Documents pour «Franquisme»

Histoire et conflits de mémoire en Espagne

42min47

A la mort de Franco, en 1975, le régime espagnol a évolué vers une démocratie au cours d'une transition qui a été "pactée" entre le secteur réformiste du régime franquiste et les forces d'opposition, si fait qu'il n'y a pas eu de rupture formelle avec le régime franquiste ni de justice transitionnelle (loi d'Amnistie en 1977). L'histoire espagnole a été, depuis la fin des années 1990, le cadre de fortes mobilisations en faveur  de ce que les espagnoles ont appelé "la récupération de la Mémoire Historique".

A l'occasion de la parution du numéro de la revue XXe siècle (Presses de Sciences Po, 2015), deux historiennes, Charlotte Vorms et Elodie Richard, présentent les effets que ce mouvement mémoriel espagnol a pu avoir sur le travail des historiens ou sur l'histoire européenne des dictatures, et comment, auparavant, la politique mémorielle franquiste a entretenu et aggravé une Mémoire divisée. Le discours public, au cours de la transition démocratique, présentant la guerre civile comme une "guerre fratricide" sur laquelle on ne souhaite pas revenir est également analysé. Les historiennes retracent comment a évolué le regard historique sur la période de la guerre et de la dictature franquiste, quel impact réciproque cela a pu avoir (en terme de lois, d’Amnistie ou de procès) vis à vis des dictatures de l'Amérique du sud.

Séminaire Image et vérité. 3. Image et mémoire. La reconstruction de la vérité par l'image : ouverture de la journée / Pascale Peyraga, Marion Gautreau

Marion GAUTREAU

12min08

Séminaire Image et vérité. 3. Image et mémoire. La reconstruction de la vérité par l'image : ouverture de la journée / Pascale Peyraga, Marion Gautreau. Séminaire organisé par le laboratoire France Méridionale et Espagne (FRAMESPA) et le Réseau interdisciplinaire sur les vérités de l'image hispanique contemporaines (RIVIC). Université Toulouse II-Le Mirail, 7 avril 2014.
Tanto la dictadura franquista como las dictaduras latinoamericanas de los años 1960 a 1980 dieron lugar a una abundante
producción fílmica y fotográfica -documental y de ficción- que vuelven sobre estos periodos traumáticos desde diferentes puntos de vista. Comienzan a realizarse pe- lículas en los años 1980, todavía bajo la Ley de amnistía española (15 de octubre de 1977) o las Leyes de impunidad argentinas (finales de los años 1980) y siguen saliendo en pantalla hasta hoy en día, en un clima totalmente distinto. En efecto, la Ley de Memoria histórica del 31 de octubre de 2007 en
España o la declaración de inconstitucionalidad por la Corte Suprema de Argentina de los « indultos de Menem » en 2010 abre vías nuevas a la representación fílmica de estos episodios de la historia reciente.
La idea de este seminario es observar cómo se reconstruye la memoria
histórica de las dictaduras a través de las imá- genes y el diálogo que entretiene estas producciones artísticas con una real o supuesta « verdad histórica ». Considerando cada una de estas obras como un « lugar de memoria », a la manera de Pierre Nora, sería interesante analizar los recursos utilizados por los artistas para ofrecer su propia memoria
de los gobiernos militares. En documentales como La maleta mexicana (Trisha Ziff, 2011, México/España/EEUU) o Los caminos de los memoria (José Luis Peñafuerte, 2009, España) se insiste en la problemática de las exhumaciones y del dilema verdad/olvido, mientras que en películas como Infancia clandestina (Benjamín Ávila, 2012, Argentina) o O ano en que meus pais saíram de férias (Cao Hamburger, 2006, Brasil) se intenta dar a ver la vida cotidiana de los niños que vivieron en tiempos de dictadura. Por otra parte, no podemos sino pensar en las producciones fotográficas de los últimos años, que no se refieren tanto a la revelación del pasado histórico (en las dictaduras o en tiempos de guerra) como a la comprobación de la ausencia de imágenes o una verdad para siempre velada (La misma Imagen a través de los días Socius II, Adrián Alemán).
A través del tiempo y de la variedad de temas desarrollados en estos medios icónicos se va reconstruyendo poco a poco la memoria de las dictaduras. Nuestro propósito es confrontar los puntos de vista expuestos y los recursos iconográficos utilizados para defenderlos, con el fin de delinear los contornos de estas memorias española y latinoamericanas.

