Cinéma

L'agnosie visuelle

De Guillaume Meigneux

20min07

Premier épisode d'une série de courts objets cinématographiques à la recherche d'une définition du cinéma par défaut. André S. Labarthe nous guide ici sur les traces d'un cinéma qui n'existe pas. Loin des sentiers battus sur les films maudits, c'est l'inachèvement comme principe de création qui est ici mis en avant.

Prototype

De Yves Ackermann

02min07

Amplification d'une idée; Prototype est un film de deux minutes montrant un homme en train de se faire tirer dessus. La rafale désarticule son corps, ses mains se figent, il chancelle, fin du film. Aucune motivation, aucun contexte, aucune suite ne viennent expliquer cette action, qui n'est pas sans rappeler les crash tests, puisqu'il s'agit d'une simple simulation. Le propos du film se concentre sur l'action, la fusillade, la mort. Une image archétypale qui déclenche des associations. L'exécution de l'action génère une représentation exemplaire,un prototype.

Yeux

De Roland Edzard

11min15

Un poulailler industriel. Un arbre. Une maison. Deux femmes se frôlent, s'épient, se scrutent. Lentement elles se confondent. Les deux visages semblent mouvants. Les traits de l'un apparaissent sur celui de l'autre. Physiquement s'opère un transfert par transformation morphologique du visage de l'une en l'autre. De cette perte d'identité débute un soupçon, un secret, violence, chiennerie, menace de mort.

Plus tard

De Eric Oriot

10min50

Coincé dans un processus qu'il ne maîtrise pas, un personnage n'en finit pas d'avancer vers un point qui recule à l'infini, une destination à jamais hors d'atteinte. Répétitions, mises en abîme, réinterrogations des mêmes images, le film s'inscrit dans une spirale, il se construit par cercles concentriques emboîtés, répétés et pourtant toujours emportés dans l'abîme. Jusqu'à l'angoisse.   

Cinema and visual pleasure

De Annie MacDonnel

08min33

Ce film est une expérience formelle. Son contenu (ou intrigue) est une structure à part entière et son axe est vertical. L'évènement du film évolue à l'intérieur de lui-même, au lieu d'évoluer à travers le temps ou en direction de son dénouement.   Les deux éléments principaux sont la durée et le rythme.

La plage blanche

De Gilles Gleizes

13min31

Une femme de lettres rencontre un homme qui ressemble étrangement au personnage du livre qu'elle a commencé à écrire...

Un château en mer

De Barbel Pfander

12min13

Un grand-père commente les photos qu’il a prises avant et pendant la guerre en Allemagne, en France et en Russie.

Naufrage

Clorinde Durand

06min04

« Naufrage » inventorie des hantises : la narration se fige sur l’instant arrêté. « Naufrage » raconte pourtant quelque chose. De quoi s’agit-il ? On ne sait pas... peut-être d’un accident, peut-être d’une dépression, d’une explosion ? Cette scène pourrait être l’acmé d’un scénario catastrophe : le moment d’une émotion purement physique, vue au ralenti.

Faire le mur

Bertille Bak

17min08

Barlin, cité minière du Nord. Les habitants vont être chassés de leur ville, qui va être rénovée et où ils n’auront pas les moyens de se reloger. Mêlant indissociablement réalité et fiction, vrais et faux éléments d’architecture (maisons encore debout ou déjà détruites ; maison roulante, mur construit en pleine rue), vrais et faux évènements (réunion de locataires ; course d’auto-tamponneuses), le film de Bertille Bak s’ancre dans une histoire sociale douloureuse tout en proposant une fiction poétique et décalée.

Planet A

Momoko Seto

07min40

Sel : trace, absence d’eau, passage du temps, épidémie envahissante, cimetière vivant. Eau : manœuvre, valeur absolue, fertilité, rhizomes, aléatoire. Cotons : corruption, enjeux économiques, hydrophilie, désertification. Le monde est devenu une vaste planète desséchée, où la culture du coton exercée à outrance pour des raisons économiques, est la cause principale de la désertification. Un désert salin recouvre des hectares de terrain asséché où apparaissent de curieux arbres de sel. Ce phénomène fait écho à une plus grande catastrophe écologique, la désertification de la mer d'Aral, et toujours l’homme comme responsable…

Brises

De Enrique Ramirez

12min45

Un homme marche sans s’arrêter dans la rue, traverse la route, s’engage dans un bâtiment imposant. La caméra le suit, le précède, l’accompagne. Un impressionnant plan séquence de 10 minutes qui nous mène au travers de la Maison du Gouvernement chilien, du sud vers le nord. En chemin, on croise des gardes, une femme dans un bassin rempli d’eau, des chiens errants. En surimpression, une voix-off égraine des bribes de souvenirs, de pensées, de sensations. C’est un choc, à la fois esthétique et émotionnel. Même sans identifier tous les symboles, on sent confusément le poids de l’Histoire qui pèse sur Brises. Ce film travaille principalement sur la mémoire d’un lieu qui fut le scénario du Coup d’État et du retour à la démocratie, ce lieu qui a été le berceau des tragédies et des joies de tout un peuple.

Ici c'est ailleurs

Lorena Zilleruelo

12min20

Ce film est le fruit d’une rencontre avec de jeunes immigrés, arrivés récemment en France. Ce travail nous fait voyager dans l’univers de chacun de ces adolescents, par des photos de leur intérieur, le récit de leur voyage, de leur expérience en France. Les images de ce film sont parfois construites comme des installations et nous plongent dans l’univers plus plasticien de cette artiste.