Documents pour «Colonisation»

Inde du Sud Bombay (Mumbai) - Goa - Hampi - Cochin

De Jacques Vichet

51min09

Bombay, ou Mumbai, est une ville vertigineuse qui compte 15 millions d'habitants. Premier port du pays, la ville est aussi le premier centre industriel et commercial. Lors de l'occupation de Mumbai par la civilisation des Maurya, des temples hindous dédiés au dieu Shiva furent construits dans les grottes d'Eléphanta. Colonisé par les britanniques, la gare Chhatrapati Shivaji Terminus, le musée du Prince de Galles ou encore la Porte de l'Inde rappellent le passage des anglais dans le territoire indien. Le temple Mahalaxmi, datant du 18ème siècle, est le lieu de culte le plus populaire de la religion Brahmanique de Bombay. Il vénère les déesses Mahalakshmi, Mahakali et Mahasaraswati, toutes trois ornées de bracelets d'or et de perles. Sable blanc, cocotiers, rizières verdoyantes, jardins de fleurs, c'est de tout cela qu'est constituée la région de Goa. Portugaise pendant 450 ans, la région est également dotée d'un patrimoine religieux riche, de constructions coloniales baroques et de paysages magnifiques.

Rouge Brésil 2 épisodes

Rouen XVIème siècle. Colombe et Just, frère et soeur adolescents, s'embarquent pour le Brésil à la recherche de leur père. Ils sont engagés pour servir d'interprètes dans une expédition qui doit permettre à la France de s’installer au Brésil, en créant la France Antarctique, pour contrer la puissance des Portugais. Les querelles entre catholiques et protestants qui agitent la France se retrouvent parmi les membres de l'expédition. Au milieu de ces luttes, se profile le déchirement de Colombe et de Just, elle, attirée par les indiens indigènes, lui, par une réplique de notre civilisation.

Shlomo Sand - Etat des lieux, Israël et la politique de colonisation des territoires

50min52

L'historien Israëlien - dont le livre Comment la terre d'Israël fut inventée est paru en 2013 - développe ici son analyse de la situation en Israël, de la politique de Benyamin Netanyahu, de la colonisation, de la continuité avec la politique de Sharon ou de Yitzhak Rabin, l'artisan des négociations d'Oslo. Shlomo Sand montre aussi en quoi les accords d'Oslo de 1993 qui n'imposaient pas l'arrêt de la colonisation, mais l'arrêt des violences, ont abouti à évacuer les colonies de Gaza pour créer une "réserve indienne". Shlomo Sand rappelle que Sharon est le vrai père de la colonisation en Cis-Joordanie depuis les années 1980 et que le processus en marche avec Sharon visait à ne pas développer de processus de paix. Produit par le CHS, en partenariat avec Mediapart qui a diffusé cette analyse de Sholom Sand sur son site et dont un journaliste, A. Perraud, avait interrogé l'historien Israélien. Shlomo Sand est filmé dans la bibliothèque Jean Maitron du CHS, à Paris

Osiris la 9ème planète Science Fiction Volume One: The Osiris Child

De Shane Abbess

1h45min51

Dans un futur lointain, l’humanité part à la conquête de nouvelles planètes habitables. L’entreprise Exor est chargée d’organiser la vie dans ces nouveaux mondes. Mais un jour, Kane, un de ses principaux lieutenants, découvre que la planète OSIRIS, qui héberge sa fille, est menacée par un virus mortel. Il se lance alors dans une course contre la montre pour la sauver.

