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Baguenaude au Musée de l'Homme : de l'ethnographie à l'ethnomédecine

Alain EPELBOIN

46min03

Alain Epelboin (AlEp), médecin anthropologue, vidéaste, chercheur au CNRS, affecté dans un laboratoire du Musée de l'Homme du Museum national d'histoire naturelle est filmé par Jean Marc Taieb, infirmier psychiatrique, vidéaste (cf vidéo in Canal U /SMM).
Dans un premier temps, le spectateur suit AlEp dans sa baguenaude, une visite partielle et partiale du parcours permanent du Musée de l'Homme où il présente et explicite essentiellement ses apports à la muséologie : tunique talismanique de devin-guérisseur, objets magiques et amulettes collectés à la décharge à ordures de Dakar-Pikine depuis les années 1983, dispositifs divinatoires en usage chez les Pygmées aka de République centrafricaine et un "car rapide", un transport en commun sénégalais, objet emblématique de la mondialisation.
Dans un deuxième temps, la caméra retrouve AlEp dans la réserve de la collection de recherche d'ethnobiologie, sise au 3 ème étage du Musée de l'Homme. La causerie se poursuit, illustrée par de nombreuses vidéos et photos enregistrées sur le terrain, de l'ethnographie à domicile à l'ethnomédecine en milieu hospitalier parisien.
1 Baguenaude dans le parcours permanent du Musée de l'Homme

- place de la femme au Musé de l'Homme

- exhibitions de nudité et accusation de pédophilie au Musée
de l'Homme

- des objets insolites : l'esthétique du cerveau du crocodile
du Nil

- le costume et les accessoires d'un guérisseur mandingue de
Guedjaway au Sénégal

- divination aka par une sagaie, une hache et un batonnet de
Tabernanthe iboga

- divination aka par la scrutation de copal ou d'une ampoule
électrique

- bercement d'un bébé, animation d'une danse et divination aka
par le hochet

- muséologie de l'exotique par le proche : l'aiguille
préhistorique en os et la machine à
coudre

- l'ethnocentrisme au travers des figurations des hommes et
des femmes de la préhistoire

- permanence de l'érotisme de la préhistoire à nos jours

- illusionnisme et extraction du mal de la préhistoire à nos
jours

- le car rapide sénégalais, un chef d'oeuvre d'art populaire et
un résumé de l'histoire des rapports entre la France et le Sénégal

- les amulettes de la collection ALEP, récoltées à la décharge
à ordures de Dakar-Pikine

2 Causerie dans la réserve des collections d'ethnobiologie du
Musée de l'Homme

- emprise psychologique et illusionnisme : la bouteille
magique des commerçants hausa

- divination par les cauris au Sénégal oriental

- anthropologie des déchets corporels et mise en scène du
corps de l'ethnologue

- enquête auprès d'un guérisseur malien et mise en scène des
maux de dos de l'ethnologue

- interprétation et traitements des rêves de ténia et d'étrons

- les moments indiqués pour se laver, pour faire des
sacrifices

- interprétation et traitements des tremblements du corps, de
formes élémentaires de l'événement

- initiation aux mondes
non visibles au Sénégal oriental et en Afrique centrale

- ethnomédecine à domicile en région parisienne : les djinns
de Hamidou

- ethnomédecine et usages
des sadakh/aumônes/sacrifices thérapeutiques

- ethnomédecine à l'hôpital Bichat : à propos d'un toxicomane
suicidaire

- ethnomédecine à l'hôpital Bichat : à propos d'une jeune
femme déprimée et suicidaire atteinte du VIH
Réalisateurs : J.M. Taieb & A. Epelboin
Auteurs : A. Epelboin & J.M. Taieb
Caméra-son au MDH : J.M. Taieb
Caméra-son sur le terrain : A. Epelboin
Pour en savoir plus
les docs téléchargeables

2016 Epelboin A. Amulettes et objets magiques du Musée de l’Homme, collectés dans les ordures du Sénégal : collection ALEP (Alain Epelboin) 1983-2016. Catalogue multimédia interactif 124 p.
Collection ALEP : amulettes et objets magiques collectés dans les ordures (Mbebess Joal, Mbour, Sénégal, Afrique, Europe) 1983-2014

PORTRAIT D’ALAIN EPELBOIN, MÉDECIN ANTHROPOLOGUE AU CNRS-MNHN (2002).

2002 Esti & Epelboin A. Portrait d’Alain Epelboin, médecin anthropologue au CNRS-MNHN (2002). 13 mn 45 Prod Esti, Epelboin A., SMM CNRS-MNHN Paris


Vidéos cités dans le film et téléchargeables sur Canal U / SMM







DIVINATION PAR LA SAGAIE IN CHRONIQUE AKA DE RCA 1992

1993 (2004) Epelboin A., Bahuchet S., Vargas R. & Co. réalisateurs, « chasse et divination » in Chronique aka 1987-1992 : vie quotidienne et guérissage chez les Pygmées aka de République centrafricaine. Vidéodisque interactif de 63 minutes réalisé dans le cadre de l'exposition L'homme et la Santé Cité des Sciences et de l'Industrie, La Villette, inaugurée en avril 1993. Coproduction LACITO, CSI, CNRS AV



DIVINATION PAR L’AMPOULE ÉLECTRIQUE IN CHRONIQUE AKA DE RCA 1988

2016 Epelboin Alain Chronique aka, janvier 1988, Bagandou, Akungu : retour à Akungu. 31 mn 47. Prod. SMM CNRS-MNHN Paris



EXTRACTION D’UNE PIERRE MALÉFIQUE IN CHRONIQUE AKA DE RCA 1989

2016 Epelboin A. Chronique aka novembre 1989, Ngopama, Lobaye, RCA : diagnostic et extraction d’une pierre maléfique. 10 mn 14. Prod SMM CNRS-MNHN Paris
LE MASSACRE DES TIRAILLEURS SÉNÉGALAIS À TIAROY EN 1944 IN UN CAR RAPIDE AU MUSÉE DE L’HOMME DE PARIS 2015

2015 Epelboin A. & Touré Ndiabou Sega. Un car rapide au Musée de l’homme de Paris : un chef-d’oeuvre d’art populaire, un art parlant. 42 mn 42. Prod. Alain Epelboin, SMM-CNRS Paris
DIVINATION PAR LES CAURIS PAR YANGO DIALLO AU SÉNÉGAL ORIENTAL 2000

2013 Epelboin A. Yango Diallo et le sida : divination par les cauris. Ibel, Sénégal oriental, 2001. 3 mn 36. Prod. SMM CNRS-MNHN Paris



MIME DE TOILETTE ANALE AU SÉNÉGAL 1986

1989 Epelboin A. Le bâtonnet et l’eau : techniques quotidiennes d’entretien du corps à Dakar-Pikine (Sénégal 1986). 10 mn. Prod APSONAT, LACITO CNRS et CNRS AV



SOINS DES MAUX DE DOS DE L’ETHNOLOGUE À BAMAKO 1995

1995 Epelboin A. Soins des maux de dos de l’ethnologue par un devin-guérisseur bambara à Bamako 1995 : géomancie, divination par les comptes de traits dessinés dans le sable 19 mn 15. Production SMM CNRS-MNHN Paris



