Documents pour «Conflits»

Les mémoires mondialisées de Guernica en Espagne

19min43

Cette conférence a été donnée dans le cadre du colloque Mémoires des massacres au XXe siècle organisé par le Centre de recherche en histoire quantitative (CRHQ) de l'Université de Caen et le Mémorial de Caen
du 22 au 24 novembre 2017. Ont été abordées les différentes
postures/situations mémorielles et leurs enjeux et usages sociaux et
politiques dans les sociétés concernées, notamment chez les anciens
belligérants – déni, négation, oubli, aveu, pardon, concurrence
mémorielle… -, en prenant en compte l’ensemble des protagonistes
(bourreaux, victimes, témoins). Il s’agissait ici de s’attacher aux
seules mémoires des massacres et non aux massacres eux-mêmes, en
privilégiant la perception qu’en ont eu et/ou qu’en ont encore les
sociétés, à travers leurs instances officielles mais sans négliger le
point de vue “d’en bas” et les manifestations populaires qui y sont
liées.
Membre junior de l’Institut
Universitaire de France, Sophie Baby est maîtresse de conférences en histoire
contemporaine à l’Université de Bourgogne Franche-Comté. Spécialiste de l’espace
ibéro-américain aux XXè et XXIè siècles, elle réfléchit aux enjeux portés par
les violences de masse et le terrorisme dans nos sociétés contemporaines. Après
avoir travaillé sur la transition espagnole à la démocratie - son livre, Le mythe de la
transition pacifique. Violence et politique en Espagne (1975-1982), (Casa de Velázquez, 2012) a été traduit en espagnol (chez Akal, à paraître, 2018) - elle embrasse désormais
une perspective comparatiste et globale. Elle a co-dirigé l'ouvrage  Violencia y transiciones políticas a finales del siglo XX. Europa del
Sur-América latina (Casa de Velázquez, 2009) et le numéro spécial  “Material Traces of Mass Death: the Exhumed Object”, Les Cahiers Sirice, 2017 . Dans le cadre d’un programme
franco-britannique (Labex Les passés dans
le présent/AHRC Care for the Future),
elle coordonne un ouvrage numérique sur la gestion des passés autoritaires en
Europe et en Amérique latine. 
Résumé de la communication
De par
sa puissance symbolique, l’héritage de Guernica a suscité depuis des décennies
la convoitise de groupes concurrentiels qui ont cherché à se l’approprier et à
en transformer la signification au gré des évolutions politiques et des usages
publics du passé de la Guerre civile qui se sont succédés. L’objet de cette
communication est de mettre en lumière les projections internationales de la
mise en mémoire de Guernica en Espagne et les jeux d’échelle dans lesquels elle
s’inscrit : de l’échelon local – depuis la ville même de Guernica –, à l’échelon
national en passant par le maillon intermédiaire et essentiel qu’est la Communauté
autonome basque, porteuse de l’interprétation nationaliste du bombardement de
1937. Les mémoires conflictuelles de cet « événement monstre » (Nora)
s’inscrivent également dans un espace mondialisé, dans un premier temps limité à l’Allemagne,
considérée comme l’héritière du régime nazi, avant que les entrepreneurs de
mémoire ne se positionnent dans les scènes transnationales de la lutte contre l’impunité,
de promotion de la paix et de la défense des droits de l’homme. Ainsi, Guernica
a concentré les dynamiques mémorielles qui se sont déployées de par le monde
depuis les années 1970, au service d’enjeux finalement fortement ancrés dans un
territoire, le Pays basque, lui-même conflictuel à l’extrême.

La 1ère Guerre Mondiale 3 parties

Le 20 juin 1914, l’assassinat de l’héritier du trône de l’Empire austro-hongrois à Sarajevo allait ouvrir le bal de l’un des conflits les plus durs du XXème siècle : 9 millions de civils et militaires allaient périr. Le 4 août 1914, les troupes allemandes envahissent la Belgique, pourtant neutre au conflit. Les soldats s'affronteront des Flandres à la Somme, sans oublier le terrible épisode de Verdun. Dix mois de bombardements ne viendront pas à bout du courage des "Poilus", qui seront toutefois 700 000 à trouver la mort. L'aviation et les blindés n'en sont qu'à leurs débuts et il n'est pas rare  de voir pendant cette guerre des massacres à la baïonnette... ou à mains nues. Les troupes, après deux ans d'un terrible combat, sont harassées et l'armée doit faire appel à des hommes de plus en plus jeunes pour faire face à cette hécatombe. L'entrée en guerre des Etats-Unis, qui déplaceront le conflit vers les mers, où ils se savent supérieurs, ainsi que la sophistication accrues des tanks donneront une toute autre configuration au conflit. Le 11 Novembre 1918, la Grande Guerre prenait fin, laissant derrière elle 9 000 000 de cadavres. Et autant de problèmes en suspens.

