Documents pour «Rumeur»

Sacrilège

De Christophe M. Saber

14min29

Saoud est le roi de son quartier à Saint Etienne. Une rumeur fait surface : il aurait volé de l'argent dans la caisse de la Mosquée. Saoud doit faire face à de violentes accusations qui le mèneront à la chute et à l'exil.

Le rouge et le noir 2 parties

Au XVIIIe siècle à Besançon se déroule le procès de Julien Sorel, inculpé pour tentative de meurtre envers Madame de Rénal. En attendant le verdict, Julien revit son passé : simple fils de charpentier, sa volonté de s'élever socialement le conduit à devenir précepteur des enfants de monsieur de Rénal. Après avoir séduit sa femme, il s'éloigne de la famille pour mettre un terme aux rumeurs  et s'entiche de Mathilde, la fille du Marquis de la Mole. Madame de Rénal, rongée par les remords et la jalousie adresse une lettre d'aveux au marquis afin de révéler la liaison passé de son futur gendre...

Goût bacon

Emma Benestan

12min45

À la suite d’une rumeur lancée à cause de la diffusion d’un snapchat au contenu ambigu, deux amis, Bilal et Adil, se mettent en quête de filles pour sauver leur réputation. Mais le chemin est loin d'être celui qu'ils avaient imaginé.

Parrain mais pas trop How to beat a bully

De Doug Bilitch

1h23min39

Cory, petit nouveau, est immédiatement la cible des tyrans de l'école. Ne se sentant pas vraiment capable de s'imposer par la force, le garçon a l'idée de faire courir une rumeur sur son père.

En disant que ce dernier est un tueur à gages à la solde de la mafia, il parvient efficacement à effrayer les autres élèves. Mais il ne se doute pas que la rumeur circule et parvient aux oreilles des véritables truands de la ville... C'est donc son père qui risque maintenant d'avoir des ennuis.

Man kann nicht alles auf einmal tun, aber man kann alles auf einmal lassen

Marie-Elsa Sgualdo

15min26

Tout commença sur un canapé.

Il la regarda enlever ses vêtements et ils firent l’amour pour la première fois.

Le Démon s'éveille la nuit Clash by Night

De Fritz Lang

1h40min26

Après dix ans d'absence, Mae Doyle revient dans sa ville natale. Elle se marie avec Jerry, un marin-pêcheur, qu'elle trompe avec le troublant Earl.

Chronique pygmées Bakoya, Gabon, avril 2006

Alain EPELBOIN

1h27min49

Chronique des Pygmées Bakoya, Gabon avril 2006 : 1- Imbong 2- dix leçons d'ethnomusicologie, 3 Angetse Etienne, chanteur & musicien bakoya de harpe-cithare
37 scènes

1- Imbong

2- Au quartier bakoya de Zoula Sylvie Lebomin, ethnomusicologue, enregistre et analyse 10 pièces musicales bakoya en faisant jouer simultanément et/ou successivement les musiciens et les chanteuses.

3- Huit chansons d'Angetse Etienne, chanteur et musicien bakoya d'enye (harpe cithare) à Mékambo. Il est accompagné pour une pièce par Louis Joseph Ambese.

Petit récital improvisé à la demande de Sylvie Lebomin, ethnomusicologue en présence de Denis Mimbaye.
Chapitres :
00 1 Imbong, avril 2006  35 mn
Acteurs par ordre d'apparition

Ambèse Louis Joseph

Mimbaye Denis, chef de village

Moulili Jean de Dieu, préfet

Angetse Etienne, joueur d'enyele

Lebomin Sylvie, ethnomusicologue

Toum Bernard

Mbouaza Ginère, évangéliste

Bokani Gilles, chef de village

Epelboin Alain, médecin anthropologue

01 traitement de la première dent de lait des enfants bakoya  2 mn 07

Installé dans le "corps de garde" du village Imbong, Louis Joseph Ambèse raconte que lorsque l'enfant bakoya perd sa dent de lait, il doit la donner au "lézard" (indet), afin qu'il la remplace par une belle dent.