ABLUTION AVEC L’EAU DU CANARI DES GÉNIES AU SÉNÉGAL 1998

1998 Epelboin A. & BOCLET D. Du rite au soin : toilette et guérissage à Joal (Sénégal, décembre 1997) 29 mn. Prod. URA 882, LACITO, CNRS AV



DIVINATION PAR CONTRACTURE DU BRAS AU SÉNÉGAL ORIENTAL 1990

1991 Epelboin A. De la pierre au bras (Tikankali, village nyokholonké des collines du Bandemba, Sénégal oriental février 1990.) 22mn, Coprod. LACITO, MNHN, CNRS AV



SORTIE DE MASQUES AGRAIRES CHEZ LES PEULS BANDE DU SÉNÉGAL ORIENTAL 1980

2018 Epelboin A. & Epelboin S. Sortie de masques ganguran agraires Ibel, Sénégal Oriental. 1983. Super 8, 2 mn 27. Prod. SMM CNRS-MNHN Paris



SORTIE DE MASQUE LORS D’UNE SOIRÉE DE DANSE IN CHRONIQUE AKA JANVIER 1988

2016 Epelboin Alain Chronique aka, janvier 1988, Bagandou, Akungu : retour à Akungu. 31 mn 47. Prod. SMM CNRS-MNHN Paris



EXTRACTION DU MAL D'UNE FEMME ENCEINTE IN CHRONIQUE AKA 1989

2017 Epelboin A. Chronique aka, 12 décembre 1989, Motonga, RCA : petit déjeuner et extraction du mal d'une femme enceinte. 4 mn. Prod SMM CNRS-MNHN Paris


SIFFLET BEKA, YODEL ET POLYPHONIE IN CHRONIQUE AKA 2006

2007 A. Epelboin Chronique aka, 13 juin 2006, Békélé, Lobaye, RCA : sifflet beka, yodel et polyphonie par Ginza et Cie. 3 mn 51 Prod. A. Epelboin SMM, CNRS-MNHN Paris

Chronique aka Motonga, 28 novembre1989 chez Monduwa : divinations par le copal

Alain EPELBOIN

19min26

Suivi vidéographique de consultations divinatoires par la scrutation du copal enflammé réalisées par Monduwa pour des Villageois. Entrée : "divination", "copal", "paka", "ndangi" :1981-2014, Thomas J.M.C., Bahuchet S, Epelboin A. & Fürniss S. (éds.) Encyclopédie des Pygmées Aka (RCA, Congo), Paris, Editions Peeters-SELAF, 11 volumes (3130 p). Entrée : "devin-guérisseur", " nganga" 1981-2014, Thomas J.M.C., Bahuchet S, Epelboin A. & Fürniss S. (éds.) Encyclopédie des Pygmées Aka (RCA, Congo), Paris, Editions Peeters-SELAF, 11 volumes (3130 p).

Chronique aka 1989 : hommage au défunt Jean-Marie Elima

Alain EPELBOIN

07min28

Après que Bassin Joseph, un cousin ami de Jean Marie Elima ait raconté les circonstances de sa mort, il initie une danse du jour avec tous les parents pour rendre hommage au défunt Jean-Marie Elima, Pygmée aka de Mongoumba, assistant et ami de l'ethnologue, est un un des premiers Aka à avoir été scolarisé du temps de l'Empereur Bokassa. Il est marié à deux femmes, l'une originaire de Mongoumba, l'autre de Bagandou, et père de deux enfants. En avril 1989, lors d'une campagne de pêche très fructueuse dans un campement proche de Bétou, il est l'objet du harcèlement sexuel d'une femme villageoise, désireuse d'obtenir du poisson en échange. Au delà de l'adultère, le racisme dont les Aka sont l'objet de la part des populations environnantes interdit toute relation sexuelle entre un homme pygmée et une femme villageoise consentante : à l'inverse, les rapports sexuels imposés ou consentis d'un homme villageois avec une femme aka ne sont pas rares. Après un procès au niveau du tribunal villageois coutumier,Jean-Marie Elima est acquitté. Mais étant l'objet de menaces verbales et mystiques de la part des parents de la feme adultère et aussi des excités racistes locaux, il est obligé de quitter Mongoumba pour s'installer au Congo. Une nuit, durant son sommeil, il reçoit un épi de maÏs sur le visage et meurt quelques semaines plus tard au Congo dans un tableau clinique peu précis, mais évoquant une fièvre typhoïde ou virale. CHRONIQUE AKA, NOVEMBRE 1989, MONGOUMBA, AKUNGU, RCA : ENQUÊTE SUR LA MORT DE JEAN-MARIE ELIMA À LA SUITE D'UN RAPPORT SEXUEL AVEC UNE FEMME VILLAGEOISE

Chronique aka 1989 : novembre 1989, chez Yakpata à Badangou : danse d’amusement surveillée par les patrons villageois

Alain EPELBOIN

22min46

A l'occasion du retour des résidents d'Akungu à leur campement proche de leurs patrons à proximité de Bagandou, Ginza, Yakpata et les peronnes présentes organisent une danse d'amusement. Attirés par l'animation, divers Villageois, membres de familles "propriétaires" des Aka viennent se rendre compte de ce qui se passe et surveiller le bon déroulement de la fête.

Chronique pygmée aka 1987 : toilette d'un garçon non sevré, janvier 1987, Kpéténié

Alain EPELBOIN

02min37

Toilette d'un petit garçon pa encore sevré CHRONIQUE AKA 1988, KPÉTÉNYÉ : LES DENTS SCULPTÉES CHRONIQUE AKA 2006 : BÉKÉLÉ, TOILETTE D'UN ENFANT À LA RIVIÈRE PAR SA MÈRE 8 MN 5 TOILETTE D'UN PETIT GARÇON À LA RIVIÈRE IN CHRONIQUE AKA 1988, AKUNGU : FEMMES PAYS 9 MN 32 TOILETTE ET EXTRACTION DE PUCES-CHIQUE IN CHRONIQUE AKA 1987-1992 : VIE QUOTIDIENNE, MALHEUR ET GUÉRISSAGE

Chronique aka 1987 : Akungu (Lobaye, RCA) : Comment réactiver une pile de montre usagée

Alain EPELBOIN

00min37

Jean-Marie Elima et son cousin Bassin Joseph, assis à son côté, a été un des premiers Aka à être scolarisé à l'école d'intégration des Pygmées crée à Ngopama sous le règen de Jean Bedel Bokassa. On le voit ici démontant une montre pour en extraire la pile afin de la chauffer au soleil et ainsi de la réactiver. Ceci suffit à susciter l'étonnement de nombreux Centrafricains, pour qui un "Pygmée", objet d'un racisme profond, au mieux de paternalisme,  ne peut être capable de tels apprentissages. 1981-2014, Thomas J.M.C., Bahuchet S, Epelboin A. (depuis 1993) & Fürniss S. (depuis 2003) (éds.) (Arom, Bahuchet, Cloarec-Heiss, Epelboin, Fürniss, Guillaume, Motte, Sénéchal & Thomas), 1981-2014, Encyclopédie des Pygmées Aka : techniques, langage et société des chasseurs-cueilleurs de la forêt centrafricaine (Sud-Centrafrique et Nord-Congo), Paris, Editions Peeters-SELAF, 11 volumes (3130 p). Entrée : "étranger", "Grand Noir", "patron", "chef", "Villageois" "ilo" Entrée : "fer" "marchandise" "argent" "tolu" 

