Documents pour «Mémoire»

06 Dada Zurich : Le plaisir de détruire

57min25

Michèle Martel
Docteur en Histoire de l'art de l'Université de
Paris I. Elle enseigne à l'ESAM Caen/Cherbourg et coordonne le laboratoire de
recherche de l'école. Son travail de recherche porte sur l'analyse des
processus de création mis en place par l'artiste entre 1915 et 1920 et sur
leurs conséquences quant à l'élaboration de sa forme plastique. Ses textes les
plus récents ont paru dans L'Art comme
expérience (Liénart, 2010), Arp en
ses ateliers d'art et d'écriture (Musée de Strasbourg, 2011), Itinérance. L'Art en déplacement (De
L'incidence éditeur, 2012, sous la direction de Laurent Buffet) et dans L'Espace des paysages. Premier temps, quatre
mouvements (École Supérieure d'art de Clermont-Métropole, 2013).


Dada Zurich : Le plaisir de détruire

 Europe, Zurich, 1916. Le rejet des formes du
passé, qui caractérise finalement toute l'histoire de la modernité, se
transforme chez les acteurs du mouvement Dada, en véritable plaisir de
détruire. Les artistes s'opposent radicalement à la nécessité de produire des figures
mais aussi du sens, dans leurs productions plastiques et textuelles. Ils
mettent pour ce faire en place des procédures de création qui font appel au
hasard, à la mécanisation des gestes, à la non-volition... Leur acharnement
destructif trouve un écho dans une conception de la création fondée sur une
puissance dissolvante originelle. Le sans-fond, l'indifférence ou encore l'apeiron (terme qu'ils empruntent à la
philosophie grecque) deviennent l'un des enjeux de la pratique artistique.
Comme dans les ténèbres mallarméennes, il s'agit d'atteindre un détachement
afin de saisir plus distinctement le flux de la vie, la réalité des choses.

05 Tu n’as rien vu à Hiroshima…

21min12

Vincent Amiel
Professeur à l'université de Caen, enseigne l'histoire du cinéma à
l'école Louis-Lumière et à l'ESRA, Paris. Il est membre du comité de rédaction
de la revue Positif et critique pour
la revue Esprit. Essayiste,
théoricien du cinéma, de l'image et des médias, Vincent Amiel a publié de
nombreux ouvrages sur le cinéma et plus largement sur le monde télévisuel. 

Tu n’as rien vu à Hiroshima… 

Dès les années 50, dans
Hiroshima mon amour, Alain Resnais et Marguerite Duras interrogent la capacité
des médias (du cinéma en particulier, et de toute médiation en général) à
témoigner d’un événement, d’une catastrophe, d’une destruction. Le film oscille
en particulier entre le témoignage et la reconstitution, mettant l’accent sur
cette dernière comme ressource ultime de la mémoire, et donc du récit. Nous
examinerons les caractéristiques de ce « blocage » testimonial, son
contexte, et son héritage.

04 Incidemment l’apocalypse – pour un portrait-robot de l’Homme-Catastrophique

47min01

Gérard Larnac


Philosophe, écrivain, essayiste et journaliste,
Gérard Larnac est l'auteur de  Après la Shoah - raison instrumentale et
barbarie (Ellipses, 1997). Membre fondateur des Cahiers de Géopoétique
dirigés par Kenneth White (1989), Gérard Larnac a publié ses premiers récits
dans les pages de la Nouvelle Revue Française (Gallimard). Il a grandi à Caen,
dans la ville reconstruite sur les ruines de la destruction. A l’écart des
institutions, son travail porte essentiellement sur la philosophie de la
perception, la critique de l’âge techniciste et l’art d’habiter le monde, ici
maintenant et ensemble.


Incidemment l’apocalypse – pour un
portrait-robot de l’Homme-Catastrophique

Autrefois la
catastrophe était l’expression de la colère des dieux. En se laïcisant, le monde
de la catastrophe est devenu une affaire d’hommes. Du coup la question qu’il
pose relève moins d’une fatalité que d’une responsabilité. C’est pourquoi
grande est la tentation des potentats de la réduire à de simples dommages
collatéraux. Et si au contraire la question de la catastrophe était centrale ;
le centre impensé de ce temps ?

