Documents pour «Mémoire»

Peut-on vieillir en préservant sa mémoire ?

1h16min41

Cette conférence a été donnée dans le cadre de la première Semaine de la mémoire, organisée en partenariat avec la fête de la Science, qui s'est déroulée en Basse−Normandie du 15 au 20 septembre 2014.
Présenté par Hélène Amieva, professeur de psychogérontologie, Université Bordeaux 2, membre du conseil scientifique de l'Observatoire B2V des Mémoires.
Bien vieillir est une préoccupation majeure aussi bien à l'échelle
individuelle que sociétale. Si beaucoup d'efforts sont faits pour mieux
comprendre ce qui est communément appelé le vieillissement "réussi"
c'est-à-dire, une avancée en âge sans dépendance et sans altération des
fonctions cognitives, beaucoup de questions se posent. La perte de
mémoire est-elle inéluctable ? A quel âge doit on commencer la
prévention ? Quelles sont les pistes "sérieuses" attestées par des
travaux scientifiques ? Comment les liens sociaux participent à
l'entretien de sa mémoire ?

Soit autant de questions qui seront abordées au cours de cette table ronde.

Les effets de la retraite sur la mémoire

1h09min24

Présenté par Stéphane Adam, professeur de psychologie du vieillissement à l'Université de Liège (Belgique)

Au cours de ces cinquante dernières années, la retraite est devenue
une période de la vie de plus en plus longue. Alors qu’elle s’élevait en
moyenne à huit ans durant les années 60, elle atteint plus de vingt ans
aujourd’hui. Cet allongement s’explique essentiellement par deux
phénomènes : d’une part, l’espérance de vie s’est considérablement
accrue ; d’autre part, l’âge effectif de départ à la retraite a
continuellement diminué. La crise des années 70 et l’apparition du
chômage de masse ont en effet conduit plusieurs pays européens à
favoriser les départs précoces à la retraite afin d’absorber l’excès
d’offre de travail des plus jeunes générations.

Si la retraite est actuellement essentiellement abordée d’un point de
vue économique (le « problème » du paiement des retraites), nous avons
également considéré dans une série d’études récentes l’impact d’un
départ à la retraite sur la santé mentale de nos aînés. Plus
spécifiquement, existe-t-il un lien entre un départ à la retraite et le
fonctionnement de la mémoire? Ces travaux s’inscrivent dans le contexte
de la notion de « réserve cognitive » qui établit un lien entre
l’activité et le fonctionnement cognitif de la personne âgée: plus une
personne est active, meilleur est son fonctionnement cognitif.

"Procès, commémorations, histoire : retour sur une année de travail sur le génocide des Tutsi rwandais de 1994"

Stéphane Audoin-Rouzeau

2h00min12

Atelier animé par Hélène Dumas et
Stéphane Audoin-Rouzeau.

Tu n’as rien vu à Hiroshima…

21min12

Cette communication s'inscrit dans une journée intitulée « De la
destruction », consacrée à l'appréhension des jeux de mémoire
spécifiques à la destruction des villes et des territoires en tentant de
réinscrire l'expérience bas-normande des bombardements dans la
perspective des grands événements du XXe siècle : Fukushima, Hiroshima,
Tchernobyl, la destruction des villes allemandes. Au-delà du discours
convenu qui a fait office de grand récit depuis 70 ans (le la
« libération » à la « recontruction »), il s'agit de questionner les
traces, mémoires et cicatrices propres aux catastrophes et aux grands
événements collectifs, à travers la perspective historique bien entendu,
mais aussi la voie sensible explorée par l'art, le 7e du nom en particulier : le cinéma.
Professeur à l'université de Caen, Vincent Amiel enseigne l'histoire du cinéma à
l'école Louis-Lumière et à l'ESRA, Paris. Il est membre du comité de
rédaction de la revue Positif et critique pour la revue Esprit.
Essayiste, théoricien du cinéma, de l'image et des médias, Vincent Amiel
a publié de nombreux ouvrages sur le cinéma et plus largement sur le
monde télévisuel.
Dès les années 50, dans Hiroshima mon amour, Alain Resnais et Marguerite
Duras interrogent la capacité des médias (du cinéma en particulier, et
de toute médiation en général) à témoigner d’un événement, d’une
catastrophe, d’une destruction. Le film oscille en particulier entre le
témoignage et la reconstitution, mettant l’accent sur cette dernière
comme ressource ultime de la mémoire, et donc du récit. Vincent Amiel examine ici
les caractéristiques de ce « blocage » testimonial, son contexte et
son héritage.