Chronique aka, novembre 1989, Mongoumba, Akungu, RCA : enquête sur la mort de Jean-Marie Elima à la suite d'un rapport sexuel avec une femme villageoise

Alain EPELBOIN

29min54

Jean-Marie Elima, Pygmée aka de Mongoumba, assistant et ami de l'ethnologue, est un un des premiers Aka à avoir été scolarisé du temps de l'Empereur Bokassa. Il est marié à deux femmes, l'une originaire de Mongoumba, l'autre de Bagandou, et père de deux enfants. En avril 1989, lors d'une campagne de pêche très fructueuse dans un campement proche de Bétou, il est l'objet du harcèlement sexuel d'une femme villageoise, désireuse d'obtenir du poisson en échange. Au delà de l'adultère, le racisme dont les Aka sont l'objet de la part des populations environnantes interdit toute relation sexuelle entre un homme pygmée et une femme villageoise consentante : à l'inverse, les rapports sexuels imposés ou consentis d'un homme villageois avec une femme aka ne sont pas rares. Après un procès au niveau du tribunal villageois coutumier,Jean-Marie Elima est acquitté. Mais étant l'objet de menaces verbales et mystiques de la part des parents de la feme adultère et aussi des excités racistes locaux, il est obligé de quitter Mongoumba pour s'installer au Congo. Une nuit, durant son sommeil, il reçoit un épi de maÏs sur le visage et meurt quelques semaines plus tard au Congo dans un tableau clinique peu précis, mais évoquant une fièvre typhoïde ou virale. Le film, comme une enquête ethnocriminologique, reconstitue les évènements qui ont précédé sa mort grâce aux témoignages en français de son cousin Bassin Joseph, de son homonyme Jean-Marie Ngoumba, fils du patron monzombo de son père, de Gabriel Lozocko Matanda Lévy, patron ngbaka de sa mère. Des divinations sont sollicitées auprès de deux nganga, devin-guérisseur aka, Monduwa, corésident de Jean-Marie, et de Yakpata, assisté de son frère Léma et de son fils Ginza, résidents à Akungu, à 23 km au sud de la SCAD, dans l'aire de Bagandou. Comme toute mort survenant en Afrique centrale, sa causalité mystique est recherchée. Dans un premier temps, la responsabilité de sa deuxième épouse est mise en cause, puis abandonnée. Au final, un consensus est trouvé, mettant en cause la famille humiliée de la femme villageoise adultère et celle d'un Pygmée du Congo qui accusait Jean-Marie d'avoir fait des avances à sa femme. Lors d'une première divination à l'aide d'une technique d'illusionisme, réalisée au Congo sur la tombe de Jean-Marie peu de temps après sa mort par un nganga aka, rapportée par son cousin Bassin Joseph, l'esprit du défunt transmet aux siens un message caractéristique de la philosophie aka : Prenez soin de mes enfants et n'oubliez pas de partager (même) les petites choses ! ACTEURS : Bassin Joseph, cousin de Jean-Marie ; l'esprit du défunt ; Jean-Marie Ngoumba, patron monzombo du père de Jean-Marie ; Gabriel Lozocko, patron ngbaka de la mère de Jean-Marie ; Monduwa, nganga aka, corésident de Jean-Marie ; Bobino Topesua, voisin mbati de Jean-Marie et traducteur ; Yakpata, nganga aka, son frère Léma et son fils Ginza, résidents à Akungu et Alain Epelboin, médecin ethnologue CNRS, ami de Jean-Marie. CAMÉRA : Alain Epelboin & Laurent Venot AUTEUR MONTAGE REALISATION : Alain Epelboin CHRONIQUE AKA 1989 : HOMMAGE AU DÉFUNT JEAN-MARIE ELIMA

Chronique aka 1992, Motonga, 4 décembre 1992 : Le devin guérisseur pygmée et les djinns de Hamidou

Alain EPELBOIN

15min24

Alain Epelboin, le médecin ethnologue avec l'aide De Bobino Topessua Mbato Patrice, son assistant-traducteur, présente le cas de Hamidou à Monduwa, célèbre nganga, devin-guérisseur Aka sous forme d'une vidéo de 27 mn intitulée Les djinns de Hamidou en région parisienne (1991-1992), 27 mn, Prod SMM CNRS-MNHN (diffusion limitée). Durant ce film, on suit les crise de possession d'un préadolescent, fils aîné d'une famille de migrants sénégalais, soninkés en région parisienne, jusqu'à guérison et acquisition de dons de voyance du fait de la familiarité acquise avec l'univers des djinns. Monduwa, parfaitement ethnocentrique, commence par évoquer une consommation de singe interdite durant la grossesse de la mère, puis apprenant qu'elle est musulmane et de plus sans possibilité de consommer une telle viande, évoque la vision d'un singe durant la grossesse. La divination est réalisée à l'aide d'une technique de scrutation du copal. 0 Réveil au petit matin de la maisonnée de Monduwa 25 Fabrication d'une corde remède 156 Entretien avec son secrétaire, Bobino et consultation du registre des consultations 198 Préparation de remèdes, écorces, feuilles et remise aux clients 399 Présentation du cas de Hamidou à Monduwa 461 Images de possession de Hamidou 484 Début de la divination par scrutation silencieuse du copal dans de l'eau 594 Prise de parole oraculaire de Monduwa et traduction par Bobino1981-2014, Thomas J.M.C., Bahuchet S, Epelboin A. (depuis 1993) & Fürniss S. (depuis 2003) (éds.) (Arom, Bahuchet, Cloarec-Heiss, Epelboin, Fürniss, Guillaume, Motte, Sénéchal & Thomas), 1981-2014, Encyclopédie des Pygmées Aka : techniques, langage et société des chasseurs-cueilleurs de la forêt centrafricaine (Sud-Centrafrique et Nord-Congo), Paris, Editions Peeters-SELAF, 11 volumes (3130 p). Entrée : "devin-guérisseur" "nganga"  Entrée : "copal" "divination" "paka" "ndangi""  Entrée : "singe" "interdit" "kila""  1996 Epelboin A. Possession par des djinns en région parisienne pp 393-424 in J. BENOIST Soigner au pluriel. Essais sur le pluralisme médical. Editions Karthala, 520 p." style="color: rgb(83, 175, 162); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 12px;">1996 Epelboin A. Possession par des djinns en région parisienne pp 393-424 in J. BENOIST Soigner au pluriel. Essais sur le pluralisme médical. Editions Karthala, 520 p. 2012 Epelboin A., Bahuchet S. & Durand J. L. 2012. « Le bon goût de la viande de primate : des interdits des Pygmées aka aux injonctions écologiques », in Michèle Cros, Julien Bondaz et Maxime Michaud (dir.), L'animal cannibalisé. Festins d'Afrique, Paris