L'embuscade de Palestro (1)

10min00

Présentation par Raphaëlle Branche de son livre L'embuscade de Palestro : Algérie 1956 ainsi que du documentaire qui en en été tiré : Palestro , histoires d'une embuscade 1ère partie

Table Ronde : “Hmong Memory at the Crossroads”/ “Round Table : Mémoire hmong à la croisée des chemins”

Françoise Vergès

1h21min40

Septième rencontre du cycle de débats sur l'immigration avec Françoise Vergès, Philippe Peycam, la réalisatrice Safoi Babana- Hampton et Benjamin Stora, président du Conseil d’orientation du Palais de la Porte Dorée.   Débat Mémoires et histoire, entre la grande politique et l’intime: "Les effacés des mémoires post-coloniales: L'exemple des hmongs" autour du documentaire "Mémoire hmong à la croisée des chemins" [Hmong Memory at the Crossroads]. Ce film retrace les histoires de trois générations de réfugiés Hmong dans le Midwest américain et en France. Habitant de Rochester Hills dans l’État du Michigan, Liachoua Lee évoque son passé d’ancien réfugié et de fils d’anciens combattants de la Guerre d’Indochine (1946-1954) et de la Guerre secrète au Laos (1961-1975), en revenant sur les lieux qui portent les traces de son histoire personnelle et les blessures intérieures infligées par la guerre. Sorti en 2015, ce documentaire revient sur la mémoire coloniale française en intégrant la perspective des supplétifs hmongs de l’armée coloniale française pendant la Guerre d’Indochine, leur exil et leur expérience de réfugiés en France et aux États-Unis. Débat animé par Alexis Lacroix, directeur adjoint de l’hebdomadaire Marianne. Les intervenants: Françoise Vergès est politologue, auteure de nombreux ouvrages et articles en français et en anglais sur les mémoires de l’esclavage colonial. Elle est titulaire dela Chaire Global South(s) au Collège d’études mondiales à la Fondation Maison des sciences de l’homme. Safoi Babana-Hampton est enseignante-chercheuse d’études françaises, francophones, culturelles et postcoloniales à la Michigan State University. Elle est l’auteure, productrice et co-réalisatrice du documentaire Mémoire Hmong à la croisée des chemins. Philippe Peycam est directeur de l’Institut International des Études Asiatiques (IIAS) à l’Université de Leyde, Pays-Bas. Benjamin Stora est universitaire et historien, auteur de nombreux ouvrages sur le Maghreb contemporain et l’immigration. Il est Président du Conseil d’Orientation du Musée national de l’histoire de l’immigration. ***************************************************************************************************************************** ENGLISH VERSION: Seventh meeting of the debate series on immigration with Françoise Vergès, Philippe Peycam, director Safoi Babana- Hampton and Benjamin Stora, President of the Musée National de l'Histoire de l'Immigration (The National Museum of the History of Immigration), at the Palais de la Porte Dorée (Paris, France). Debate theme: "Memory and History, Between High politics and the Intimate: The Forgotten of Post-colonial Memories: The example of the Hmong" around the documentary "Memory Hmong at the Crossroads". This film tells the stories of three generations of Hmong refugees in the US Midwest and France. Rochester Hills Resident in the State of Michigan, Liachoua Lee recalls his past as a former refugee and son of veterans of the Indochina War (1946-1954) and the Secret War in Laos (1961-1975) , returning to the places that bear the traces of his personal history and internal wounds inflicted by the war. Released in 2015, this documentary looks back at the French colonial memory by bringing the perspective of Hmong auxiliaries of the French colonial army during the Indochina War, their exile and experience of refugees in France and the United States. The debate is moderated by Alexis Lacroix, Assistant Director of the weekly Marianne. Participants: Françoise Vergès is a political scientist, author of numerous books and articles in English and French on the memories of colonial slavery. She holds the Chair "Global South (s)" at the College d'Etudes Mondiales (Institute for Global Studies) at the Fondation Maison des Sciences de l'Homme (the Foundation of the Sciences of Man). Safoi Babana-Hampton is a university professor and researcher of French, Francophone, postcolonial, and cultural Studies, at Michigan State University. She is the author, producer and co-director of the documentary "Hmong Memory at the Crossroads". Philippe Peycam is director of the International Institute for Asian Studies (IIAS) at the University of Leiden, Netherlands. Benjamin Stora is a university professor and historian, author of numerous books on the contemporary Maghreb and immigration. He is President of the Musée National de l'Histoire de l'Immigration (The National Museum of the History of Immigration), at the Palais de la Porte Dorée (Paris, France).