États de guerre

35min12

Cette communication s'inscrit dans une journée intitulée « De la destruction », consacrée à
l'appréhension des jeux de mémoire spécifiques à la destruction des
villes et des territtoires en tentant de réinscrire l'expérience
bas-normande des bombardements dans la perspective des grands événements
du XXe siècle : Fukushima, Hiroshima, Tchernobyl, la
destruction des villes allemandes. Au-delà du discours convenu qui a
fait office de grand récit depuis 70 ans (le la « libération » à la
« recontruction »), il s'agit de questionner les traces, mémoires et
cicatrices propres aux catastrophes et aux grands événements collectifs, à travers la perspective historique bien entendu, mais
aussi la voie sensible explorée par l'art, le 7e du nom en particulier : le cinéma.

Claire Angelini utilise l’installation, le cinéma, la
photographie et le dessin pour explorer les rapports entre l’art, la
politique et l’histoire sous les espèces de la trace, la ruine, la
réminiscence et la survivance des images. Son travail se situe à la
conjonction d'un récit historique et des lieux contemporains. À Munich, elle a fondé le Laboratorium Geschichte pour répondre à la commande publique
dans un contexte de pédagogie artistique où elle a produit en
collaboration entre 2001 et 2005, des projets d’installations et des
livres d’artiste.
Il ne s'agit pas, pour Claire Angelini, de produire dans ce colloque un discours sur la destruction, mais bien d'éclairer par son travail d'artiste les questionnements  posés, tout en présentant un certain nombre de matériaux possibles pour y répondre.

EGO 39-45 : Mémoire de la Seconde Guerre mondiale en France

59min51

Présentation de Françoise PASSERA, historienne au CRHQ, UMR 6583, UNICAEN, chargée de la coordination technique du projet “EGO 39-45” pour le CNRS

 La base de données « Écrits de Guerre et d’Occupation » (EGO
1939-1945) est destinée à recenser de façon exhaustive l’ensemble des
témoignages, récits, carnets, journaux intimes et mémoires, concernant
la France et les Français durant la Seconde Guerre mondiale, publiés de
1939 jusqu’à nos jours. EGO 1939-1945 a ainsi vocation à être un outil
au service du public et des chercheurs. Qu’il s’agisse de trouver une
information précise ou d’établir des corpus, il offre la possibilité de
repérer et de regrouper les témoignages en fonction du statut des
auteurs (soldat, prisonnier de guerre, résistant, interné, déporté,
etc.), de leur profession (écrivain, journaliste, homme politique,
etc.), du genre littéraire (récit, journal ou carnet, conférence,
poésie, etc.) ou encore des thématiques principales (opérations
militaires, déportation, persécution raciale, captivité, etc.).
Actuellement en cours de constitution, elle rassemblera à terme les
notices bibliographiques de quelque 7 000 récits.