02 sortie des Pygmées de la forêt dans les années 1934-36  13 mn 59s

Denis Mimbaye, chef bakoya du village Imbong, raconte comment, au début de la colonisation, ses aïeux Pygmées ont noué leurs premiers rapports avec les Européens, leur fournissant, notamment, des gibiers entiers, non découpés.

Il évoque en particulier le lieutenant Thomas qui dirigeait la région en 1933-1936. Celui ci, favorable aux Pygmées, gagne leur confiance à l'occasion du règlement d'une rébellion provoquée par des injustices exercées par un chef de village nommé par l'administration.

C'est à la suite de cette affaire que les Pygmées du secteur d'Imbong, décidèrent de quitter leurs campement isolés en forêt, pour s'installer au bord de la route que venait d'ouvrir ce même lieutenant Thomas

03 administration de Mékambo de 1924 à 2006  1 mn 48s

À la sous-préfecture de Mékambo, Moulili Jean de Dieu, le sous-préfet, commente le grand panneau érigé dans l'entrée "liste nominative du personnel de commandement ayant servi dans le département de la Zadié Mékambo" depuis 1924. On y retrouve la trace du Lieutenant Thomas (1933 1936), dont le rôle fut important dans la percée des routes et dans la construction d'une alliance avec les Pygmées Bakoya : c'est celle ci qui les amena à cette époque "à sortir de la forêt" et à s'installer le long de la piste, récemment rendue carrossable.

J.D. Moulili rapelle comment autrefois les avions qui reliaient le Congo au Gabon, faisaient escale à Mékambo qui'était également une étape importante sur la route du Congo.

Moulili Jean de Dieu, préfet de Mékambo depuis 2005, face à la caméra : - Comme on est proche de la République du Congo, la grande voie, c’était, qui reliait le Congo à Makokou, je crois, Makokou, Eboué d’ailleurs qui était la première capitale provinciale : et bien, la voie passait par ici. C’était un passage obligé.Et même les avions qui partaient de Libreville ou Woleu-Ntem, avant que ça n’atterrisse à Brazzaville, ils faisaient escale ici. Vous avez vu la petite piste d’atterrissage.La première voiture qui serait partie du Congo était passée par ici. Ce sont les gens de Mékambo qui l’auraient vu. C’était quand même un spectacle ! Avant ceux de Makokou !Le propos est interrompu par une voix en français, forte et tendue de vieille femme en colère. Elle est habillée de vêtements propres et délavés, mouchoir de tête noir et jaune brillant, assorti au trop grand polo masculin jaune pâli, avec sur le visage des restes blancs de masque facial au kaolin, en particulier sur son « gros » nez. Une malade mentale que les employés de la préfecture ont l’habitude de voir fréquenter les bureaux, serinant les mêmes litanies. En fait, une ancienne employée qui est devenue folle à la suite de diverses infortunes. Filmiquement, une rupture explosive du propos d’un très haut fonctionnaire, comme par un esprit ancien, hantant sans cesse les lieux de son passé.
L’ancienne employée de bureau : - Voilà le premier état civil pour moi à Mékambo ! Veut-elle dire qu’elle a été une des premières à être enregistrée à l’état civil ou à tenir le bureau de l’état civil ? Signifie-t-elle que sa famille et/ou elle même a été en contact très tôt avec l’administration au pouvoir, et qu’elle a eu un statut social élevé, désormais détruit ?
Alain : - Quelle année ?
Période coloniale ou après l’indépendance ? Elle poursuit son propos sans prêter attention à la question. Elle n’a pas l’air si âgée, 60, 70 ans : donc on pourrait prendre comme hypothèse qu’elle est née dans les années 1930, 1940. Elle aurait eu 20 ans entre 1950 et 1960 ? En fin d’administration coloniale ou au contraire lors de la mise en place de l’administration gabonaise ?

