Documents pour «Sculpture»

Le complexe de la salamandre

De Stéphane Manchematin

1h32min59

Dans les Vosges où il vit en retrait du monde de l’art, un artiste façonne, à son rythme, une œuvre énigmatique et singulière, à la fois contemporaine et sans âge. Au fil des saisons, entre travail concret et œuvres rêvées, entre précision du geste et économie de mots, entre promenades en forêt et brefs allers-retours à la capitale, Patrick Neu relie l’art des maîtres anciens à la création contemporaine.

Rodin

De Jacques Doillon

2h00min08

À Paris, en 1880, Auguste Rodin reçoit enfin à 40 ans sa première commande de l’Etat : ce sera La Porte de L’Enfer, composée de figurines dont certaines feront sa gloire, comme le Baiser et le Penseur. Il partage sa vie avec Rose, sa compagne de toujours, lorsqu’il rencontre la jeune Camille Claudel, son élève la plus douée qui devient vite son assistante, puis sa maîtresse. Dix ans de passion, mais également dix ans d’admiration commune et de complicité. Après leur rupture, Rodin poursuit son travail avec acharnement. Il fait face au refus et à l’enthousiasme que la sensualité de sa sculpture provoque et signe avec son Balzac, rejeté de son vivant, le point de départ incontesté de la sculpture moderne.  À 60 ans, enfin reconnu, il devient le sculpteur le plus célèbre avec Michel-Ange.

Nunavut Les Iles des Chasseurs de Pierre

De Pierre-Marie Hubert

52min57

Ce sont des îles presque inconnues, dans le Grand Nord Canadien, au Nunavut : les Iles BELCHER. En 1922, Robert FLAHERTY y tourna " Nanouk l’Esquimau ». Les Inuit qui y vivent sont des chasseurs par nécessité alimentaire mais surtout de remarquables artistes, sculptant à merveille  la pierre de SANIKILUAQ. L’archipel a aussi un intérêt géologique et nous suivrons sur le terrain tous ces chasseurs de pierre. Une exploration méticuleuse de ces îlots en quad, en bateau, à pied…et même en plongée…à la rencontre du monde animalier et de la culture Inuit encore préservée. 

Table ronde - Entretien avec François Mayu

François MAYU

41min40

Un entretien avec François Mayu, sculpteur et peintre, Paris (avec R. Bouchet) Depuis le début des années 2000, le plasticien François Mayu parcourt l’ancien théâtre d’opération du Chemin des Dames et ses environs pour y puiser la matière, physique et inspirationnelle, de ses créations sculpturales et picturales articulées dans un rapport de complémentarité. Avec ses volumes abstraits ou aux résonnances anthropomorphiques constitués à partir de scories métalliques de la Grande Guerre, et avec ses huiles sur toile figurant des paysages dévastés, l’artiste ne cesse d’interroger un lieu dans lequel il se sent « aspiré », et qu’il appréhende comme une parfaite synthèse des années de conflit, dans une perspective à la fois intime et universelle. Cette dernière dimension est sans doute davantage attachée aux œuvres-objets nourries notamment de fragments d’obus allemands, anglais et français indifférenciés, dont la brutalité fonctionnelle est au moins partiellement neutralisée par la recherche esthétique sous-tendant la renaissance artistique. An interview with François Mayu, sculptor et painter, Paris (with R. Bouchet) Since the early 2000s, the artist François Mayu runs through the old theater of operations of the Chemin des Dames and its surroundings to draw from the material, physical and inspirational, his sculptural and pictorial creations included in a complementary relationship. With its abstract volumes or anthropomorphic resonance made from metal slag of the Great War, and his oils on canvas depicting devastated landscapes, the artist continues to question a place where he feels "aspirated" and he apprehends as a perfect synthesis of years of conflict, a view that is both intimate and universal. This last dimension is probably more tied to the works-object works include fragments of shells German, English and even French, whose functional brutality is neutralized by looking aesthetic underlying the artistic renaissance.

Entretien entre l'artiste espagnol Miquel Barceló et Pierre Rosenberg, conférence inaugurale du Festival de l'histoire de l'art - édition 2016

Pierre Rosenberg

47min39

Miquel Barceló compte parmi les figures majeures de l’art contemporain. Depuis plus de quarante ans, son œuvre foisonnante investit tous les domaines : peinture, dessin, gravure, céramique, sculpture, installation, performance. Il s’entretient ici avec Pierre Rosenberg, président-directeur honoraire du musée du Louvre et président du comité scientifique du Festival, de sa démarche créatrice, de son imaginaire, de ses voyages, de son amour du Musée du Louvre…

Table ronde 1. L'effet Michel-Ange - Quatrièmes Rencontres de la galerie Colbert

1h37min47

1. L'effet
Michel-Ange


– Salle Benjamin –

Modération : Giovanni Careri (EHESS)




L’objet de cette table ronde sera d’envisager « l’effet »
produit par l’art et le personnage de Michel-Ange dans la culture occidentale,
du xvie au xxe siècle (sculpture,
peinture, littérature, cinéma).