La représentation picturale de l'Antillais sous la Troisième République

Christelle LOZERE

23min59

Dans la construction de l'imaginaire colonial, les "vieilles colonies" apparaissent à la fin du XIXe siècle comme les symboles d'une assimilation réussie. A l'heure du paternalisme triomphant, les pouvoirs publics sont convaincus que seule la France peut faire naître le sentiment esthétique chez les Antillais trop longtemps exposés "à la langueur de l'ennui", incapables de ressentir le sublime et le pittoresque, pourtant omniprésents dans les paysages paradisiaques insulaires. Seuls des esprits éclairés peuvent réveiller des talents artistiques endormis. Cette communication portera principalement sur l'impact des images dans la construction d'une identité antillaise. Elle évoquera particulièrement le rôle des artistes de "la Société coloniale des artistes français" dans la diffusion d'un imaginaire créole.

De l'importance de l'enseignement des littératures dans le cadre éducatif : le cas de l'Afrique - approche théorique

Benaouda LEBDAI

32min32

M. Benaouda Lebdaï nous propose son étude du choix des langues dans le cadre éducatif africain et son impact aujourd'hui, ainsi que le rôle de l'enseignement de la littérature africaine.

Quand les Africains firent du latin une langue "butin de guerre" !

32min15

M. Patrick Voisin, professeur de chaire supérieure en Lettres Classiques, nous présente dans cette première table ronde : "Quand les Africains firent du latin une langue "butin de guerre" !"

Une anthropologie des moments critiques : Entretien avec Georges Balandier

Georges BALANDIER

1h37min51

Qu'il s'agisse de l'Afrique ou du monde occidental, Georges Balandier se veut l'observateur attentif et engagé des crises, des conflits, des ruptures qui troublent la vie sociale. Le hasard, l'accident, l'imprévus sont pour lui des objets privilégiés ; il porte le même intérêt à l'inventivité et aux ruses qui permettent aux sociétés de surmonter leurs "moments critiques".

Chronique pygmées Bakoya, Gabon, avril 2006

Alain EPELBOIN

1h27min49

Chronique des Pygmées Bakoya, Gabon avril 2006 : 1- Imbong 2- dix leçons d'ethnomusicologie, 3 Angetse Etienne, chanteur & musicien bakoya de harpe-cithare
37 scènes

1- Imbong

2- Au quartier bakoya de Zoula Sylvie Lebomin, ethnomusicologue, enregistre et analyse 10 pièces musicales bakoya en faisant jouer simultanément et/ou successivement les musiciens et les chanteuses.

3- Huit chansons d'Angetse Etienne, chanteur et musicien bakoya d'enye (harpe cithare) à Mékambo. Il est accompagné pour une pièce par Louis Joseph Ambese.

Petit récital improvisé à la demande de Sylvie Lebomin, ethnomusicologue en présence de Denis Mimbaye.
Chapitres :
00 1 Imbong, avril 2006  35 mn
Acteurs par ordre d'apparition

Ambèse Louis Joseph

Mimbaye Denis, chef de village

Moulili Jean de Dieu, préfet

Angetse Etienne, joueur d'enyele

Lebomin Sylvie, ethnomusicologue

Toum Bernard

Mbouaza Ginère, évangéliste

Bokani Gilles, chef de village

Epelboin Alain, médecin anthropologue

01 traitement de la première dent de lait des enfants bakoya  2 mn 07

Installé dans le "corps de garde" du village Imbong, Louis Joseph Ambèse raconte que lorsque l'enfant bakoya perd sa dent de lait, il doit la donner au "lézard" (indet), afin qu'il la remplace par une belle dent.

02 sortie des Pygmées de la forêt dans les années 1934-36  13 mn 59s

Denis Mimbaye, chef bakoya du village Imbong, raconte comment, au début de la colonisation, ses aïeux Pygmées ont noué leurs premiers rapports avec les Européens, leur fournissant, notamment, des gibiers entiers, non découpés.