- Moi qui étais premier (employé) état civil, ici à le bureau à Mékambo, avec le vieux là !

Elle montre un vieillard à proximité, hors caméra. La fourchette d’âge s’élargit jusqu’à 80 ans, et la fiabilité du propos, quant à un ancien emploi de bureau exercé ici se confirme. Elle a, dans un premier temps, bénéficié de l’ascenseur social construit sur la scolarisation, l’apprentissage du français et de l’écriture.

L'air, il fait moi comme ça (geste d’essuyage de la sueur du front), comme je n'ai pas de voiture !

L’air ! Attention, c’est vraisemblablement un mot très polysémique. Le geste d’essuyage de la sueur sur le front, morphème non-verbal transculturel africain bien connu, désigne le travail physique, mais aussi l’excès de dépense d’énergie, et donc aussi la notion de fatigue au sens aussi bien physiologique que pathologique.

Ici, on entend air au sens d’exposition au aléas du climat, que ce soit dans les bureaux surchauffés ou lors de déplacements à pied. Employée de bureau, c’est-à-dire un statut social important du point de vue de la société dont elle est originaire, mais négligeable du point de vue de la hiérarchie administrative. Elle n’avait pas un rang lui permettant de disposer d’un véhicule et elle avait de grandes distances à parcourir, non seulement pour venir au travail, mais également pour mener à bien ses autres activités, familiales, agricoles, voire commerciales.

L'air, il volait pour moi de l'argent ! 

Les dures conditions écologiques lui coûtaient beaucoup ? « Air » est à prendre au sens écologique, mais aussi surnaturel : vents ou souffles porteurs des agressions maléfiques d’esprits, de jaloux, d’envieux, d’ingrats, de méchants !

L'air ! Il gaspillait les enfants pour moi !

Il rendait ses enfants malades ? Il a détourné ses enfants de leur mère ?

L'air, il gaspillait moi !

Cet air a fini par altérer sa réussite sociale.

Je dors dans le par terre !

S’agit-il de dormir par terre, parce que sa ruine est-elle qu’elle ne dispose même plus de lit chez elle et qu’elle est obligée de dormir sur une natte. Ce peut être une réalité concrète ou une expression archétypale de la misère d’une femme âgée, délaissée, veuve ou divorcée, et de plus abandonnée par ses enfants ! 

Autre hypothèse, elle n’a pas de domicile fixe et est amenée à dormir n’importe où, parfois sans natte, à même le sol, comme beaucoup de malades mentaux, délaissés par leurs familles impuissantes à juguler la folie.

C'est premier (e) à le bureau là, l'année du boulot, moi de l'argent !

Il faudrait reprendre l’histoire de l’administration de Mékambo pour identifier son statut véritable et savoir si elle a été effectivement embauchée la première ! Peu importe ! Elle exprime une réussite sociale ancienne et une ruine actuelle.

Tous les jours à le boulot, le village, c'était en courant !

Je viens pour trouver moi le boulot !

Ici, elle reprend ce qu’elle indiquait antérieurement par le geste d’essuyage de la sueur sur le front, à savoir qu’elle était une femme active, gérant de nombreuses activités, « en courant ». Et que sa réussite était le fait de son propre mérite.

Une histoire « ordinaire » d’une personne qui a pris l’ascenseur de la réussite sociale de la modernité, mais qui s’est brisée dans le piège tendu, un miroir aux alouettes : et qui tend elle aussi un miroir dans lequel on craint de retrouver son propre reflet, passé ou à venir. 

Un bouffon, une griotte, qui dit des « vérités » aux puissants sans pouvoir être puni. Une vieille femme dangereuse, au malheur potentiellement « contaminant », qui révèle les non-dits, les désirs, les inconscients individuels et collectifs.

Est-ce en tant que ce qu’elle était qu’elle est tolérée en ces lieux officiels ? À cause de la présence du témoin étranger ? En raison de la dangerosité des paroles de malédiction d’une vieille femme ?