À la croisée des chemins : "Carta a Eva" ou La dictature franquiste relue à l'aune des femmes / Agnès Surbézy

Agnès SURBÉZY

29min52

À la croisée des chemins : Carta a Eva ou La dictature franquiste relue à l'aune des femmes / Agnès Surbézy. In séminaire "Image et mémoire / Imagen y memoria. 3. La reconstruction de la vérité par l'image : l'exhumation du passé" organisé par le laboratoire France Méridionale et Espagne (FRAMESPA) et le Réseau interdisciplinaire sur les vérités de l'image hispanique contemporaines (RIVIC). Université Toulouse II-Le Mirail, 7 avril 2014.
Après avoir revisité la dictature franquiste à travers le regard d’un enfant, dans "Pa negre",
Agustí Villaronga se confronte à nouveau à cette thématique à travers
la rencontre de trois femmes, femmes de tête et de convictions, dont
les destins peu ordinaires vont se croiser à l’occasion de la venue en
Espagne d’Evita Perón. Les histoires entremêlées de la très catholique
Carmen Polo, épouse de Franco, de la très populaire Eva Perón et de la «
rouge », Juana Doña, donnent au réalisateur l’occasion de nous donner
une autre vision de l’Espagne de cette fin des année quarante (la
visite d’Eva Perón a lieu en 1947), une vision qui met en avant des
personnages féminins forts et questionne les rapports hommes-femmes.
Mêlant images d’archives et fiction, ce film historique -et revendiqué
comme tel- donne à voir au spectateur l’envers du décor : l’influence
de ces personnages de l’ombre que sont les femmes, les rivalités et les
mesquineries du pouvoir, le quotidien des plus humbles et des vaincus.

Valores de la imagen en la construccion discursiva de la historia: las portadas de "Tiempos de Historia (1974-1982)" / Aranzazu Sarria Buil

Aránzazu SARRÍA BUIL

39min13

Valores de la imagen en la construcción discursiva de la historia: las portadas de "Tiempos de Historia (1974-1982)" / Aránzazu Sarría Buil. In séminaire "Image et mémoire / Imagen y memoria. 3. La reconstruction de la vérité par l'image : l'exhumation du passé" organisé par le laboratoire France Méridionale et Espagne (FRAMESPA) et le Réseau interdisciplinaire sur les vérités de l'image hispanique contemporaines (RIVIC). Université Toulouse II-Le Mirail, 7 avril 2014.

Dans le panorama de l’édition espagnole mis en place après la Loi de la
Presse de 1966, l’apparition d’une nouvelle revue dans les kiosques
allait offrir, depuis sa première de couverture, les fragments d’un
passé que l’on n’avait pas montré pendant des décennies. Et elle le
faisait à partir d’images. C’est en décembre 1974 que "Tiempo de historia",
la nouvelle publication promue par José Angel Ezcurra et dirigée par
Eduardo Haro Tecglen, vit le jour et engageant une démarche qui se
prolongerait tout au long de la période de la transition jusqu’à la
démocratie.
C’était une époque où l’action répressive de la
dictature atteignait des degrés semblables à ceux des premières années
du régime et, cependant, selon les secteurs d’opposition avides de
liberté d’expression, on considérait que le moment était arrivé
d’aborder le passé le plus immédiat depuis la perspective de la critique
des fondements mythiques sur lesquels l’histoire officielle avait été
construite. Suivant cet objectif, la revue devait développer une double
modalité de représentation : texte et image, discours et photographie,
dont l’indissociabilité permettrait l’exposition de faits historiques
que l’on pourrait doter de la plus grande véracité. L’efficacité de
l’image ne reposerait pas sur sa visibilité mais sur sa capacité à
exprimer une vérité porteuse d’une valeur historique.
En se basant
sur l’articulation des deux registres qui se croisent, s’interrogent,
mais ne se confondent jamais, est proposée une lecture du passé qui
consiste à montrer et à présentifier ce que la dictature franquiste
avait caché ou rendu invisible. Numéro après numéro, se tisse peu à peu
un récit historique basé sur la récupération de personnages, d’événement
et d’idées contemporaines qui, grâce à la relation que le texte
entretient avec l’image, réussit non seulement à mettre fin à l’omission
ou à la mise au rebut auxquelles le franquisme avait relégué certains
événements du passé mais aussi à révéler la manipulation à laquelle le
pouvoir avait soumis l’écriture de l’histoire. De là à la volonté de
s’opposer à la vérité officielle avec des versions plurielles et des
focalisations différentes, il n’y avait qu’un pas qui serait franchi dès
les premières pages de la publication, qui donnèrent ainsi à l’image
une valeur politique.
Pour réaliser cette étude, nous proposons de
nous baser sur l’analyse des couvertures des 93 numéros mensuels qui
constituent l’ensemble de la collection de Tiempo de Historia.
L’espace de couverture sera pris comme support privilégié pour
l’inclusion de l’image qui, mise au service de la connaissance d’un
passé occulte ou contesté, dévoile les ressorts discursifs sur lesquels
s’appuyait la dictature elle-même.