http://www.ego.1939-1945.crhq.cnrs.fr

Jeux de mémoire et d’histoire, autour de la destruction des villes normandes

29min10

Cette communication s'inscrit dans une journée intitulée « De la destruction », consacrée à
l'appréhension des jeux de mémoire spécifiques à la destruction des
villes et des territtoires en tentant de réinscrire l'expérience
bas-normande des bombardements dans la perspective des grands événements
du XXe siècle : Fukushima, Hiroshima, Tchernobyl, la
destruction des villes allemandes. Au-delà du discours convenu qui a
fait office de grand récit depuis 70 ans (le la « libération » à la
« recontruction »), il s'agit de questionner les traces, mémoires et
cicatrices propres aux catastrophes et aux grands événements collectifs, à travers la perspective historique bien entendu, mais
aussi la voie sensible explorée par l'art, le 7e du nom en particulier : le cinéma. 
Frédérick Lemarchand est maître de conférences en sociologie à l’Université de Caen, codirecteur
du Pôle Risques de la Maison de la recherche en sciences humaines de
Caen. Attaché à la compréhension des mutations profondes de l’époque
contemporaine, il a mené une réflexion sur les dynamiques des
catastrophes, du patrimoine et de la mémoire collective. Dans l’héritage
de la théorie critique, il travaille depuis quinze ans sur les aspects
fondamentaux des sociétés technoscientifiques.
Résumé 
W. G. Sebald naît dans un petit village retiré de Bavière, quand les
bombes pleuvent sur l’Allemagne. « Trop petit pour se souvenir mais
incapable d’oublier », Sebald entreprend de penser le point aveugle de
la mémoire allemande : les raids aériens des alliés sur les villes
allemandes qui coûterons la vie à 600 000 civils. Il exhume, dans son
essai manifeste De la destruction, publié en 1999, les traces et les
cicatrices de la mémoire collective en se centrant sur l’expérience de
la destruction comme moment décisif où tout bascule. L’après, le temps
de la catastrophe, est rempli de fantômes et de ruines à la fois
présents et absents, produisant des jeux de mémoire complexes qui, à
leur manière, tentent de conserver le souvenir de la destruction, de la
perte, tout en mettant en place des mécanismes d’oubli, de déni, afin
d’éviter la douleur liée au trauma. Nous repartirons de la problématique
de Sebald en la transposant au cas des villes normandes bombardées par
les « libérateurs » à partir de témoignages audio enregistrés par les
Archives Départementales de la Manche.

L'entreprise doit-elle avoir de la mémoire ?

1h12min56

Organisé par Synergia, l’agence de développement économique de Caen la Mer.

La mémoire, un point fort de développement territorial

La thématique de la mémoire est aussi un des potentiels de développement de Caen et plus largement de la Normandie. Synergia
en fait, en septembre, le thème de son rendez-vous connu rassemblant
les acteurs du développement de l’agglomération. Ont été présentés et
débattus des atouts de la recherche, ainsi que les dimensions
entrepreneuriale et industrielle de la mémoire.

Intervenants :


Eric Lesage, Directeur Innovation Recherche Développement au sein du Groupe AGRIAL ;

Isabelle Pecou – Groupe B2V ; Observatoire B2V des Mémoires ;

Pascal Buléon– CNRS, directeur de la MRSH Caen ;

Francis Eustache, Professeur à l'Université de Caen, EPHE, directeur de Cyceron.

Le corps en tous ses états autour de la mort : et quid du mystère ?

52min00

Louis-Vincent Thomas était un universitaire français, spécialiste de
l'Afrique, qu'il a étudiée tour à tour ou simultanément sous les angles
de la sociologie, de l'anthropologie et de l'ethnologie. Il est le
créateur de la 'thanatologie', qui se veut le regroupement de tous les
savoirs théologiques, philosophiques et scientifiques relatifs à la mort.
Cette conférence-mime a été donnée dans le cadre du colloque international UNE PENSÉE AUTRE : Louis-Vincent Thomas : 20 ans après qui s'est tenu à l'IMEC du 1er au 3 octobre 2014, qui proposait d’effectuer un retour sur l’œuvre féconde de ce penseur
pluriel et insaisissable. 
Luce Des Aulniers est professeure en anthropologie à l'Université du Québec
Marie Lefebvre est comédienne, mime, travailleuse sociale à Montréal.
Les actes de ce colloque feront l’objet du numéro 11 de la revue Anamnèse courant 2015.