Ou, comme les Pygmées, du fait de sa proximité avec les êtres du monde non visible au commun des mortels ?

04 Représentation de la maladie Ebola chez les Bakoya  4 mn 27s

voir séquence 9 mn : http://www.canal-u.tv/video/smm/chronique_pygmees_bakoya_de_mekambo_gabon_avril_2006_representation_des_epidemies_de_maladie_a_virus_ebola_de_2001_2002.16144

À la suite d'une épizootie ayant décimé les gorilles, en 2001-2002, une épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola, sous-type Zaïre, se propageant jusqu'à Kéllé au Congo, a terrifié la population de la région de Mékambo, tuant notamment quelques Pygmées Bakoya.

Qu'en reste-t-il dans les mémoires ?

À la sous-préfecture de Mékambo, deux affiches sont exposées dans le hall : l'une d'un parc national avec des têtes de gorilles en très gros plan, l'autre consacrée à Ebola et indiquant les mesures et comportements à prendre, pour éviter de se contaminer.

Angeste Étienne, chanteur et joueur réputé de harpe cithare enye interprête à son domicile la chanson sur Ebola qu'il a inventé lors de l'épidémie.

" Les jeunes filles ! Gardez le corps ! Ebola arrive !". traduisent Toum Bernard et

Mbouaza Ginère, évangéliste, tous deux originaires d'Imbong. Ils rappellent l'horreur qui les a saisi

Toum Bernard : -Pour moi c'était la première fois d'entendre parler d'Ebola et c'était aussi pour moi très horrible. de voir comment les médecins manipulaient les corps.

Là nous les parents ! Non ! Les parents des décédés ! Non, non, non ! Ils n'avaient plus le pouvoir, de manipuler les corps.

Mbouaza Ginère, évangéliste : - Comment se fait il que c'est une épidémie. Et puis en prenant, quand le corps meurt, il faut absolument que les parents puissent voir comment, à enterrer le corps.

Mais ce qui était horrible, c'était pourquoi ? C'était parce que, quand la personne trouve la mort, au lieu que c'est les parents qui prennent le corps, ce sont les médecins eux-même qui prennent le corps. Et des fois, d'autres corps ont disparu !

Toum Bernard : - Mais leur cimetière (tombe) , on ne connait pas. On ne connait pas où se trouvent de ces corps là aujourd'hui.

Mbouaza Ginère, évangéliste : - Après un moment donné, les familles qui ont perdu les parents ont été satisfaits par l'argent.

Donc il a fallu que l'état gabonais pense aux familles qui ont perdu les parents pour leur donner de l'argent... déja sur canal u

Acteurs par ordre d'apparition :

Angetse Etienne, joueur d'enyele

Lebomin Sylvie, ethnomusicologue

Toumoro Bernard

Mbouaza Ginère, évangéliste

Epelboin Alain, médecin anthropologue

Caméra-son- réalisation :

Epelboin Alain

05 iboga 5 mn

06 remerciements 7 mn 17s




00 2 dix leçons d'ethnomusicologie  32 mn18

Au quartier bakoya de Zoula Sylvie Lebomin, ethnomusicologue, enregistre et analyse 10 pièces musicales bakoya en faisant jouer simultanément et/ou successivement les musiciens et les chanteuses.

Etaba Madeleine, chanteuse

Ambili Florence, chanteuse

Maboa Thérèse, chanteuse

Aboul Jonas, percussion

Mwango Mathias, joueur d'abele

Ipatima Stanislas joueur de ndumu

Mindem Jean-Rémy, joueur de ngom

07 1 Chant du Mongala 8 mn 7s

Après un essai destiné à expliquer la procédure de l'enregistrement aux musiciens, exécution d'un premier chant de Mongala où chaque intervention est enregistrée en référence avec celle qui la précède. Le Mongala est un culte initiatique centré sur la gemmellité que l'on retrouve sur une grande frange est du territoire gabonais.