Nicolas Cordon
(université Paris 1 Panthéon Sorbonne / HiCSA)

Michel-Ange et ses
simulacres




Sara Vitacca
(université Paris 1 Panthéon Sorbonne / HiCSA)

« Sous les yeux
clos » : Regards croisés autour de l’Esclave mourant au xixe siècle




Abslem Azraibi
(EHESS / CEHTA)

Du corps prisonnier
à l’architecture libérée

Atelier 2. Inachèvement - Quatrièmes Rencontres de la galerie Colbert

1h18min19

2. Inachèvement

 – Salle Vasari –

Responsable : Ada Ackerman (THALIM / CNRS)




Bertrand Madeline
(EHESS / CRAL)

Non finito,
carnosità, vivacità. Figures de l’émergence à fleur de pierre

Le non finito des sculptures de Michel-Ange fournit un
paradigme pour penser le procès des formes inchoatives : comme l’esquisse, il
est ce qui ne dégage pas complètement une forme du matériau, un sujet du
subjectile. En accord avec la symbolique néoplatonicienne d’une lutte de l’âme
contre la prison de la matérialité, le degré d’inachèvement de certains Prigioni
manifeste aussi le vivant de l’Idée, la vivacité du geste artistique et il
permet à l’œuvre de dévoiler les moyens mêmes de son émergence.




Raul C. Sampaio
Lopes (université Paris 1 Panthéon Sorbonne / HiCSA)

L’imperfection
n’est pas de ce monde : l’inachèvement impensé de la façade de l’église de la
Miséricorde de Penafiel (Portugal) (1764-1769)

Sans fortune critique, de paternité incertaine, l’ouvrage
éclaire les liens entre reconnaissance artistique et pensée de l’inachèvement, en
un temps et un lieu où celui-ci se traduit par imperfeição.




Vincenzo Mancuso
(Institut national d’histoire de l’art)

« La maniera
argentea di Guido ».La question du non finito dans la dernière production de
Guido Reni

La dernière période de la production de Guido Reni
(1575-1642) est caractérisée par une touche diaphane qui évoque la question du
« non finito ». Il s’agit d’une démarche artistique singulière car la
dissolution de la matière picturale correspond à une forme d’ascèse religieuse.

Atelier 1. Matière - Quatrièmes Rencontres de la galerie Colbert

1h15min31

1. Matière

– Salle Benjamin –

Responsables : Soercha Dyon et Ludovic Jouvet (INHA)




Florian Metral (université
Paris I Panthéon Sorbonne / HiCSA)

Michel-Ange ou
l’esclave de la chapelle Sixtine

« Je me trouve ici en un lieu qui ne me convient pas, et
je ne suis pas peintre ». Esclave du pape, esclave du Créateur, esclave de la
peinture... On tentera de cerner les fondements et les ressorts d’une poétique de
l’esclavage chez Michel-Ange.




Marguerite
Pettinotti-Parot (université Paris 1 Panthéon Sorbonne / HiCSA)

Un rapport complexe
à la matière : Michel-Ange et la peinture sur pierre

Sebastiano del Piombo inventa en 1535 le procédé
permettant de créer des oeuvres éternelles et peignit sur pierre d’après des
dessins de Michel-Ange. Pourquoi celui-ci refusa-il cette expérimentation et
rompit définitivement avec lui ?




Chiara Utro (université
Paris-Sorbonne)

Terribilità et
virtuosité anatomique. Des géants michélangelesques aux sculptures de petite
taille par Gaëtano Giulio Zumbo : deux modèles en comparaison.

Deux artistes, deux époques en comparaison. Comment la terribilità
michélangelesque évolue-t-elle jusqu’à l’âge baroque ? La confrontation
raisonnée entre les œuvres des deux artistes contribue à tracer ce parcours.

Conférences inaugurales des Quatrièmes Rencontres de la galerie Colbert

1h51min50

Pour cette quatrième édition, la
Galerie Colbert ouvre à nouveau ses portes au grand public. Lieu historique
conservant la mémoire du xixe
siècle et de ses fameux « passages », elle héberge depuis 2001 la plupart des
établissements d’enseignement et de recherche d’Île-de-France en histoire de
l’art, ainsi que l’Institut national du patrimoine.

Selon le principe de cette
manifestation, une œuvre a été choisie pour fédérer les réflexions et nourrir
les débats : les Esclaves de Michel-Ange, un chef-d'œuvre de l’art européen,
qui a durablement marqué l’imaginaire des artistes et des créateurs.

Si, par l’histoire même de leur conception et de leur devenir, ces deux œuvres
représentent une matière fort riche à explorer, elles permettent également de
couvrir de nombreux enjeux qui ne se limitent ni au contexte de leur création,
ni au seul médium de la sculpture.