Vivant ici et maintenant dans une époque coincée entre
les catastrophes mémorielles (Auschwitz, Hiroshima, Cambodge, Rwanda,
Tchernobyl, 11-Septembre, Fukushima…) et les catastrophes annoncées (pénuries
des ressources et changement climatique, dont la convergence prochaine nous
promet le chaos civilisationnel et la fin de la biosphère),
l’Homme-Catastrophique se définit à la fois comme victime et comme coupable.
Comme le rappelle Günther Anders, ce n’est plus seulement que l’homme est
mortel : c’est l’humanité toute entière qui peut être détruite. En
esquissant le portrait-robot de cet Homme-Catastrophique que nous sommes
devenus, nous tenterons de saisir ce qui, dans l’événement même de la
catastrophe contemporaine, relève du moment de vérité : du recommencement.

03 Ce gigantesque retournement de la terre, Note cinématographique : Une archéologie du regard pour l'archéologie d'un film

35min12

Présentation du travail de
Claire de Angelini à L’école supérieure d’arts & médias de Caen (ESAM)
intitulé « Ce gigantesque retournement de la terre, Note
cinématographique : Une archéologie du regard pour l'archéologie d'un
film ».

02 Témoignage d’une destruction, destruction du témoin

28min58

Jean-Louis Déotte

Professeur à l'université de Paris VIII
Saint-Denis, ses thèmes de recherche portent sur l'esthétique et la philosophie
de l'art et de la culture, ainsi que sur la philosophie de la technique. Il a notamment travaillé, à partir des auteurs comme Jean-François
Lyotard et Walter Benjamin, sur les notions de musée, d'appareil, de différend
cosmétique et esthétique, et sur des questions qui relient l'esthétique à des
enjeux politiques, telle la disparition des opposants politiques pendant la
période des dictatures militaires en
Amérique du Sud (Argentine, Chili). Auteur d’une trentaine d’ouvrages dont L’Époque de la disparition. Politique et
esthétique, avec Alain Brossat, Paris, 2000, L’Harmattan.



Témoignage d’une destruction, destruction du témoin

Je partirai d'un massacre collectif, qui reste
pour le moins irrationnel : la destruction du Havre par les Britanniques alors que
Paris était libérée....Le Havre n'avait aucun intérêt stratégique. En
apparence, le film de Belvaux, où cette ville est très présente, concerne la
lâcheté de témoins auditifs du meurtre d'une jeune femme,  resté
inexpliqué. Seul, un pilote du port reconnaît avoir entendu son cri et lorsque
les autorités veulent enterrer l'affaire, il a le courage de s'y opposer. C'est
qu'il ne peut pas faire autre chose : ce sera au prix de son couple, de son
métier, puisqu'il quittera volontairement la ville. De quoi ne peut-il
témoigner ?

01 Jeux de mémoire et d’histoire, autour de la destruction des villes normandes

54min24

Frédérick Lemarchand
Maitre de conférences en sociologie à
l’Université de Caen, Codirecteur du Pôle Risques de la Maison de la recherche
en sciences humaines de Caen. Attaché à la compréhension des mutations
profondes de l’époque contemporaine, il a mené une réflexion sur les dynamiques
des catastrophes,  du patrimoine et de la
mémoire collective. Dans l’héritage de la théorie critique, il travaille depuis
quinze ans sur les aspects fondamentaux des sociétés technoscientifiques.