Chronique aka 1987 : Akungu Wawa, enceinte, plante du manioc

Alain EPELBOIN

01min35

Caméra François Gaulier Dans l'intimité de sa plantation, sise à la périphérie du campement Akungu, Wawa, en tenue traditionnelle, enceinte, plante des boutures de manioc. 1981-2014, Thomas J.M.C., Bahuchet S, Epelboin A. (depuis 1993) & Fürniss S. (depuis 2003) (éds.) (Arom, Bahuchet, Cloarec-Heiss, Epelboin, Fürniss, Guillaume, Motte, Sénéchal & Thomas), 1981-2014, Encyclopédie des Pygmées Aka : techniques, langage et société des chasseurs-cueilleurs de la forêt centrafricaine (Sud-Centrafrique et Nord-Congo), Paris, Editions Peeters-SELAF, 11 volumes (3130 p). Entrées : "planter", "champs", "manioc" "sal" "mboka" "buma" "gbelema" Entrées : "nudité" "vêtement" "pOtOkO" "kabo" "mbelo" "ngbando" "ngOndO" "topo" "kalisO"

Chronique aka, Akungu décembre 1995 : Mort et naissance de Masiki

Alain EPELBOIN

1h01min51

Chronique pygmée Akungu, Centrafrique, décembre 1995 : mort et naissance de Masiki   Dans le campement d'Akungu en République centrafricaine où vivent Ginza, sa famille et les parents associés, la communauté est sous le choc de la mort récente de deux fillettes, provoquée par la consommation d'une igname toxique. Les journées sont marquées par différents événements, en particulier de thérapie familiale. Mambi raconte l'avortement qu'elle vient de vivre. Sa grossesse n'était pas désirée et menaçait sa vie et celle de son dernier-né. Elle met en cause son mari, Ginza qui ne veut pas utiliser de préservatifs. Koti, la co-épouse stérile de Ginza, souffre d'un mal de dos Il la soigne à l'aide de scarifications, ainsi que sa mère, Masiki, qui a mal au genou. Bonéné, dont l'accouchement est imminent, pleure encore souvent la mort de sa petiteMasiki. Les autres femmes se lamentent avec elle. Elle est également soignée par scarifications pour remédier aux maux et angoisses de son état. Un rituel de réconciliation réunit les habitants du campement qui en crachant sur des feuilles conjurent la malchance à la chasse. Mambi retire les puces-chiques des pieds de sa fille, Pauline; Noël, son fils est soigné pour des maux divers attribués à des ruptures d'interdits alimentaires. Par une nuit fraîche, Bonéné accouche d'une petite fille qui est nommée Masiki, du nom de sa sœur décédée et de celui de sa grand-mère.  Chapitres : 01 Avortement de Mambi : comment elle faillit en mourir 5 mn 53 Récit de l’avortement provoqué de Mambi : 8 h 30 Mambi : - Il faut que Ginza se marie ! Alain lâche le crayon pour braquer la caméra et son long micro directionnel.  Mambi : - Il faut que Ginza se marie ! Koti, avec une expression de dépit : - Ginza ne va pas se marier ? ! Koti stérile, amoureuse et jalouse de son mari ne goûte guère la proposition, et ne la traite pas en plaisanterie. Mambi : - Ginza se marie, une (nouvelle) femme. Il va compléter avec Koti, ça fait trois femmes. (#) Moi, je ne tarde pas à être enceinte ! Ginza tout doucement : - Moi, je ne me marie pas. Mambi s’adressant à la caméra : - Après toi, Alain, quand tu es parti, moi et Ginza, on s’est volé (fait l’amour) deux fois. (#) Moi, j’ai attrapé la grossesse. La surprise a été d’autant plus forte que la période de l’allaitement est pensée peu féconde et que bien que l’on connaisse des cas où un seul rapport sexuel a été fécondant, on croit à la nécessité de rapports multiples pour entretenir la grossesse. Ma tête est devenue folle. Les gens parlaient (médisaient) beaucoup, beaucoup. La reprise prématurée des rapports sexuels avant la fin du sevrage est l’objet d’opprobre : elle est la preuve d’un appétit sexuel féminin illégitime. Moi, j’avais maigri, je ne voyais pas le haut. Je ne pouvais pas manger. Très certainement des vertiges liés à une anémie débutante chez une jeune mère épuisée par sept grossesses et allaitements menés à terme, "déprimée et angoissée" de surcroît… Moi, j’ai dit à Ginza : - Ah ! Alain avait dit. Il avait donné des choses là, des choses que l’on met devant les hommes, c’est quoi… Alain avait donné des capotes. Si tu as envie de moi, tu portes ça et l’eau de ton sexe reste là. Et tu prends l’eau, tu jettes dans la forêt. Moi, j’ai dit regarde : - Quand tu m’as baisée sans capote, regarde, c’est moi qui souffre. Alain t’avait dit ! Regarde maintenant ! Depuis les années 1987, Alain ne cesse de tenter de sensibiliser en vain ses réseaux de connaissance à l’usage de préservatifs tant à des fins de préservation des maladies sexuellement transmissibles, qu’à des fins de contrôle des naissances. Lors du séjour précédent, il n’avait donc pas été difficile de prédire à Mambi, que sans préservatif, compte tenu de ses antécédents de grande fécondité, la reprise des rapports sexuels aboutirait à une grossesse non désirée, compromettant sa vie et celle de son dernier né. Les Blancs sont comme les mamiwata, les sirènes (les génies des eaux). Regarde maintenant. Longtemps, longtemps, longtemps, longtemps, les gens étaient en train de dire (médire) beaucoup : le ventre commençait à gonfler. Regarde mon ventre, regarde mon ventre. ! À ce moment, Noël (âgé d’une douzaine de mois) n’avait pas commencé de ramper. J’allais mourir. J’ai écouté comme ça. J’ai dit à Ginza : - Ta personne (toi) ! (Si) tu veux que la grossesse reste, moi je vais manger quelque chose et je vais mourir. Je prends quelque chose de dur (amer, toxique), je mange, je vais mourir et tu vas ramasser (mon cadavre). Ginza écoutait comme ça et il commençait d’aller de gauche à droite. Il est parti aux gens. Il est allé voir la mère de Bokayo (la mère de l’épouse d’Isanya, le cadet de Ginza) qui était au campement derrière. Mambi imite la voix de Ginza éploré, quêtant sans succès un abortif sans danger. (Ginza) : - Regarde-moi la femme, cherche lui les médicaments. Regardez, regardez-moi la femme. Regardez peut-être pris dans le sens "prendre en considération" ou demander une divination à un devin-regardeur. Quand il parlait, il allait pleurer. (Ginza) : - Donne lui les médicaments, elle boit. Tout le monde refusait. (Les gens) : - On ne veut pas être des témoins, parce que l’enfant reste (il y a un enfant au sein). La maman boit le médicament : ça va rentrer au sein de sa mère et l’enfant va téter. L’enfant risquerait de mourir. Selon les théories autochtones, les principes actifs contenus dans l’alimentation de la mère passent dans son lait. Les pourvoyeurs de la drogue abortive risquent donc d’être accusés de la mort de l’enfant au sein. Au même titre que les responsables de la mort d’un individu, par arme, par poison, ou par sorcellerie, ils peuvent être condamnés par un tribunal coutumier villageois à verser des indemnités aux "parents" aka et villageois du défunt. J’ai fait deux mois de grossesse, regarde mon ventre. Deux mois à partir de l’arrêt des règles ou plus ? Très difficile de le préciser. Il semble que la grossesse ait été très avancée au moment de l’avortement (4-5 mois) Je cherchais les moyens (d’avorter), en vain ! Dans ces sociétés, on attribue volontiers à des sorciers ou à des esprits le pouvoir de provoquer un avortement provoqué. C’est une pratique exceptionnelle chez les humains et rares sont les connaisseurs de drogues abortives non mortelles. Afficher la connaissance de tels types de savoir revient à prendre le risque de se voir affubler d’un statut de sorcier par la rumeur publique et les ennemis. Je ne mangeais pas. J’avais le cœur noir (des idées sombres), j’avais pas d’appétit. J’ai rêvé : - Alain, m’a envoyé… Les Blancs sont des diables c’est vrai ! Elle décrit le soutien qu’Alain lui a adressé à distance, dans le surmonde où devins-guérisseurs, esprits et sorciers se côtoient : un rêve qui regroupe différents fragments de causeries antérieures. ...Alain torchait (éclairait avec une torche électrique) dans mon ventre, longtemps, longtemps, longtemps, il me dit : - J’ai vu un enfant dans ton ventre là, tu as demandé à Masoy ? Effectivement, Alain frappé par l’intelligence et le bon sens de la veuve de Léma (le frère défunt de Yakpata = l’oncle paternel de Ginza), par ailleurs bonne herboriste, n’avait pas manqué de souligner ses qualités peu remarquées du fait de sa discrétion. Il