"La mémoire en chantant", à propos de Canciones para después de una guerra (1971, Basilio Martin Patino) / Jean-Michel Mendiboure

Jean-Michel MENDIBOURE

33min06

« La mémoire en chantant », à propos de Canciones para después de una guerra (1971, Basilio Martín Patiño) / Jean-Michel Mendiboure. In séminaire "Image et mémoire / Imagen y memoria. 3. La reconstruction de la vérité par l'image : l'exhumation du passé" organisé par le laboratoire France Méridionale et Espagne (FRAMESPA) et le Réseau interdisciplinaire sur les vérités de l'image hispanique contemporaines (RIVIC). Université Toulouse II-Le Mirail, 7 avril 2014.
Cette communication se propose de revenir sur un film du réalisateur
espagnol Basilio Martín Patino (1930) qui associe des images
d'actualité de la guerre et de l'après-guerre civile espagnole avec des
chansons de la même époque. En s'appuyant sur quelques-uns des
procédés par lesquels le réalisateur conjugue ces éléments, il s'agira
de voir comment Martín Patino essaie de faire acte de mémoire.

Jorge Semprun et le deuil de la République / Sylvain Dreyer

Sylvain DREYER

30min33

Jorge Semprun et le deuil de la République / Sylvain Dreyer. In séminaire "Image et mémoire / Imagen y memoria. 3. La reconstruction de la vérité par l'image : l'exhumation du passé" organisé par le laboratoire France Méridionale et Espagne (FRAMESPA) et le Réseau interdisciplinaire sur les vérités de l'image hispanique contemporaines (RIVIC). Université Toulouse II-Le Mirail, 7 avril 2014.
« Les anciens combattants m’emmerdent » : cette phrase apparaît dans deux films de Jorge Semprún, La Guerre est finie d’Alain Resnais (1966, scénario de Jorge Semprun) et Les deux mémoires (1972-1974). L’écrivain attend la mort de Franco en 1975 pour évoquer son expérience d’exilé et d’opposant dans un premier texte qui oscille entre roman et autobiographie (Autobiografía de Federico Sánchez (1977). D’autres suivront, en particulier Adieu, vive clarté… (1998), Veinte años y un día (2003) et De l’exil à l’oubli : Camps de réfugiés espagnols en France 1936-1939 (2006). Cependant, dès 1966, en tant que scénariste de fiction puis en tant que documentariste, Semprún s’empare de la mémoire de la guerre civile et de la lutte contre le régime franquiste. Si les deux films "La Guerre est finie" et "Les deux mémoires" partagent la même interrogation historique, le choix de la fiction pour le premier et du documentaire pour le second permet d’examiner la stratégie tant testimoniale qu’esthétique de Semprún. A travers cet examen, nous entendons interroger les choix médiatiques (cinéma et littérature) et linguistiques de l’auteur (présence de l’espagnol et du français), ainsi que ses choix génériques (fiction et documentaire mais aussi régime autobiographique permettant l’énoncé d’une vérité subjective) et les principes historico-politiques qui transparaissent dans ces œuvres et qui, paradoxalement, oscillent entre impératif de la mémoire et nécessité de l’oubli. A travers ces films et ces textes, Semprun semble tenter de dépasser la déploration des « anciens combattants » en jetant un regard neuf sur la dictature, un regard qui permette de penser l’après-Franco.

Insensibles

De Juan Carlos Medina

1h41min07

A la veille de la guerre civile espagnole, un groupe d’enfants insensibles à la douleur est interné dans un hôpital au cœur des Pyrénées. De nos jours, David Martel, brillant neurochirurgien, doit retrouver ses parents biologiques pour procéder à une greffe indispensable à sa survie. Dans cette quête vitale, il va ranimer les fantômes de son pays et se confronter au funeste destin des enfants insensibles. Film interdit aux moins de 16 ans

Le labyrinthe de Pan (VF) El Laberinto del Fauno

De Guillermo del Toro

1h54min01

Espagne, 1944. Fin de la guerre.Carmen, récemment remariée, s'installe avec sa fille Ofélia chez son nouvel époux, le très autoritaire Vidal, capitaine de l'armée franquiste. Alors que la jeune fille se fait difficilement à sa nouvelle vie, elle découvre près de la grande maison familiale un mystérieux labyrinthe. Pan, le gardien des lieux, une étrange créature magique et démoniaque, va lui révéler qu'elle n'est autre que la princesse disparue d'un royaume enchanté. Afin de découvrir la vérité, Ofélia devra accomplir trois dangereuses épreuves, que rien ne l'a préparé à affronter...   Film interdit aux moins de 12 ans