Les voyages mentaux dans le temps chez l'animal

39min18

Cette conférence a été donnée dans le cadre de la première Semaine de la
mémoire, organisée en partenariat avec la fête de la Science, qui s'est
déroulée en Basse−Normandie du 15 au 20 septembre 2014.
Christelle JOZET-ALVES est enseignante-chercheure à l'Université de Caen et membre du Groupe Mémoire et Plasticité comportementale.

 Les voyages mentaux dans le temps chez l’animal Les animaux sont-ils capables de se projeter dans le passé pour se souvenir des belles – et moins belles – choses ? Peuvent-ils imaginer ce que leur réserve l’avenir ? La communauté scientifique s’interroge sur leur capacité à effectuer un voyage mental dans le temps. Certains chercheurs soutiennent que les animaux sont « ancrés » dans le présent, ce qui suggère une discontinuité très nette dans l’évolution des capacités cognitives au sein du règne animal. En réaction à cette affirmation, un nombre important d’articles ont donné une impulsion forte à de nouvelles pistes de recherche chez l’animal : chez des modèles aussi différents que les oiseaux, rongeur, primates non-humains ou encore plus récemment chez des mollusques céphalopodes.

Mémoire des lieux et lieux de la mémoire des diasporas anglophones

45min27

Cette conférence a été donnée dans le cadre de la première Semaine de la mémoire, organisée en partenariat avec la fête de la Science, qui s'est déroulée en Basse−Normandie du 15 au 20 septembre 2014.
Intervenante : Françoise KRAL, professeur en études culturelles.

De quelle façon dont la notion de mémoire, qu’elle soit individuelle ou collective, doit-elle être redéfinie à l’aube du 21è siècle au regard des nouvelles modalités et des nouvelles politiques d’archivage de la mémoire collective ou de construction de la mémoire collective des peuples ? Le domaine postcolonial est un terrain particulièrement fécond pour une réflexion sur l’utilisation, voire l’instrumentalisation de la mémoire, les aléas de son cheminement et les enjeux de sa construction.
La conférence débouche sur une réflexion autour du musée et de sa récurrence chez les artistes contemporains (S. Boyce, Dave Lewis, Keith Piper, Fred Wilson) qui souvent interrogent les fondements et la légitimité de la ‘scopophilie occidentale’, sa mise en scène de l’autre par le prisme d’un regard déformant et sa construction d’une mémoire collective qui rend l’autre invisible ou bien le "typifie" à l'extrême.

La mémoire pour se reconstruire ici et là-bas. Les récits des adopté/es coréens d’Amérique du Nord

41min26

Cette conférence a été donnée dans le cadre de la
première Semaine de la mémoire, organisée en partenariat avec la fête de
la Science, qui s'est déroulée en Basse−Normandie du 15 au 20 septembre
2014.
Conférence de Rupa Raoulx (Ph. D. en «gender studies» de University of British Columbia (UBC, Vancouver)) et de Benoît Raoulx (Enseignant chercheur en géographie, EsoCaen, Université de Caen).
Depuis la guerre de Corée jusqu’à nos jours, de nombreux enfants coréens
ont été adoptés à travers le monde ; les Etats-Unis en ont accueillis
le plus grand nombre. A partir de la fin des années 1990, on assiste à
la multiplication de récits autobiographiques des adoptés aux
Etats-Unis, surtout de jeunes femmes, à l’exemple de Janet Trenka, The Language of Blood: a memoir (2003)
et de Katy Robinson Single Square picture (2002) qui accompagnent une
quête de découverte du pays d’origine. De même, des films documentaires
autobiographiques ont été réalisés par des adopté/es -Tammy Chu,
Resilience (2007). En Corée du Sud, des mères biologiques ont écrit des
lettres à destination des adopté/es. Ces productions contribuent à
négocier ses identités, à construire une mémoire individuelle et
collective, porteurs de nouveaux discours sur l’adoption. Ce travail
suggère des comparaisons avec d’autres situations à travers le monde,
d’autres adoptés coréens ayant réalisé des documentaires (ex : Sophie
Bredier, Nos traces silencieuses, France 1998 ; Laurent  Boileau et Jun
Jung Sik Couleur de peau : miel, Belgique 2012).