avait donc insisté sur le fait que, en cas de problème, elle serait sûrement de bon conseil. (Mambi) - Avec quoi (avec quelle rémunération) ? (Alain) - Dis à Masoy de te donner (gratuitement) les médicaments, tu vas boire et tu vas faire l’avortement, et tu vas rester sans problème. Si tu doutes avec moi Alain, et que l’enfant reste, tu vas voir avec tes propres yeux. Tu vas mourir, tout entière, tu vas mourir. J’ai écouté comme ça, je suis devenue folle. En rêve, Alain, sous couvert de Masoy, légitime l’avortement. Mais il semble que Masoy n’était pas présente au campement et que Mambi ne pouvait pas solliciter son concours. J’ai pris mon grand couteau (machette), je suis allée jusqu’à Bokoma (campement où résident des parents et alliés). J’ai dit : - Mes amis ! Aidez-moi ! Elle a pris son unique machette pour pouvoir payer le remède abortif. Son désir était tellement puissant, qu’elle était prête à sacrifier son principal outil de travail personnel ! Émue, Mambi saute la suite de récit pour en venir à ce qui s’est passé après l’avortement. À peine (peu après), Noël allait mourir dans mes bras. Merci à l’hôpital ! Elle reprend le récit chronologique. ... Les gens (de Bokoma) ont refusé là-bas : - Nous, on ne veut pas de témoin (être témoins et/ou complices). J’ai écouté comme ça. Mon anus était devenu comme le genou, comme ça ! Comme à tous les instants dramatiques du récit, Mambi éclate de rire, casse l’émotion par une plaisanterie dirigée contre elle-même, ici ses propres poussées hémorroïdaires. Sa fille Koti, agenouillée à ses côtés et qui écoute attentivement depuis le début, tressaille et sourit étrangement. Je suis allée de gauche à droite, mais je ne suis pas arrivée à Kenga. Tous mes rêves étaient sur les diables, (impliquaient) les diables, les diables !!! Les esprits de la forêt ne cessaient de la visiter. L’une de mes camarades (identité non donnée et non demandée) qui m’aime beaucoup : - Regarde l’arbre là (#), regarde l’autre là : deux arbres. Quand tu enlèves l’écorce, tu manges ça cru. Moi, j’ai enlevé (taillé des morceaux d’écorce), j’ai mangé… J’ai avalé, j’ai avalé, c’était amer ! On était de retour de Bokoma. Arrivée au campement, j’ai bouilli encore le reste, longtemps, longtemps, longtemps. Je buvais ça avec feu (brûlant), avec feu, avec feu, chaud, chaud, chaud. Je suis allée derrière la maison, j’ai vu le sang qui commençait à sortir. - Koti ! Viens voir ! Koti me dit : - Ah ! Il ne faut plus boire le médicament ! J’ai dit : - Allez ! Vas t’en ! Passe là-bas ! Vas t’en là-bas ! Longtemps, longtemps, longtemps, longtemps, je buvais, je buvais, je buvais, je buvais souvent, souvent, souvent ! Comme toujours, dans ce type de récit, les événements semblent se succéder sans interruption, permettant l’établissement de liens de cause à effet directs, alors qu’il a pu s’écouler un laps de temps très long entre la première prise de "toxique", cru puis cuit, le premier saignement et l’avortement proprement dit. Les propos ne permettent pas d’affirmer ou d’infirmer les propriétés pharmacologiques et toxiques des substances absorbées. Koti et Ginza étaient partis au village. Difficile de savoir a posteriori si Ginza est parti au village, pour répondre à un appel impératif de ses patrons villageois, ou pour fuir (consciemment et/ou inconsciemment) ses responsabilités vis-à-vis des actions abortives de Mambi. Koti et Bokayo (la belle-sœur, épouse du cadet de Ginza) m’ont dit de ne plus boire le médicament. - Il faut laisser ça, ça reste (laisser le restant). Quand (si) tu fais l’avortement, ça va être dur ! J’ai dit : - Allez ! Allez là-bas ! Dans la phase la plus éprouvante, Mambi se retrouve isolée. Moi, j’étais là, je continuais à boire avec feu (brûlant) Je suis allée cueillir les feuilles de k`Ok`O (disponibles à proximité du campement), le sang commençait à sortir ! Je suis venue de là-bas, je suis venue dormir ici. Le sang dit fffui. Je me suis promenée, la nuit, la nuit, la nuit, toute la nuit. J’ai dit : - oh ! C’est moi-même qui avais cherché la mort ! Quand il voulait faire jour (au petit matin), je suis allée dans la forêt. J’ai voulu pisser : L’enfant est sorti ! J’ai dit : - C’est vrai ! C’est l’enfant ! C’est un garçon. J’ai dit : - Oh ! Merci à Jésus, j’allais mourir pour rien. Ici là, la maison de l’enfant (placenta et annexes) là ! Longtemps, longtemps. La maison de l’enfant n’est pas sortie vite. J’ai lutté longtemps, longtemps, longtemps, longtemps. Apparemment, la grossesse était déjà bien avancée, puisque la délivrance a été longue et pénible, certainement accompagnée et surtout suivie de saignements importants qui ont aggravé son anémie. À ce moment, Ginza était au village à Bagandou. Je faisais commission à Ginza en vain. J’envoyais la bouche (des commissions orales) à Ginza en vain, Ginza ne venait pas ! Moi, j’étais en train de souffrir seule. Dans ces sociétés, il est quasi normal que des absences durent plus longtemps que prévu : il y a d’excellentes raisons à prolonger un séjour au "village" : corvée imposée, cérémonie de funérailles, disponibilité de nutriments appréciés (tabac, vin et huile de palme, alcool, chanvre, etc.). Je suis allée prendre bain (à la source, à 200-300mètres) : j’ai senti la fraîcheur de l’eau. La mort a dit oui ! Je vais mourir dans l’eau. Tout le monde était parti dans la forêt. J’appelais les enfants : - Mongay (son fils âgé d’une dizaine d’années) eh ! Venez chercher Noël, je meurs. J’ai dormi (perdu connaissance ?) longtemps, longtemps, longtemps ! Je me suis réveillée, j’ai regardé, j’ai vu les feuilles de kàm&a (Drypetes capillipes Euphorbiacée) J’ai pris les feuilles de kàm&a, j’ai frotté ça, j’ai flairé l’odeur. J’ai frotté les yeux. Les arbres tournaient dans mes yeux (vertiges). J’ai dit : - Je ne peux pas mourir comme un animal ! Il faut que je vais dormir dans la maison. Je me suis levée pour venir. J’ai dormi, dormi. Le sang commençait de couler depuis la chambre, jusqu’à…, dans la chambre, même la chambre de Koti. Mombaka (le fils du premier mariage de Ginza) est rentré : - Il a dit : - Eh ! Vous avez égorgé une vache ici ? ! Le sang ne me faisait pas mal (hémorragie indolore). Mambi à un de ses enfants qui l’interrompt : - t&un&a (mouche filaire hématophage = insulte) !!! Va là-bas, je travaille ! Le sang s’est arrêté, je me suis levée. Apparemment, elle était sauve : mais les esprits de la forêt n’étaient-ils pas offensés et n’allaient-ils pas compromettre la réussite à la chasse des hommes pourvoyeurs de viande. Mombaka avait tué un sòm&e (Céphalophe à fesses noires) avec la cartouche de Ginza, avec le fusil (prêté par un de ses patrons villageois). J’ai dit : - Il faut que j'envoie un gigot à Ginza au village. Je suis allée dormir là-bas, je suis revenue. Mambi porte (ou fait porter à son mari ?) la preuve du fait qu’elle est vivante, que l’écoulement de sang provoqué n’a pas fâché les esprits de la forêt, puisque Mombaka, témoin de l’hémorragie a réussi à tuer un animal avec l’unique cartouche de son père. Lorsque quelqu’un est accusé d’avoir une responsabilité matérielle ou magique dans un décès, la réussite à la chasse est le meilleur moyen de prouver son innocence. Le fait que cet animal ait été tué non seulement à l’aide d’une cartouche appartenant à Ginza, mais aussi tirée à l’aide d’un fusil villageois est une preuve valide aux yeux de la justice villageoise. On peut penser que l’absence de Ginza au plus fort des événements était aussi un moyen de dégager sa responsabilité aux yeux de ses patrons villageois, prompts à fustiger les "inconduites" de leurs Pygmées et à les punir sous la forme de corvées dans leurs champs. Dans des occasions conventionnelles (décès, mariage, naissance), les patrons villageois ne manquent pas de rappeler leur parenté classificatoire afin d’exiger leur part. En 1991, lorsque Mombaka s’est marié, les autorités de la mairie de Bagandou l’ont condamné à des travaux forcés pour désobéissance caractérisée, parce qu’il avait refusé d’exécuter les prestations matrimoniales exigées par les propriétaires de la famille de sa femme. Mambi, décrit les suites de l’avortement : - J’ai dit : - Comme je suis