Il évoque en particulier le lieutenant Thomas qui dirigeait la région en 1933-1936. Celui ci, favorable aux Pygmées, gagne leur confiance à l'occasion du règlement d'une rébellion provoquée par des injustices exercées par un chef de village nommé par l'administration.

C'est à la suite de cette affaire que les Pygmées du secteur d'Imbong, décidèrent de quitter leurs campement isolés en forêt, pour s'installer au bord de la route que venait d'ouvrir ce même lieutenant Thomas

03 administration de Mékambo de 1924 à 2006  1 mn 48s

À la sous-préfecture de Mékambo, Moulili Jean de Dieu, le sous-préfet, commente le grand panneau érigé dans l'entrée "liste nominative du personnel de commandement ayant servi dans le département de la Zadié Mékambo" depuis 1924. On y retrouve la trace du Lieutenant Thomas (1933 1936), dont le rôle fut important dans la percée des routes et dans la construction d'une alliance avec les Pygmées Bakoya : c'est celle ci qui les amena à cette époque "à sortir de la forêt" et à s'installer le long de la piste, récemment rendue carrossable.

J.D. Moulili rapelle comment autrefois les avions qui reliaient le Congo au Gabon, faisaient escale à Mékambo qui'était également une étape importante sur la route du Congo.

Moulili Jean de Dieu, préfet de Mékambo depuis 2005, face à la caméra : - Comme on est proche de la République du Congo, la grande voie, c’était, qui reliait le Congo à Makokou, je crois, Makokou, Eboué d’ailleurs qui était la première capitale provinciale : et bien, la voie passait par ici. C’était un passage obligé.Et même les avions qui partaient de Libreville ou Woleu-Ntem, avant que ça n’atterrisse à Brazzaville, ils faisaient escale ici. Vous avez vu la petite piste d’atterrissage.La première voiture qui serait partie du Congo était passée par ici. Ce sont les gens de Mékambo qui l’auraient vu. C’était quand même un spectacle ! Avant ceux de Makokou !Le propos est interrompu par une voix en français, forte et tendue de vieille femme en colère. Elle est habillée de vêtements propres et délavés, mouchoir de tête noir et jaune brillant, assorti au trop grand polo masculin jaune pâli, avec sur le visage des restes blancs de masque facial au kaolin, en particulier sur son « gros » nez. Une malade mentale que les employés de la préfecture ont l’habitude de voir fréquenter les bureaux, serinant les mêmes litanies. En fait, une ancienne employée qui est devenue folle à la suite de diverses infortunes. Filmiquement, une rupture explosive du propos d’un très haut fonctionnaire, comme par un esprit ancien, hantant sans cesse les lieux de son passé.
L’ancienne employée de bureau : - Voilà le premier état civil pour moi à Mékambo ! Veut-elle dire qu’elle a été une des premières à être enregistrée à l’état civil ou à tenir le bureau de l’état civil ? Signifie-t-elle que sa famille et/ou elle même a été en contact très tôt avec l’administration au pouvoir, et qu’elle a eu un statut social élevé, désormais détruit ?
Alain : - Quelle année ?
Période coloniale ou après l’indépendance ? Elle poursuit son propos sans prêter attention à la question. Elle n’a pas l’air si âgée, 60, 70 ans : donc on pourrait prendre comme hypothèse qu’elle est née dans les années 1930, 1940. Elle aurait eu 20 ans entre 1950 et 1960 ? En fin d’administration coloniale ou au contraire lors de la mise en place de l’administration gabonaise ?

- Moi qui étais premier (employé) état civil, ici à le bureau à Mékambo, avec le vieux là !

Elle montre un vieillard à proximité, hors caméra. La fourchette d’âge s’élargit jusqu’à 80 ans, et la fiabilité du propos, quant à un ancien emploi de bureau exercé ici se confirme. Elle a, dans un premier temps, bénéficié de l’ascenseur social construit sur la scolarisation, l’apprentissage du français et de l’écriture.