Jeux de mémoire et d’histoire, autour de la destruction des
villes normandes

W. G. Sebald naît dans un petit village retiré de
Bavière, quand les bombes pleuvent sur l’Allemagne. « Trop petit pour se
souvenir mais incapable d’oublier », Sebald entreprend de penser le point
aveugle de la mémoire allemande : les raids aériens des alliés sur les
villes allemandes qui coûterons la vie à 600 000 civils. Il exhume, dans
son essai manifeste De la destruction,
publié en 1999, les traces et les cicatrices de la mémoire collective en se
centrant sur l’expérience de la
destruction comme moment décisif où tout bascule. L’après, le temps de la
catastrophe, est rempli de fantômes et de ruines à la fois présents et absents,
produisant des jeux de mémoire complexes qui, à leur manière, tentent de
conserver le souvenir de la destruction, de la perte, tout en mettant en place
des mécanismes d’oubli, de déni,  afin
d’éviter la douleur liée au trauma. Nous repartirons de la problématique de
Sebald en la transposant au cas des villes normandes bombardées par les
« libérateurs » à partir de témoignages audio enregistrés par les
Archives Départementales de la Manche.

La mémoire dans tous ses états de 1960 à nos jours

1h31min22

Cette conférence a été donnée dans le cadre de la première Semaine de la mémoire, organisée par l'Observatoire B2V des Mémoires, le GIP Cyceron, Relais d'sciences et la MRSH, en partenariat avec la fête de la Science, qui s'est déroulée en Basse−Normandie du 15 au 20 septembre 2014.
Robert Jaffard est professeur émerite à l'université de
Bordeaux 1, institut de Neurosciences Cognitives scientifique de
l’Observatoire B2V des Mémoires).


Les progrès accomplis dans nos connaissances sur la mémoire résultent
d’une combinaison de plus en plus affirmée entre les approches
cognitives et neurales et d’une confrontation des données obtenues chez
l’homme et chez l’animal. Des avancées décisives ont été faites par la
mise en évidence de modifications dans la connectivité neuronale
considérée comme le support des traces mnésiques, de dissociations
fonctionnelles conduisant à l’identification de différentes formes de
mémoire et de divers mécanismes qui stabilisent la mémoire et
réorganisent son support lors des processus de consolidation.

L'extériorisation de la mémoire et ses conséquences

1h30min32

Cette
conférence a été donnée dans le cadre de la première Semaine de la
mémoire, organisée en partenariat avec la fête de la Science, qui s'est
déroulée en Basse−Normandie du 15 au 20 septembre 2014.
Bernard STIEGLER est philosophe, directeur de l'Institut
de Recherche et d'Innovation - IRI - au sein du Centre Georges Pompidou et
membre du Conseil scientifique de l'Observatoire B2V des Mémoires
Résumé de la communication
Certaines questions font apparaître que les dynamiques des mémoires -
plutôt que de la mémoire, qui n’est pas une simple faculté cérébrale –
sont fondamentalement des questions sociales, économiques et politiques,
et qu’une approche transdisciplinaire tout à fait nouvelle est requise
pour faire face à ce qui se présente à notre époque comme un véritable
défi lancé à l’humanité par l’humanité.

L'étude de la mémoire peut-elle éclairer l'autisme ?

1h10min08

Cette conférence a été donnée dans le cadre de la première Semaine
de la mémoire, organisée en partenariat avec la fête de la Science, qui
s'est déroulée en Basse−Normandie du 15 au 20 septembre 2014.
Dermot Bowler est professeur de psychologie à la City University (Londres, GB).
Une idée assez répandue – parmi le grand public ainsi que parmi beaucoup de professionnels – est que les autistes ont une mémoire sinon épatante, au moins très bonne. En fait, elle est plutôt assez bonne, mais présente des particularités spécifiques. Bien qu'elles aient une bonne mémoire pour des fait, les personnes avec autisme ne les organisent pas de façon conceptuelle. Ils ont aussi du mal à les relier à un sentiment de 'moi', ce qui répercute sur leur mémoire épisodique – leurs souvenirs du passé personnellement vécue. Il paraît aussi que les processus sous-jacents au niveau du cerveau sont atypiques même quant la performance mnésique ne l'est pas. Ce bilan de processus typiques et atypiques peut nous fournir des outils puissants pour nous aider à mieux comprendre le tableau clinique de l'autisme et d'aider aux autistes de vivre mieux.