venue là, en fatigue là, il faut que j’aille aussi dans la matinée aux pesées chez la Sœur (consultation de santé maternelle et infantile). Je suis allée aux pesées là-bas, quand je suis venue, je sentais mal au pied. Mine de rien, les itinéraires décrits par Mambi correspondent à chaque fois à des distances de 15 à 35 kilomètres, c’est-à-dire, une demi à une journée de marche, avec hotte, marmite et récipients, outils, nourriture de bouche, et Noël à porter ! Ma cuisse, c’était comme si les sorciers ont tiré, ont tiré (projeté un dard magique dans) la jambe, ont enlevé la chair (dévoré). Je faisais les merdes derrière la maison de Ginza, là où il a planté les ananas. Je ne pouvais pas aller loin dans la forêt, parce que j’avais mal au pied. Longtemps !!! Elle semble décrire une lombo-sciatique carabinée, puisqu’elle ne réussissait pas à gagner l’aire de défécation habituelle, la galerie forestière du cours d’eau Akungu, à quelques centaines de mètres : seuls les petits enfants et les malades graves empruntent une aire de défécation aussi proximale. Derrière ça là, je n’avais plus de sang, le sang était déjà sec. Moi, j’ai coupé, j’ai coupé le doigt avec la hache, il n’y avait plus de sang qui sortait, il n’y avait que de l’eau qui coulait. J’ai dit : - Ah ! Si je reste ici avec Ginza, je vais mourir à Akungu. Il faut que je vais là où je veux J’ai pris (attrapé) un poulet le soir. Le premier chant de coq, je suis en route. Rappelons que les Aka ne consomment pas les poulets qu’ils élèvent, les réservant au troc ou à la vente avec les Villageois. Je suis allée chez la sœur (Lucienne). Lucienne a payé le poulet. Elle m’a donné (acheté) 500 F. Les sœurs missionnaires catholiques reprochent aux Villageois d’exploiter les Pygmées en leur volant ou leur achetant à vil prix les produits de la forêt ou leur volaille. Aussi ont-elles mis en place un magasin réservé aux Pygmées où ils peuvent vendre et acheter à prix constant. J’ai pris 500 F, je suis allé donner ça à Major (l’infirmier du dispensaire catholique). Le major a dit quand il m’a vu : - Ah ! Tu ne peux plus retourner, ton sang est déjà sec. Le major m’a hospitalisé deux semaines. Là, je ne recevais que des piqûres, des piqûres : tous les bras étaient envahis de piqûres. Elle mime des poses de perfusion et des meurtrissures des plis des deux coudes Major m’a dit : - Il faut refuser ! Il faut refuser ! Il faut que tu fuies ton mari et il faut que ton mari aussi te respecte. Il te fuit. Si tu continues toujours de faire l’amour avec ton mari, prochainement ! On va t’opérer (ligature des trompes). Vœu pieux, puisqu’irréalisable à la maternité catholique. Et je dis ça : - Il faut que Ginza marie une femme ! Jamais (= absolument) ! Il faut qu’on devienne trois. Parce que si je dors, mon bassin me fait kpekpe, kpekpe ! L’os de mon dos ça bouge, ça fait kpekpe, kpekpe, parce que c’est fatigué. Je ne peux plus bouger. La causerie, c’est ça. La douleur, ça va directement au niveau du bassin. C’est fini. La causerie est finie. Ce que je te dis, c’est pour la dernière fois. Si je n’avais pas (fait l’avortement)…, tu devrais venir trouver, moi et Noël, on devrait depuis mourir (être morts). Avec les amis (Monduwa, Bobino, Mokoso, Mado), tu devrais venir, arrivé ici, moi j’étais déjà décédé. Les Villageois étaient là à dire : - Oh ! Toi et Ginza ! Ginza laisse d’abord la femme ! Laisse d’abord la femme. Laisse d’abord ta femme ! Il s’agit là d’un jeu de rôle moralisateur et conformiste dans lequel se complaisent et excellent nombre de patrons villageois. Ils s’efforcent ainsi d’affermir leur emprise sur les Pygmées, de montrer leur supériorité de civilisés éloignés de l’animalité pygmée incapable de contrôler ses pulsions sexuelles. Moi, je leur ai dit : - Eh ! Ce n’est pas de ma faute, ce sont d’abord les œufs. C’est Dieu qui m’a donné ça ! Mambi relie sa fécondité aux œufs nombreux que contient son ventre. Il s’agit d’une représentation où les discours prodigués par le major et les autres thérapeutes d’inspiration biomédicale ont laissé des traces. Je suis ici là : si l’enfant essaye de ramper un peu là (12-14 mois ?), si l’homme veut me voler (faire l’amour), directement, ça passe avec (devient) la grossesse. Moi, je veux que Ginza marie une femme. Pour les autres, c’est pas comme ça : pour moi, là, quand je triche, une fois là, deux fois là, c’est fini, je passe avec la grossesse. Je n’ai pas dit que moi et Ginza, on va se séparer. Non ! Mais il faut qu’il marie une femme, il me laisse un peu le temps que mon bassin (ngbònd&&o) soit dur (consolidé), avant de me grossir. S’il veut me monter sur le lit, donc, il veut seulement ma mort, il ne veut pas ma vie. La dernière causerie, c’est ça. En proposant une troisième épouse à son mari, c’est-à-dire en se comportant en femme stérile qui accepte une coépouse, Mambi ne renvoie pas son mari à sa pulsion sexuelle masculine, mais à un questionnement sur son incontournable pulsion génésique. Il faut se souvenir de l’existence de Koti et donc de la possibilité de satisfaire le seul désir sexuel. Héritier de son père et déjà dirigeant de fait de la majorité des habitants d’Akungu, Ginza a tout intérêt à augmenter sa progéniture propre. L’idéologie pygmée pousse les hommes les plus valeureux, heureux à la chasse et donc en amour, à prendre en charge deux épouses. Plus, c’est exceptionnel, alors que c’est fréquent chez les "notables" villageois. Alain tournant la caméra vers Ginza : - Tu es d’accord ? Ginza : - Je n’ai rien à dire ! Qu’est-ce que je vais dire ? Je n’ai rien à dire ! Oui ! C’est tout ce qu’elle a dit. D’autres femmes, là ! Même les enfants qui n’ont pas encore rampé là. Elles se volent aussi le corps. Ils peuvent bien se voler… Même doléance que son épouse : l’excès de fécondité est féminin. Et moi j’écoute seulement ce qu’elle a dit. J’ai écouté ce qu’elle a dit et moi je vais chercher une femme à épouser. Ce qu’elle a dit, ça m’intéresse. Plaisanterie ? Propos sérieux ? Menace implicite de divorce ? Elle a tout dit, je n’ai rien à dire. Quoiqu'il réponde, il y a risque de dispute : il s’en sort en rigolant, sans conviction, tripotant son pantalon, afin d’en arracher les graines qui s’y sont accrochées. Alain, toujours de derrière la caméra : - Et toi Koti ? Koti : - Moi, je n’ai pas de quoi à dire : tout, c’est ce que Mambi a dit. Elle évite de se prononcer sur la solution proposée par Mambi et se fait le chantre du respect de l’interdit de reprise des rapports sexuels avant le sevrage. Sept enfants en une petite quinzaine d’années : les intervalles intergénésiques n’ont pas été respectés. Chaque grossesse l’a renvoyée à sa propre stérilité, mais lui a aussi fait craindre le pire pour ces enfants, auxquels elle est très attachée. Pour moi, ce qui me touche, c’est de donner des naissances continuellement. Si elle donne naissance, il faut que l’enfant grandît. Mais les enfants restent comme ça (geste de la main à hauteur d’un très petit enfant), Mambi est grosse. L’enfant reste comme ça, Mambi est enceinte. Chaque jour, chaque fois, chaque fois, chaque fois, les enfants restent petits, petits comme ça ! Est-ce que c’est bien ? Je l’ai laissée ici, je suis allé à Iseki. Apparemment les deux rapports sexuels ont eu lieu en son absence de la maison. Il faut que l’enfant grandisse au moins (geste de la main), Ginza grossit (féconde) Mambi ! Mais les enfants restent de cette taille là, Ginza grossit Mambi ! C’est pas bien. C’est ça qui me touche beaucoup ! Elle termine son propos sur une mise en accusation de son mari et donc de la masculinité. Ginza : - À part ça, je n’ai rien à dire. Toi-même, tu as aussi ton cœur ! Si je veux, cette année-ci, je vais marier une femme (mo) aka de Mbaïki. Elle me prépare une grande boule (de manioc), je vais manger ! Ginza casse l’émotion par une plaisanterie mettant en scène un mariage impossible puisque les dîtes femmes de Mbaïki sont accusées de cynophagie. La causerie est finie. 