Mot d'introduction
et conférences inaugurales
– Auditorium –


Antoinette
Le Normand-Romain, Directeur
général de l’INHA


Genevieve
Bresc-Bautier, Conservateur générale du patrimoine
honoraire, musée du Louvre



Barthelemy
Jobert, Président de l'Université Paris-Sorbonne

La sculpture en absence de vision

Hoëlle Corvest

47min53

Si la substitution du toucher à la vue permet d’appréhender fidèlement la forme d’une œuvre sculptée, elle est moins opérante dans l’identification des matières représentées. Le corps nu est ainsi plus préhensible que drapé. Pour autant, tissus et chevelure dont les textures réelles sont éloignées de leur traduction sculptée peuvent être reconnus grâce à leur localisation sur le sujet. Mais qu’en est-il des éléments qui contextualisent l’œuvre : attribut, supports ou décor ? Comment comprend-on une plume ou un feuillage, comment perçoit-on le feu et ses flammes, l’eau et son écume, l’air ou son souffle ?

Le « toucher » s’impose alors pour percevoir la matérialité de la sculpture dans ses textures, densités et formes. Les mouvements suscités par le suivi de ses contours construisent la spatialité de l’image mentale. Cette image possède un caractère particulier qui se manifeste par «une  présence totale», où toutes les faces surgissent à la fois.

La pertinence de la perception tactile doit être examinée et débattue en tant que « PERMIS DE TOUCHER» des œuvres réputées non fragiles.

Les deux anglaises et le continent

De François Truffaut

2h04min32

Anne, jeune Anglaise, rencontre Claude qu'elle présente à sa soeur Muriel. Après deux années où le trio mêne une vie faite de complicité et de bonheur partagé, Anne et Muriel s'éprennent toutes deux de leur compagnon.

Jennifer Montagu, « With varied and well expressed figures, and justly proportioned allusions »: la sculpture en sucre dans l’Italie baroque

Jennifer Montagu

48min42

L’art de sculpter la nourriture a été pratiqué dès le Moyen-Âge. Dans la Rome baroque, les plus grands artistes ont dessiné et modelé des décorations de table en sucre, massepain ou en beurre porteuses de significations allégoriques complexes. La liberté offerte par ces médiums influença en retour la « vraie » sculpture.
Jennifer Montagu a inauguré avec cette conférence la 3ème édition du Festival de l'histoire de l'art, dont le thème était l'éphémère et le pays invité le Royaume-Uni.




Le Festival de l'histoire de l'art, un événement gratuit et ouvert à tous les amoureux et curieux d'art et d'histoire, a été créé en 2011 par le Ministère de la culture et de la communication, l’Institut national d’histoire de l’art et le Château de Fontainebleau, avec le concours du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Événement éphémère qui a lieu tous les ans à la fin du mois de mai, ces trois journées permettent de profiter librement de conférences, débats, concerts, expositions, projections, lectures et rencontres dans le château et dans plusieurs sites de la ville de Fontainebleau. Le Festival explore chaque année un thème et invite un pays dont les méthodes en histoire de l'art sont comparées à celles de la France. En 2013, le thème était "l'Ephémère" tandis que le Royaume-Uni était pays invité.
Afin de laisser une trace de ce partage de savoir, l'INHA, coordinateur scientifique de l'événement, en association avec l'EHESS, a décidé de capter quelques-unes des 300 conférences et événements que le Festival propose.






Pour plus d'informations: festivaldelhistoiredelart.com
Le Festival explore chaque année un thème. En 2013 celui de l’Ephémère a donné l’occasion au public de découvrir des arts assez peu étudiés en France. L’art de l’éphémère est celui de l’instant ou plus précisément celui d’un moment privilégié capable d’associer dans une parfaite harmonie l’architecture, la peinture, le costume, la musique… Le Festival a ainsi abordé l’architecture éphémère des fêtes et cérémonies, toutes les productions occasionnelles : affiches, placards illustrés, officiels ou clandestins, graffiti, mais aussi les arts de la table, les arts prenant le corps pour support (coiffure, tatouages), la performance… Le sujet engage également un questionnement important sur la politique muséale, tiraillée aujourd’hui entre collections permanentes et expositions temporaires, et sur les conceptions fort différentes du rapport entre éphémère et durable dans les cultures et les arts du monde.
L’ensemble des manifestations était en 2013 placé sous le regard privilégié d’un pays invité, le Royaume-Uni. Dans ce grand pays de musées, d’artistes contemporains, de galeries et de ventes aux enchères, d’expositions, d’instituts d’histoire de l’art, les Britanniques ont un rapport à l’histoire de l’art très différent des Français : dès le XVIIe siècle, les initiatives y partent d’individus ou d’institutions privées, grands collectionneurs et archéologues, connaisseurs ou universitaires, et non de l’Etat.