La mémoire des odeurs et descripteurs olfactifs : l'odeur médiane du couvre-lit de Tante Léonie

1h04min55

Cette conférence, donnée en janvier 2015, avait initialement été programmée pour la première Semaine
de la mémoire, organisée en partenariat avec la fête de la Science, qui
s'est déroulée en Basse−Normandie du 15 au 20 septembre 2014.
Joël
Candau est Docteur en ethnologie et professeur au Département de Sociologie-Ethnologie de l’Université de
Nice-Sophia Antipolis. Il est
membre élu au Conseil National des Universités, membre de la section «
Anthropologie sociale, ethnologie et langues régionales » du Comité des
Travaux Historiques et Scientifiques, CTHS (2006-), membre de la
Société d’Ethnologie Française, membre du Comité de rédaction de la
revue Le monde alpin et rhodanien, expert pour
l’AERES et directeur du Laboratoire d'Anthropologie et
de Sociologie "Mémoire, Identité et Cognition sociale" (LASMIC, EA 3179).
À propos de la conférence
Feu d’artifice odorant dans la Recherche, l’évocation de la chambre de
tante Léonie offre une véritable énigme. Lors de mes visites à Combray,
se souvient le narrateur, « je revenais toujours avec une convoitise
inavouée m’engluer dans l’odeur médiane, poisseuse, fade, indigeste et
fruitée du couvre-lit à fleurs » de tante Léonie.(Du côté de chez Swann, Paris, Robert Laffont, 1987, p. 61)
Que peut
bien être une odeur « médiane » ? Cette épithète proustienne pose la
question plus générale du rapport entre la mémoire olfactive et la
description des odeurs.

La mémoire numérique ou artificielle

52min35

Cette conférence a été donnée dans le cadre de la première
Semaine de la mémoire, organisée en partenariat avec la fête de la
Science, qui s'est déroulée en Basse−Normandie du 15 au 20 septembre
2014.
Jean-Gabriel GANASCIA est membre du Conseil scientifique de l’Observatoire B2V des Mémoires, professeur à l'Université Pierre et Marie Curie.
Déluge informationnel, masse de données, big data, … les mémoires externes prolifèrent à un rythme exponentiel. Songeons qu’aujourd’hui le web contient 2,8 zettaoctets d’information, ce qui fait l’équivalent de plusieurs milliards de fois les 14 millions d’ouvrages que contient la Bibliothèque Nationale de France. Et cette quantité s’accroît rapidement : ainsi chaque jour, Twitter produit 7 téraoctets de textes, ce qui correspond au volume contenu dans toute la Bibliothèque Nationale de France. Corrélativement, nos mémoires individuelles sont de moins en moins sollicitées, puisque toutes les informations sont à la portée d’un clic de souris. Dès lors, comment faire pour tirer parti de toutes ces informations tout en redonnant prise à l’individu soudain pris de vertige devant l’abîme qui s’ouvre devant lui ? Nous verrons que l’intelligence artificielle propose des solutions à la fois pour aider l’individu à se repérer dans l’immensité de l’océan informationnel et pour exploiter les grandes masses de données afin d’en extraire des connaissances neuves, ce qui donne naissance à des sciences nouvelles, les e-sciences.

1914-2014, bilan d'un centenaire

Arndt WEINRICH

2h03min40

Cycle de conférences "Les Agendas du politique" organisé par les Éditions de l’EHESS et le Labex TEPSIS
L’EHESS poursuit son cycle de débats Les Agendas du Politique sous l’égide du laboratoire d’excellence Tepsis et des Éditions de l’EHESS.

L'année 2014 a marqué le début du cycle
commémoratif du Centenaire de la Première Guerre Mondiale. Des
spécialistes analyseront les manières dans lesquelles, à cent ans de
distance, cet événement majeur de l'histoire européenne et mondiale a
été inscrit dans les enjeux mémoriels nationaux et internationaux.




Intervenants :


Stéphane Audoin-Rouzeau (EHESS, Paris)

John Horne (Trinity College, Dublin)

Arndt Weinrich (IHA, Paris)

Nicolas Offenstadt (Université Paris I)



Séance présidée par Emmanuel Saint-Fuscien (EHESS, Paris)