02 Danse du sida 1 mn 27 Improvisation d'une chanson et d'une danse sur le sida, à la suite d'une campagne de sensibilisation. " - Le sida, c'est dur. Le sida, la maladie des villageois ! Si ca continue, on va baiser avec les doigts ! " Ce qui est une grande obscénité, puisque dans cette société, il ne convient pas que la main de l'homme touche la vulve de sa partenaire : tout au plus, peut -il tirer les poils de la toison pubienne, appréciée lorsqu'elle est abondante. 03 Cure du mal de dos de Koti 4 mn 06 Koti, la coépouse stérile de Mambi souffre d'un mal de dos. Ginza et Mambi vont en forêt chercher une écorce médicinale. Mambi gratte le liber du morceau d'écorce et l'applique sur les scarifications qu'elle a tracé sur le dos de Koti à l'aide d'une lame de rasoir. Après le traitement, Koti repart soulagée. 04 Cure du mal de genou de Masiki 53 s La vieille Masiki demande à Mambi de lui faire profiter du remède qu'elle a préparé pour soigner le mal de dos de Koti. Elle souffre de son genou, supposant que son mal est dû au fait qu'un malfaisant lui " a tiré" dessus  Mambi s'exécute, scarifie le genou douloureux et applique le remède.  05 Chasse, cuisine, rat 2 mn 37 Le repérage d'un petit rongeur dans les broussailles limitrophes du campement mobilise l'attention du campement, et tout particulièrement celle des enfants. Très sérieusement, comme si c'était un vrai gibier, les adolescents, sous la direction d'un jeune homme organisent la chasse : la bestiole est guettée, sagayée, assommée et déposée dans la hotte que tient une fillette, comme à une femme adulte. Puis, sous le regard gourmand de Wawa et Koti, Mombaka lui grille les poils, l'évide, la sale, puis la fait cuire à l'étouffée sur la braise, enveloppée d'un morceau de feuille de bananier. 06 Pleurs de Bonéné 2 mn 22 Montage d'images évoquant la petite Masiki décédée des suites d'un empoisonnement par une igname toxique. La bande-son a été enregistrée avant le lever du jour, Bonéné s'étant mise à pleurer, rapidement accompagnée par d'autres femmes du campement. 07 Scarification Bonéné 1995 1 mn 43 Monduwa applique une pâte-remède sur des scarifications qu'il a pratiqué sur la poitrine et le dos de Bonéné, prête à accoucher, dolente de la mort très récente de sa fillette Masiki, empoisonnée par une igname toxique. 08 Discorde et infortune, réparation par la salive 5 mn 48 Comme à chaque fois que l'infortune frappe le campement, surtout après des disputes, on improvise un rituel de réconciliation par la salive en faisant cracher tous les résidents du campement sur un faisceau de feuilles sp. Une dispute pèse sur les esprits, déclenchée par un vol de viande d'Isanya par le chien de Mambi. Comme à chaque fois, certains ne se gênent pas pour dire ce qu'ils ont sur le coeur. 09 Extraction des puces-chiques 4 mn 03 10 Thérapie d'interdit par la crotte de chien 6 mn 38 11 Découpe et partage d'une papaye par les enfants 1 mn 11 Wawa découpe très habilement une papaye avec une machette et la partage entre les enfants du campement. 12 Jeu de poursuite 35 s Revigorés par les petits morceaux de papaye distribués par Wawa, les enfants débutent comme un "jeu de chat" : il s'agit de toucher la tête de son partenaire avec la main, en prononçant la même formule que lorsqu'on écrase des poux entre ses ongles. Celui qui est ainsi touché poursuit alors un autre enfant. 13 Jeu d'enfant : danse à cloche-pied 43 s Danser à cloche-pied est ici un jeu d'enfants. Chez un excellent danseur, ce peut être une figure de style lors de la réalisation d'une performance. Sinon, il ne s'agit pas d'un type de danse, mais du fait de danser avec un seul pied, en s'aidant d'un bâton, quand par suite d'un accident ou par nature on ne dispose que d'un pied.  C'est aussi la danse de la Pintade où le héros ne danse que d'un pied, car il s'est enfoncé une épine de liane dans l'autre: “- Cloche-pied, cloche-pied, aïe! Je sens que mon pauvre petit pied me fait mal!” (chant de la chantefable “L'épine au pied” ) 14 Vie quotidienne : défécation de Noël 2 mn 44 Les jeux des enfants ont été interrompus par le retour de Mambi, avec les produits de sa récolte du jour. Wawa s'empare de quelques morceaux de manioc roui qu'elle va faire griller sur le feu pour un en-cas.  Noël qui veut déféquer est porté à proximité de l'aire d'ordures.  Mambi et Koti s'affairent à la préparation du repas tout en se plaignant de leur brue, l'épouse de Mombaka. 15 Chanvre, chien 34 s Tandis que les enfants jouent et que les femmes travaillent, les hommes discutent tout en faisant tourner la pipe à chanvre. Ginza, en fait, reproche à un résident du campement d'avoir égoïstement consommé du miel en forêt sans en avoir rapporté aux parents. 16 Jeu d'enfants : le non-circoncis 54 s Noël en tête tenu par Wawa, les enfants enchaînent les jeux, encouragés par les adultes. Emboités les uns dans les autres, se déplaçant en groupe les fesses frottant le sol, ils chantent : " - Que celui qui n'est pas circoncis, ne nous rejoigne pas !" Jeu d'enfants : l'odeur du porc-épic 35 s Les enfants passent dans le tunnel constitué par les jambes écartées de leurs compagnons debouts, en chantant : "- L'odeur du porc-épic !... " Comme souvent, les jeux des enfants relèvent du "folklore obscène", lieu d'apprentissage des réalités physiologiques, notamment sexuelles. 18 Jeu d'enfant : la noix de palme 22 s Jeu d'enfant chanté, toujours participant de l'apprentissage du contrôle du corps et à la limite du "folklore obscène". Les enfants, assis par terre, serrés les uns contre les autres, les jambes allongées, doivent faire passer entre leurs cuisses sans la faire voire et sans les mains une noix de palme. Un guetteur doit la repérer et s'en saisir entre les cuisses d'un des joueurs et prendre sa place s'il a gagné. Pour faciliter le jeu, un pagne recouvre les jambes 19 Naissance de Masiki : 1ère toilette 2 mn 35 Première toilette du nouveau-né, encore relié au placenta, agrémentée de commentaires des assistantes.  Par une nuit froide, Bonéné accouche. Elle est restée dans sa vaste maison d'une pièce, plutôt que de s'installer à la périphérie du campement en appui contre un arbre. Son mari et ses enfants sont dans un coin de la pièce tournés de l'autre côté. Les femmes expérimentées du campement sont venues assister la parturiente et à présent prodiguent les premiers soins. Lorsque la séquence démarre, l'enfant gît sur le sol, encore relié au placenta. - Toilette du nouveau-né - Section du cordon et dation du nom - Habillage du nourisson - Préparation du feu et du lit - Enterrement du placenta et annexes in situ - Sortie des accompagnantes http://www.cnrs.fr/diffusion/ancien_site/espchercheur/sitepygmees/mortnaissancemasiki/accouchement.htm 20 Naissance de Masiki : section du cordon 1 mn 35 Le cordon est tenu entre deux lames végétales et sectionné par une troisième : il n'est pas ligaturé. Puis, on applique la lame végétale trempée de sang du cordon sur les articulations des membres du nouveau-né, tout en énonçant son nom, Masiki : c'est celui de la soeur décédée et de l'aïeulle vivante du campement. 21 Naissance de Masiki : dressage du lit et du feu 3 mn 04 Dès qu'une femme assistante a fini une tâche, la suivante prend le relais. Elle allume un feu et dresse un lit de plaques d'écorces à proximité. 22 Naissance d'Akungu : enterrement du placenta 4 mn 10 Le placenta est enteré là où la femme a accouché : ici, c'est donc dans la maison, plutôt qu'à la périphérie ou en dehors du campement comme c'est le cas le plus fréquent. Une fois l’enfant lavé, le cordon coupé, une assistante creuse à la machette une fosse circulaire d’une cinquantaine de cm de diamètre et d’une trentaine de cm de profondeur. Le placenta est tiré dans cette fosse par le cordon, tenu au travers de plusieurs épaisseurs de feuilles de bananier pour éviter tout contact avec le sang et les fluides corporels. Puis il est recouvert par les feuillages et le sol souillés, celui-ci très soigneusement gratté. Ensuite la fosse est rebouchée par la terre extraite lors de son creusement, tassée aux pieds.  Si cet enterrement est mal fait, à savoir le cordon sous le placenta, la fécondité future de la femme est compromise. 23 Naissance de Masiki : sortie des accompagnantes 1 mn Les accompagnantes sortent une par une, laissant Bonéné, l'accouchée, avec son mari et ses enfants. 24 Générique de fin 1mn 55

