Documents pour «historiographie»

Histoire et conflits de mémoire en Espagne

42min47

A la mort de Franco, en 1975, le régime espagnol a évolué vers une démocratie au cours d'une transition qui a été "pactée" entre le secteur réformiste du régime franquiste et les forces d'opposition, si fait qu'il n'y a pas eu de rupture formelle avec le régime franquiste ni de justice transitionnelle (loi d'Amnistie en 1977). L'histoire espagnole a été, depuis la fin des années 1990, le cadre de fortes mobilisations en faveur  de ce que les espagnoles ont appelé "la récupération de la Mémoire Historique".

A l'occasion de la parution du numéro de la revue XXe siècle (Presses de Sciences Po, 2015), deux historiennes, Charlotte Vorms et Elodie Richard, présentent les effets que ce mouvement mémoriel espagnol a pu avoir sur le travail des historiens ou sur l'histoire européenne des dictatures, et comment, auparavant, la politique mémorielle franquiste a entretenu et aggravé une Mémoire divisée. Le discours public, au cours de la transition démocratique, présentant la guerre civile comme une "guerre fratricide" sur laquelle on ne souhaite pas revenir est également analysé. Les historiennes retracent comment a évolué le regard historique sur la période de la guerre et de la dictature franquiste, quel impact réciproque cela a pu avoir (en terme de lois, d’Amnistie ou de procès) vis à vis des dictatures de l'Amérique du sud.

Violences révolutionnaires

Etienne ANHEIM

1h48min51

L’inauguration, au mois de décembre 2015, d’un nouveau parcours de visite de la Conciergerie, réalisé en collaboration avec un comité scientifique d’historiens spécialistes de la Révolution française, a permis de rappeler les enjeux de l’historicisation des formes de violence dans la France de la fin du XVIIIe siècle. Le débat organisé à la suite de la parution du dossier « Violences révolutionnaires » qui ouvre le numéro 2-2016 des Annales s’inscrit dans ce prolongement. Ce dossier cherche à mettre en perspective les pratiques de la violence grâce à une étude de leur contexte politique mais aussi social et religieux. En confrontant une approche historiographique et une étude de cas, il permettra d’ouvrir une large discussion collective sur la pluralité de la notion de « violence » et sa place dans l’interprétation historique de l’épisode révolutionnaire. annales.ehess.fr

Géographies de la Première Guerre mondiale

Chloé DRIEU

1h55min42

L’histoire de la Première Guerre mondiale a longtemps été écrite depuis un point de vue unique, celui du front de l’Europe de l’Ouest. Le centenaire de la Grande Guerre a cependant bien mis en lumière la vivacité d’un débat historiographique international qui témoigne du profond renouveau des approches et des méthodes. Le dossier publié dans le numéro 1-2016 des Annales s’inscrit dans cette perspective. Il tente de mettre en évidence les enjeux mondiaux de la guerre et de montrer comment le décentrement des points de vue, par rapport au théâtre européen, permet d’écrire une nouvelle histoire de la guerre, attentive à l’environnement, à la culture de guerre ou aux jeux d’échelle. Ce sont les frontières mêmes de la guerre, dans les différents sens du terme, qui seront finalement l’objet de la discussion, pour parvenir à mieux mesurer l’impact global de cet événement, très au-delà des champs de bataille. Pour en savoir plus : annales.ehess.fr

La longue durée en débat

Gabriel GALVEZ-BEHAR

1h56min00

La notion de « longue durée », qui a donné son titre à un célèbre article de Fernand Braudel publié dans les Annales en 1958, vient d’être l’objet de nouvelles propositions historiographiques formulées par David Armitage et Jo Guldi dans leur contribution au dernier numéro des Annales et dans un ouvrage intitulé The History Manifesto. Les deux auteurs regrettent l’abandon des études de longue durée par les historiens. Ils plaident pour un retour à ces approches, qui s’appuierait sur les nouvelles techniques de traitement des données massives (big data) et sur l’ambition d’un rôle nouveau à jouer dans l’expertise politique. Ce faisant, ils ont lancé un débat international dont les Annales se sont fait l’écho. Cette rencontre sera l’occasion de revenir sur les différentes dimensions de cette controverse qui met en jeu à la fois les méthodes scientifiques et la fonction sociale de l’historien, et d’en mesurer la portée. En savoir plus