L'air, il fait moi comme ça (geste d’essuyage de la sueur du front), comme je n'ai pas de voiture !

L’air ! Attention, c’est vraisemblablement un mot très polysémique. Le geste d’essuyage de la sueur sur le front, morphème non-verbal transculturel africain bien connu, désigne le travail physique, mais aussi l’excès de dépense d’énergie, et donc aussi la notion de fatigue au sens aussi bien physiologique que pathologique.

Ici, on entend air au sens d’exposition au aléas du climat, que ce soit dans les bureaux surchauffés ou lors de déplacements à pied. Employée de bureau, c’est-à-dire un statut social important du point de vue de la société dont elle est originaire, mais négligeable du point de vue de la hiérarchie administrative. Elle n’avait pas un rang lui permettant de disposer d’un véhicule et elle avait de grandes distances à parcourir, non seulement pour venir au travail, mais également pour mener à bien ses autres activités, familiales, agricoles, voire commerciales.

L'air, il volait pour moi de l'argent ! 

Les dures conditions écologiques lui coûtaient beaucoup ? « Air » est à prendre au sens écologique, mais aussi surnaturel : vents ou souffles porteurs des agressions maléfiques d’esprits, de jaloux, d’envieux, d’ingrats, de méchants !

L'air ! Il gaspillait les enfants pour moi !

Il rendait ses enfants malades ? Il a détourné ses enfants de leur mère ?

L'air, il gaspillait moi !

Cet air a fini par altérer sa réussite sociale.

Je dors dans le par terre !

S’agit-il de dormir par terre, parce que sa ruine est-elle qu’elle ne dispose même plus de lit chez elle et qu’elle est obligée de dormir sur une natte. Ce peut être une réalité concrète ou une expression archétypale de la misère d’une femme âgée, délaissée, veuve ou divorcée, et de plus abandonnée par ses enfants ! 

Autre hypothèse, elle n’a pas de domicile fixe et est amenée à dormir n’importe où, parfois sans natte, à même le sol, comme beaucoup de malades mentaux, délaissés par leurs familles impuissantes à juguler la folie.

C'est premier (e) à le bureau là, l'année du boulot, moi de l'argent !

Il faudrait reprendre l’histoire de l’administration de Mékambo pour identifier son statut véritable et savoir si elle a été effectivement embauchée la première ! Peu importe ! Elle exprime une réussite sociale ancienne et une ruine actuelle.

Tous les jours à le boulot, le village, c'était en courant !

Je viens pour trouver moi le boulot !

Ici, elle reprend ce qu’elle indiquait antérieurement par le geste d’essuyage de la sueur sur le front, à savoir qu’elle était une femme active, gérant de nombreuses activités, « en courant ». Et que sa réussite était le fait de son propre mérite.

Une histoire « ordinaire » d’une personne qui a pris l’ascenseur de la réussite sociale de la modernité, mais qui s’est brisée dans le piège tendu, un miroir aux alouettes : et qui tend elle aussi un miroir dans lequel on craint de retrouver son propre reflet, passé ou à venir. 

Un bouffon, une griotte, qui dit des « vérités » aux puissants sans pouvoir être puni. Une vieille femme dangereuse, au malheur potentiellement « contaminant », qui révèle les non-dits, les désirs, les inconscients individuels et collectifs.

Est-ce en tant que ce qu’elle était qu’elle est tolérée en ces lieux officiels ? À cause de la présence du témoin étranger ? En raison de la dangerosité des paroles de malédiction d’une vieille femme ?

Ou, comme les Pygmées, du fait de sa proximité avec les êtres du monde non visible au commun des mortels ?

04 Représentation de la maladie Ebola chez les Bakoya  4 mn 27s

voir séquence 9 mn : http://www.canal-u.tv/video/smm/chronique_pygmees_bakoya_de_mekambo_gabon_avril_2006_representation_des_epidemies_de_maladie_a_virus_ebola_de_2001_2002.16144

À la suite d'une épizootie ayant décimé les gorilles, en 2001-2002, une épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola, sous-type Zaïre, se propageant jusqu'à Kéllé au Congo, a terrifié la population de la région de Mékambo, tuant notamment quelques Pygmées Bakoya.