07 2 Chant du culte Issembu 3 mn 28

Enregistrement analytique d'un chant du culte Issembu réservé aux femmes. Comme pour le Mongala, ce culte se retrouve dans les populations de toute la frange est du territoire gabonais sous différentes appellations (Lissembu; Lissimbi; Lessimbu).

07 3 Chant et fabrication de panier 2 mn 28

Pendant les enregistrements, un homme continue à tresser son panier, vraisemblablement de l'ethnie Kwélé au regard du type de maille utilisé.

07 4 chant par deux femmes 57 s

Cet enregistrement permet d'entendre la complémentarité des voix et des registres utilisés par les deux femmes.

07 5 chant de Ngodja 3 mn 54s

Chant de Ngodja accompagné particulièrement par la poutre frappée et le baguettes entrechoquées. Ces deux éléments rythmiques permettent d'entendre la suprposition d'un rythme binaire et d'un rythme ternaire.

07 ethnomusicologie 6  3 mn 35s

07 7 chant du culte Mbumba  3 mn

Chant du culte de divination Mbumba. Au bout de quelques temps, Florence, la chanteuse principale, introduit la technique de chant du yodel qu'elle dit avoir emprunté aux Pygmées Baka, installés dans la région de Minvoul, mais qui descendent parfois jusque dans l'Ogooué-Ivindo pour la chasse.

07 8 chant du répertoire Abwema  3 mn 48s

Enregistrement d'un chant du répertoire Abwéma.

07 9 Bébé en musique  1 mn 36

Les bébés participent à l'activité musicale dès leur plus jeune âge. Dans un premier temps de façon passive, du seul fait de leur présence dans les bras des femmes. Ils acquièrent ainsi les rythmes corporels de base.




00 3 Angetse Etienne, chanteur & musicien bakoya de harpe-cithare 18 mn 25

Huit chansons d'Angetse Etienne, chanteur et musicien bakoya d'enye (harpe cithare) à Mékambo. Il est accompagné pour une pièce par Louis Joseph Ambese.

Petit récital improvisé à la demande de Sylvie Lebomin, ethnomusicologue en présence de Denis Mimbaye.

08 01 harpe cithare 2 mn 47

La harpe cithare joué ici par un musicien bakoya est vraisemblablement d'origine Kwélé où elle sert à accompagner le chant d'une épopée, dans un style proche du Mvet fang.

Cet instrument de très gande longueur est fait en bambou de Chine avec des cordes directement prélevèes sur la canne de Bambou. L'instrument est dit alors idiocorde.

08 02 harpe cithare et corbeille 2 mn 15s

Pendant que la femme du musicien continue de tresser sa corbeille, celui-ci continue d'improviser des paroles. L'énorme marmite placée sous l'instrument sert d'amplificateur.

Le rythme pointé utilisé dans le jeu de l'instrument semble spécifique au jeu de la harpe-cithare à traves différentes populations d' Afrique centrale.

08 03 harpe cithare 1 mn 16

08 04 harpe cithare 1 mn 16s

Les deux mains du musicien, disposées de part et d'autre du chevalet, jouent alternativement. Il y a de fait peu de polyphonie bien que l'instrument en possède le potentiel.

08 05 harpe cithare 1 mn 47s

08 06 harpe cithare 53 s

08 07 harpe cithare 4 mn 19s

Un des accompagnateurs de l'équipe, Joseph Ambese, chante en duo avec le musicien principal qui de ce fait retrouve une source d'inspiration.

08 08 harpe cithare 2 mn 30s

09 générique 40 s

Chronique pygmées Bakoya de Mékambo, Gabon, avril 2006 : représentation des épidémies de maladie à virus Ebola de 2001-2002

Alain EPELBOIN

08min21

Que reste-t-il dans les mémoires en 2006 de l'épidémie d'Ebola de 2001-2002 à Mékambo au gabon ? En particulier chez les Bakoya, Pygmées, peuple autochtone de la région dont les chasseurs sont réputés
À la sous-préfecture de Mékambo, deux affiches sont exposées dans le hall : l'une d'un parc national avec des têtes de gorilles en très gros plan, l'autre consacrée à Ebola et indiquant les mesures et comportements à prendre, pour éviter de se contaminer.