Antisémitisme et histoire

Marie DEJOUX

1h52min52

Des persécutions médiévales à la Shoah, l’antisémitisme semble traverser l’histoire. Il peut susciter deux choix opposés qui sont aussi des renoncements parallèles, celui d’abolir l’histoire en conférant à cet antisémitisme une essence éternelle et celui de le dissoudre dans une historicisation radicale. Le dossier proposé par les Annales essaie de montrer que, face à cette alternative, l’histoire et les sciences sociales ne sont pas tout à fait démunies. En éclairant des objets aussi différents que la politique de Louis IX envers les juifs au XIIIe siècle, le rapport historiographique entre les notions d’antisémitisme et d’antijudaïsme ou le mouvement antisémite dans l’Allemagne de la fin du XIXe siècle, les auteurs réunis ont cherché à poser des problèmes qui concernent non seulement l’antisémitisme, mais aussi l’histoire générale, et qui seront au centre du débat. Voir le parcours historiographique proposé sur notre site

Atelier 5. Réception - Cinquièmes Rencontres de la galerie Colbert

1h30min46

5. Réception

- Salle Benjamin -


Responsable
: Carmen Decu Teodorescu
(université de Paris-Sorbonne et université de Genève)




Caroline Vrand (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne / BnF, Dép. des
Estampes et de la photographie)

Charles VIII et la renaissance des collections
royales de tapisseries à la fin du XVème siècle

La Dame à la Licorne est
tissée à une époque de plein épanouissement de la tapisserie historiée. De
façon significative, l’étude de la commande artistique de Charles VIII, roi de
France de 1483 à 1498, met au jour un goût prononcé pour cet art. Bien qu’il
soit difficile de savoir si le roi a fait appel, dans ce domaine, au Maître des
Très Petites Heures d’Anne de Bretagne, peintre à qui sont attribués les
cartons de La Dame à Licorne et qu’il sollicita pour le vitrail de la rose de
la Sainte-Chapelle, il apparaît bien que Charles VIII s’est efforcé d’acquérir
un grand nombre de riches tentures pour renforcer l’éclat des collections
royales françaises à l’aube de la Renaissance.




Lilie Fauriac (Université Paris
I Panthéon-Sorbonne / HiCSA)

Réception et réinventions de la Dame à la Licorne
dans la deuxième moitié du XIXème siècle : Gustave Moreau (1826-1898) et
son programme symbolique.

Gustave Moreau
participa tout au long de sa carrière à la résurrection de la période
médiévale. La redécouverte de la Dame à
la Licorne au musée de Cluny dans les années 1880 fut assurément un instant
déclencheur. Rejoignant à la fois son goût pour le Moyen Age et ses
inclinations décoratives qu’il étudie dans les grammaires ornementales de sa
bibliothèque, le travail sur cette tapisserie est pour lui un prétexte à
l’élaboration symbolique du monde médiéval. Si cette réinvention conserve le
sens du mystère onirique, cher à l’artiste, Moreau célèbre avant tout, à
rebours de son temps, l’esthétique artisanale médiévale au point d’en
multiplier les productions.





Jean-Marc
Elsholz (Université
Paris 1 Panthéon-Sorbonne / HiCSA)

La tenture de la dame à la licorne : un objet
d'histoire de l'"art... et d'essais". Apports historiographiques
d'expériences artistiques contemporaines autour d’une œuvre médiévale.

La splendide visualité et les apories de la tenture,
œuvre célèbre et singulière, familière mais énigmatique, ont stimulé à la fois
reprises artistiques et recherches des médiévistes. Elle s’avère ainsi objet
privilégié pour une expérimentation croisée. Nous étudierons comment l’usage
heuristique de concepts et techniques de l’art le plus contemporain
(installation, scénographie, sensorialisme, immersion, uchronisme,
performativité…) renouvelle l’abord de cette œuvre médiévale.