Qu'en reste-t-il dans les mémoires ?

À la sous-préfecture de Mékambo, deux affiches sont exposées dans le hall : l'une d'un parc national avec des têtes de gorilles en très gros plan, l'autre consacrée à Ebola et indiquant les mesures et comportements à prendre, pour éviter de se contaminer.

Angeste Étienne, chanteur et joueur réputé de harpe cithare enye interprête à son domicile la chanson sur Ebola qu'il a inventé lors de l'épidémie.

" Les jeunes filles ! Gardez le corps ! Ebola arrive !". traduisent Toum Bernard et

Mbouaza Ginère, évangéliste, tous deux originaires d'Imbong. Ils rappellent l'horreur qui les a saisi

Toum Bernard : -Pour moi c'était la première fois d'entendre parler d'Ebola et c'était aussi pour moi très horrible. de voir comment les médecins manipulaient les corps.

Là nous les parents ! Non ! Les parents des décédés ! Non, non, non ! Ils n'avaient plus le pouvoir, de manipuler les corps.

Mbouaza Ginère, évangéliste : - Comment se fait il que c'est une épidémie. Et puis en prenant, quand le corps meurt, il faut absolument que les parents puissent voir comment, à enterrer le corps.

Mais ce qui était horrible, c'était pourquoi ? C'était parce que, quand la personne trouve la mort, au lieu que c'est les parents qui prennent le corps, ce sont les médecins eux-même qui prennent le corps. Et des fois, d'autres corps ont disparu !

Toum Bernard : - Mais leur cimetière (tombe) , on ne connait pas. On ne connait pas où se trouvent de ces corps là aujourd'hui.

Mbouaza Ginère, évangéliste : - Après un moment donné, les familles qui ont perdu les parents ont été satisfaits par l'argent.

Donc il a fallu que l'état gabonais pense aux familles qui ont perdu les parents pour leur donner de l'argent... déja sur canal u

Acteurs par ordre d'apparition :

Angetse Etienne, joueur d'enyele

Lebomin Sylvie, ethnomusicologue

Toumoro Bernard

Mbouaza Ginère, évangéliste

Epelboin Alain, médecin anthropologue

Caméra-son- réalisation :

Epelboin Alain

05 iboga 5 mn

06 remerciements 7 mn 17s




00 2 dix leçons d'ethnomusicologie  32 mn18

Au quartier bakoya de Zoula Sylvie Lebomin, ethnomusicologue, enregistre et analyse 10 pièces musicales bakoya en faisant jouer simultanément et/ou successivement les musiciens et les chanteuses.

Etaba Madeleine, chanteuse

Ambili Florence, chanteuse

Maboa Thérèse, chanteuse

Aboul Jonas, percussion

Mwango Mathias, joueur d'abele

Ipatima Stanislas joueur de ndumu

Mindem Jean-Rémy, joueur de ngom

07 1 Chant du Mongala 8 mn 7s

Après un essai destiné à expliquer la procédure de l'enregistrement aux musiciens, exécution d'un premier chant de Mongala où chaque intervention est enregistrée en référence avec celle qui la précède. Le Mongala est un culte initiatique centré sur la gemmellité que l'on retrouve sur une grande frange est du territoire gabonais.

07 2 Chant du culte Issembu 3 mn 28

Enregistrement analytique d'un chant du culte Issembu réservé aux femmes. Comme pour le Mongala, ce culte se retrouve dans les populations de toute la frange est du territoire gabonais sous différentes appellations (Lissembu; Lissimbi; Lessimbu).

07 3 Chant et fabrication de panier 2 mn 28

Pendant les enregistrements, un homme continue à tresser son panier, vraisemblablement de l'ethnie Kwélé au regard du type de maille utilisé.