Premier homme

De Frédéric Fougea

1h32min06

La grande aventure des origines de l'être humain à travers l'histoire d'une seule et même famille, un groupe d'hommes, de femmes et d'enfants dont la caméra partage les épreuves, les drames et les joies tout au long des étapes majeures de l'évolution. Rois de la canopée, les grands singes ont petit à petit quitté la forêt jusqu'à s'aventurer dans la savane, inventant au fur et à mesure des techniques indispensables à leur survie, dont certaines toujours de mise aujourd'hui. Grâce aux techniques de maquillage digital et de post-animation, aux images de synthèse et aux effets scanner, la vie à cette époque très lointaine est reconstituée.

Histoire et conflits de mémoire en Espagne

42min47

A la mort de Franco, en 1975, le régime espagnol a évolué vers une démocratie au cours d'une transition qui a été "pactée" entre le secteur réformiste du régime franquiste et les forces d'opposition, si fait qu'il n'y a pas eu de rupture formelle avec le régime franquiste ni de justice transitionnelle (loi d'Amnistie en 1977). L'histoire espagnole a été, depuis la fin des années 1990, le cadre de fortes mobilisations en faveur  de ce que les espagnoles ont appelé "la récupération de la Mémoire Historique".

A l'occasion de la parution du numéro de la revue XXe siècle (Presses de Sciences Po, 2015), deux historiennes, Charlotte Vorms et Elodie Richard, présentent les effets que ce mouvement mémoriel espagnol a pu avoir sur le travail des historiens ou sur l'histoire européenne des dictatures, et comment, auparavant, la politique mémorielle franquiste a entretenu et aggravé une Mémoire divisée. Le discours public, au cours de la transition démocratique, présentant la guerre civile comme une "guerre fratricide" sur laquelle on ne souhaite pas revenir est également analysé. Les historiennes retracent comment a évolué le regard historique sur la période de la guerre et de la dictature franquiste, quel impact réciproque cela a pu avoir (en terme de lois, d’Amnistie ou de procès) vis à vis des dictatures de l'Amérique du sud.

Chez soi

14min42

Auteurs, réalisateurs : Elodie
Gabillard, Toufic Kreich, Jonathan Renoult

Toufic est libanais. Il vit
en France depuis trois ans. Pourtant, une question le taraude : où est-ce chez
lui ?

Ce programme s’inscrit dans le cadre des Ateliers « Création cinéma documentaire et recherches en sciences humaines » : « Trous de mémoire : regards contemporains sur l'immigration en Normandie » qui ont bénéficié du jumelage d’éducation artistique et culturelle 2015/2016 entre l’Université de Caen Basse-Normandie (programme FRESH MRSH Caen/MSHB Rennes-et Mission culture) et la Maison de l’Image Basse-Normandie, avec le soutien de la DRAC Basse-Normandie, de l’Université Caen Basse-Normandie et de la Région Basse-Normandie.

Édition 2015 - 2016 :  Trous de mémoire : regards contemporains sur l'immigration en Normandie

À l'initiative de la Maison de la Recherche en Sciences Humaines (Université de Caen Normandie) et de la Maison de l'image Basse-Normandie, 12 stagiaires (regroupant jeunes chercheurs et jeunes réalisateurs) ont, tout au long de l'année universitaire, travaillé à la réalisation de quatre portraits documentaires. La réalisatrice Chantal Richard a accompagné l'écriture et la réalisation des films pendant huit mois. Les monteurs Daniela De Felilce et Maxime Letissier ont accompagné les montages.

L’éradication du loup en Franche-Comté et en Lorraine (XVIIIe –XXe siècles)

25min11

Cette communication a été donnée dans le cadre du séminaire du pôle rural de la MRSH, consacré en 2015-2016 aux pouvoirs publics et sociétés rurales. Cyril Guesnon est membre du pôle rural de la MRSH. Après avoir géré le site internet Homme et loup. 2000 ans d’histoire, il boucle une seconde année de master consacrée au grand prédateur. Dans une dynamique d’ampleur nationale, Canis lupus disparaît des écosystèmes français au début du XXe siècle. Depuis des millénaires en concurrence avec les sociétés humaines en prétendant aux mêmes proies qu’elles, les loups sont chassés sans relâche. Leur destruction massive est encouragée par l’État au moyen d’une politique de gratifications accordées pour chaque animal détruit, documents dont les Archives départementales de Franche-Comté et de Lorraine regorgent. L’étude de près de 4000 primes octroyées entre 1775 et 1907 dans ces deux régions permet d’observer les différents aspects d’un phénomène sans équivalent : comment l’homme s’est rendu maître de son espace aux dépens des animaux.

Les derniers loups exterminés en France : 1880-1930

16min07

Cette communication a été donnée dans le cadre du séminaire du pôle rural de la MRSH, consacré en 2015-2016 aux pouvoirs publics et sociétés rurales. Johann Vornières gère le site internet Homme et loup. 2000 ans d’histoire. Il prépare actuellement un Master 1 intitulé Histoire sociale des familles de victimes du loup prédateur en France, du XVIIe au XVIIIe siècle. C’est en 1882 que le loup est véritablement mis au ban de la République par une loi qui accroît considérablement les primes de destruction tout en se donnant les moyens de cette politique publique sécuritaire en instaurant un budget spécifique, à l’échelon national, au sein du Ministère de l’Agriculture. L’élan suscité par cette détermination, qui raccourcit en même temps les délais de règlement des gratifications, stimule les chasseurs et condamne le loup qui devient une espèce en voie de disparition passé 1900. L’intervention proposée entend éclairer les racines, les modalités et les conséquences de ce choix.