L’homme public

A. BURGUIERE

1h31min53

Table-ronde

Modérateur : Emmanuel Laurentin, France Culture

Le Goff en livres : Pierre Nora, Éditions Gallimard

Les Lundis de l’Histoire : Michelle Perrot, Université Denis-Diderot, Paris 7

Les Annales de Jacques Le Goff : André Burguière, École des hautes études en sciences sociales

Les engagements polonais de Jacques Le Goff : Krzysztof Pomian, Centre national de la recherche scientifique

Jacques Le Goff en séminaire à la RATP : Édith Heurgon, Centre culturel international de Cerisy

Vues de l'étranger : le rayonnement de l'œuvre

Pierre MONNET

1h32min57

Table-ronde 
Modérateur : Didier Lett, Université Denis Diderot, Paris 7

Le Moyen Âge de Jacques Le Goff en Italie : Carla Casagrande, Université de Pavie
Jacques Le Goff en Pologne, « c’est-à-dire nulle part » : Jurek Pysiak, Université de Varsovie
Jacques Le Goff en Hongrie : Gábor Klaniczay, Central European University, Budapest
Jacques Le Goff et l'Allemagne, Jacques Le Goff en Allemagne : Pierre Monnet, École des hautes études en sciences sociales
Jacques Le Goff chez les médiévistes de langue anglaise : Patrick Geary, Institute for Advanced Study, Princeton


Intervention enregistrée
Les illustrations des traductions européennes de L'Europe expliquée aux jeunes : Bernhard Jussen, Goethe Universität, Francfort/Main

Le médiéviste

Christiane KLAPISCH-ZUBER

1h26min19

Table-ronde 

Modérateur : Patrick Boucheron, Université Panthéon-Sorbonne, Paris 1
Les premiers séminaires de Jacques Le Goff : Christiane Klapisch-Zuber, École des hautes études en sciences sociales
L’imaginaire est une réalité : Michel Pastoureau, École pratique des hautes études (IVe section)
Jacques Le Goff et l'expérimentation en histoire : Alain Boureau, École des hautes études en sciences sociales
Jacques Le Goff, historien du temps : Sylvain Piron, École des hautes études en sciences sociales
Jacques Le Goff et le rêve de l'histoire totale : Étienne Anheim, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines




Témoignages filmés
Jacques Le Goff dicte ses livres : Christine Bonnefoy, École des hautes études en sciences sociales
La correspondance de Jacques Le Goff : Aurélien Gros, École des hautes études en sciences sociale

Le « moment Le Goff » : histoire et sciences sociales

Jacques REVEL

53min55

Table-ronde 

Modérateur : François Hartog, École des hautes études en sciences sociales




Jacques Le Goff, le plus historien des historiens : Alain Touraine, École des hautes études en sciences sociales

Jacques Le Goff : une histoire anthropologique : Marc Augé, École des hautes études en sciences sociales
Les temps de l’historien : Jacques Revel, École des hautes études en sciences sociales

Tout peut faire source : Jean-Claude Schmitt, École des hautes études en sciences sociales 

“Writing the History of North America from Indian Country. The View from the North-Central Plains, 1800-1870”

17min22

Raymond J. DeMallie, Indiana University,
and Gilles Havard, CNRS, CENA/Mondes Américains

Mémoires collectives en Turquie

Bülent Bilmez

24min54

IFEA
& Tarih Vakfı











Rencontres
d’historiens : Les enjeux de l’histoire en France et en Turquie
mardi
28 février 2012 

AYNALIGEÇİT
ETKİNLİK MERKEZİ 



Meşrutiyet
Caddesi Avrupa Pasajı No:8 Kat:2 


Galatasaray
/ Beyoğlu / İstanbul







Il
s’agit d’une Journée de rencontre et de débat, entre historiens de France et
de Turquie sur "Les enjeux de l'histoire en France et en Turquie",
organisé par l’IFEA en collaboration avec la Fondation de l’Histoire (Tarih
Vakfi). Le but de cette journée est de réunir des historiens des deux pays et
de trouver l'occasion d'échanger nos expériences et questions sur ce qui en
est de la posture de "l'Historien dans la société" aujourd'hui.
Cette première Journée sera ouverte aux historiens-universitaires mais
s’adresse également aux étudiants concernés par ce domaine.


Mémoires collectives en Turquie
Bülent Bilmez