sont rendues. C’est le sens des cartons de fin qui relatent la destinée de ces jeunes dont la caméra a croisé l’existence. La caméra ne prend pas, elle accompagne, bien au-delà du strict cahier des charges et de ce qui est représenté à l’image. En cela, Juizo opère un rapt. Un rapt de cinéma. Sandrine MARQUES

 
Catégorie
Long-métrage
 
Niveau scolaire
Collège / 4é-3é
 
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