07 4 chant par deux femmes 57 s

Cet enregistrement permet d'entendre la complémentarité des voix et des registres utilisés par les deux femmes.

07 5 chant de Ngodja 3 mn 54s

Chant de Ngodja accompagné particulièrement par la poutre frappée et le baguettes entrechoquées. Ces deux éléments rythmiques permettent d'entendre la suprposition d'un rythme binaire et d'un rythme ternaire.

07 ethnomusicologie 6  3 mn 35s

07 7 chant du culte Mbumba  3 mn

Chant du culte de divination Mbumba. Au bout de quelques temps, Florence, la chanteuse principale, introduit la technique de chant du yodel qu'elle dit avoir emprunté aux Pygmées Baka, installés dans la région de Minvoul, mais qui descendent parfois jusque dans l'Ogooué-Ivindo pour la chasse.

07 8 chant du répertoire Abwema  3 mn 48s

Enregistrement d'un chant du répertoire Abwéma.

07 9 Bébé en musique  1 mn 36

Les bébés participent à l'activité musicale dès leur plus jeune âge. Dans un premier temps de façon passive, du seul fait de leur présence dans les bras des femmes. Ils acquièrent ainsi les rythmes corporels de base.




00 3 Angetse Etienne, chanteur & musicien bakoya de harpe-cithare 18 mn 25

Huit chansons d'Angetse Etienne, chanteur et musicien bakoya d'enye (harpe cithare) à Mékambo. Il est accompagné pour une pièce par Louis Joseph Ambese.

Petit récital improvisé à la demande de Sylvie Lebomin, ethnomusicologue en présence de Denis Mimbaye.

08 01 harpe cithare 2 mn 47

La harpe cithare joué ici par un musicien bakoya est vraisemblablement d'origine Kwélé où elle sert à accompagner le chant d'une épopée, dans un style proche du Mvet fang.

Cet instrument de très gande longueur est fait en bambou de Chine avec des cordes directement prélevèes sur la canne de Bambou. L'instrument est dit alors idiocorde.

08 02 harpe cithare et corbeille 2 mn 15s

Pendant que la femme du musicien continue de tresser sa corbeille, celui-ci continue d'improviser des paroles. L'énorme marmite placée sous l'instrument sert d'amplificateur.

Le rythme pointé utilisé dans le jeu de l'instrument semble spécifique au jeu de la harpe-cithare à traves différentes populations d' Afrique centrale.

08 03 harpe cithare 1 mn 16

08 04 harpe cithare 1 mn 16s

Les deux mains du musicien, disposées de part et d'autre du chevalet, jouent alternativement. Il y a de fait peu de polyphonie bien que l'instrument en possède le potentiel.

08 05 harpe cithare 1 mn 47s

08 06 harpe cithare 53 s

08 07 harpe cithare 4 mn 19s

Un des accompagnateurs de l'équipe, Joseph Ambese, chante en duo avec le musicien principal qui de ce fait retrouve une source d'inspiration.

08 08 harpe cithare 2 mn 30s

09 générique 40 s

Paul BERT, de l'école patriotique aux colonies, itinéraire d'un libre penseur (1833-1886)

Rémi Dalisson

1h20min43

Paul Bert souffre de nos jours d’une mauvaise réputation et est présenté comme l’inventeur du racisme républicain. Pourtant, il illustre à merveille un siècle et une génération républicaine qui a façonné l’école et la France actuelle.

Grand scientifique, élu local, ami de Gambetta et Ferry, fondateur des écoles normales républicaines, artisan de la loi Goblet, anticlérical (mais non antireligieux), librepenseur, matérialiste, médecin et partisan de la colonisation, il doit être replacé dans son contexte et son époque. À ce titre il est un objet d’histoire qui en dit long sur les rapports qu’entretient la France avec son histoire et son passé, y compris colonial, ses rapports particuliers à la religion, les détours de la mémoire et les risques de l’anachronisme qui seront combattus dans cette conférence.