7. Géopolitique des énergies renouvelables

Marie-Anne LEFEVRE

12min24

Dans cette vidéo, Marie-Anne Lefèvre revient sur les risques de conflits et de rivalités liés au développement des énergies renouvelables, du local au global.

8. Les énergies renouvelables, source... de conflits

Karine GRIJOL

11min14

Dans cette vidéo, Karine Grijol décrypte l'origine et les modes d'expression des conflits observés dans le cadre du développement de projets d'énergies renouvelables à l'échelle locale. Son propos se focalise tout particulièrement sur les projets d'implantation d'éoliennes.

Table-ronde 3 - Crise de la démocratie (suite)

Marcel GAUCHET

1h18min45

Marcel Gauchet en discussion
Journée organisée par le CESPRA et Associaton des Amis de la Mention Etudes Politiques (AMEP)

À l'occasion de sa dernière année de séminaire à l'EHESS, le CESPRA et
l'AMEP organisent une journée de débat autour de l'œuvre de Marcel
Gauchet et en sa présence. Il s'agit de mettre en perspective ses
principales propositions dans le cadre de trois tables rondes
thématiques : Religion, laïcité, fondamentalismes ; Mutations
anthropologiques de l'individu contemporain ; Crise de la démocratie.
Les interventions viseront autant à éclairer la fécondité des analyses
gauchetiennes qu'à les soumettre à discussion. Marcel Gauchet prendra
ainsi la parole à l'issue de chacune des tables rondes pour répondre aux
questions qui lui auront été posées, avant de prononcer la conférence
de clôture intitulée


Table-ronde 3 - Crise de la démocratie (suite)


modératrice Dominique SCHNAPPER

Jean-Vincent HOLEINDRE - Vers une pacification démocratique ? Sur la guerre

Olivier FERRAND - Quelle crise de la démocratie ?

Stéphane VIBERT - Sur l’éclipse du politique
réponse de Marcel Gauchet et débat avec le public

Amphithéâtre François Furet
105 Bd Raspail
Paris, France (75006)

États de guerre

35min12

Cette communication s'inscrit dans une journée intitulée « De la destruction », consacrée à
l'appréhension des jeux de mémoire spécifiques à la destruction des
villes et des territtoires en tentant de réinscrire l'expérience
bas-normande des bombardements dans la perspective des grands événements
du XXe siècle : Fukushima, Hiroshima, Tchernobyl, la
destruction des villes allemandes. Au-delà du discours convenu qui a
fait office de grand récit depuis 70 ans (le la « libération » à la
« recontruction »), il s'agit de questionner les traces, mémoires et
cicatrices propres aux catastrophes et aux grands événements collectifs, à travers la perspective historique bien entendu, mais
aussi la voie sensible explorée par l'art, le 7e du nom en particulier : le cinéma.

Claire Angelini utilise l’installation, le cinéma, la
photographie et le dessin pour explorer les rapports entre l’art, la
politique et l’histoire sous les espèces de la trace, la ruine, la
réminiscence et la survivance des images. Son travail se situe à la
conjonction d'un récit historique et des lieux contemporains. À Munich, elle a fondé le Laboratorium Geschichte pour répondre à la commande publique
dans un contexte de pédagogie artistique où elle a produit en
collaboration entre 2001 et 2005, des projets d’installations et des
livres d’artiste.
Il ne s'agit pas, pour Claire Angelini, de produire dans ce colloque un discours sur la destruction, mais bien d'éclairer par son travail d'artiste les questionnements  posés, tout en présentant un certain nombre de matériaux possibles pour y répondre.

EGO 39-45 : Mémoire de la Seconde Guerre mondiale en France

59min51

Présentation de Françoise PASSERA, historienne au CRHQ, UMR 6583, UNICAEN, chargée de la coordination technique du projet “EGO 39-45” pour le CNRS

 La base de données « Écrits de Guerre et d’Occupation » (EGO
1939-1945) est destinée à recenser de façon exhaustive l’ensemble des
témoignages, récits, carnets, journaux intimes et mémoires, concernant
la France et les Français durant la Seconde Guerre mondiale, publiés de
1939 jusqu’à nos jours. EGO 1939-1945 a ainsi vocation à être un outil
au service du public et des chercheurs. Qu’il s’agisse de trouver une
information précise ou d’établir des corpus, il offre la possibilité de
repérer et de regrouper les témoignages en fonction du statut des
auteurs (soldat, prisonnier de guerre, résistant, interné, déporté,
etc.), de leur profession (écrivain, journaliste, homme politique,
etc.), du genre littéraire (récit, journal ou carnet, conférence,
poésie, etc.) ou encore des thématiques principales (opérations
militaires, déportation, persécution raciale, captivité, etc.).
Actuellement en cours de constitution, elle rassemblera à terme les
notices bibliographiques de quelque 7 000 récits.

http://www.ego.1939-1945.crhq.cnrs.fr