Angeste Étienne, chanteur et joueur réputé de harpe cithare enye interprête à son domicile la chanson sur Ebola qu'il a inventé lors de l'épidémie.

" Les jeunes filles ! Gardez le corps ! Ebola arrive !". traduisent Toum Bernard et Mbouaza Ginère, évangéliste, tous deux originaires d'Imbong. Ils rappellent l'horreur qui les a saisis.

Toum Bernard : -Pour moi c'était la première fois d'entendre parler d'Ebola et c'était aussi pour moi très horrible. de voir comment les médecins manipulaient les corps.

Là nous les parents ! Non ! Les parents des décédés ! Non, non, non ! Ils n'avaient plus le pouvoir, de manipuler les corps.

Mbouaza Ginère, évangéliste : - Comment se fait il que c'est une épidémie. Et puis en prenant, quand le corps meurt, il faut absolument que les parents puissent voir comment, à enterrer le corps.

Mais ce qui était horrible, c'était pourquoi ? C'était parce que, quand la personne trouve la mort, au lieu que c'est les parents qui prennent le corps, ce sont les médecins eux-même qui prennent le corps. Et des fois, d'autres corps ont disparu !

Toum Bernard : - Mais leur cimetière (tombe) , on ne connait pas. On ne connait pas où se trouvent de ces corps là aujourd'hui.

Mbouaza Ginère, évangéliste : - Après un momet donné, les familles qui ont perdu les parents ont été satisfaits par l'argent.

Donc il a fallu que l'état gabonais pense aux familles qui ont perdu les parents pour leur donner de l'argent...


Acteurs par ordre d'apparition :

Angetse Etienne, joueur d'enyele

Lebomin Sylvie, ethnomusicologue

Toumoro Bernard

Mbouaza Ginère, évangéliste

Epelboin Alain, médecin anthropologue
Caméra-son- réalisation :
Epelboin Alain

La propagande - Michel-Louis Rouquette

Michel-Louis ROUQUETTE

42min12

Une conférence de l'UTLS au Lycée
La propagande par Michel-Louis Rouquette, professeur de psychologie sociale
Lycée Jean Monnet (33 Blanquefort)

Rumeurs et théories du complot

Sylvain DELOUVÉE

1h49min53

Lauréat du prix spécial du jury du Festival du Film Universitaire Pédagogique 2012 (FFUP).
Ce cours est consacré au phénomène des rumeurs. Il s'agit de l'un des meilleurs exemples du fonctionnement de la pensée sociale. Une ouverture finale est réalisée sur le succès actuel des théories du complot.
Ce cours est environné par un accompagnement pédagogique pour les étudiants en licence 3 de psychologie du Service Universitaire d'Enseignement à Distance (SUED) de l'université Rennes 2.

Les cheveux de ma mère

Marie Halopeau

20min06

A la Libération, le petit Jean et sa mère Catherine voient leurs vies basculer parce que Pierre, le père, a choisi d'humilier sa femme face à ses enfants et ses voisins pour la punir d'une rumeur hostile.

La bête des Vosges

De Robin Hunzinger

52min26

Dans les Vosges, en 1977, une bête non identifiée s’attaque aux troupeaux et les massacre. Les médias d’alors l’appellent : La Bête des Vosges. Pourquoi et comment un fait-divers banal est-il devenu un incroyable conte moderne ? Pour le comprendre, le narrateur organise sa traque à lui, une sorte de battue avec de multiples moyens, les siens : filmiques. Très vite il fait face à la rumeur. La Bête devient, pour certains, le prétexte d’exprimer au grand jour leurs envies, leurs jalousies les plus profondes. Les vieilles haines humaines en profitent. Elles remontent de leur fond obscur. Elles s’hybrident avec la Bête.