Chronique aka 1987, Gouga: Le bébé malade et le chevrotain aquatique

Alain EPELBOIN

09min23

A Gouga, dans une petite bananeraie pygmée en République centrafricaine, les activités quotidiennes et les chants qui accompagnent les sons émis par une harpe sont interrompus par les pleurs d'une petite fille saisie d'une crise de convulsions hyperthermiques. La maladie de l'enfant est attribuée à une rupture d'interdit alimentaire, kila, par la mère. La fillette est soignée en urgence par les femmes du campement qui insufflent la poudre d'os d'un gibier carbonisé dans ses narines et l'en frictionnent.  Un chevrotain aquatique est préparé pour le repas. La consommation de cet animal risquant de provoquer une maladie d'interdit alimentaire kila, on lui coupe la queue, afin de la conserver pour préparer éventuellement un remède. Ce chevrotain ci va être mangé par les hommes uniquement.

Chronique des pygmées babongo 2007 : pièce bwiti d’arc-en-bouche (de jour) par Makaho Maurice

Alain EPELBOIN

02min54

Midouma, le 21 février 2007, (Ogoué Lolo, préfecture de Koulamoutou, Gabon ) De jour, exécution d'une pièce bwiti d'arc-en-bouche par Makaho Maurice dans le "corps de garde" babongo, le hangar à usages collectifs, profanes et sacrés.