Documents pour «art cinématographique»

Raoul Ruiz, un cinéaste sans limites. Table ronde

1h16min35

Table ronde autour de Raoul Ruiz, réunissant des proches et des collaborateurs du cinéaste : Jorge Arriagada (compositeur), Valeria Sarmiento (épouse et monteuse), Pascal Bonitzer (scénariste), Benoît Peeters (scénariste et biographe), Guy Scarpetta (essayiste) et François Margolin (producteur).

1/2 Master class de Claire Simon, réalisatrice.

Claire Simon

1h21min03

Rencontre avec la réalisatrice Claire Simon, animée par Marc Henri Piault, directeur de recherche honoraire au CNRS, anthropologue et cinéaste.
« Pour moi faire un film, c’est avant tout peindre, montrer dans ce que je vois, ce qui crie, ce que je ne veux pas voir, ce que je ne sais pas deviner et qui finalement se révèle peu à peu dès que le tournage commence » (Claire Simon)

Claire Simon a appris le cinéma par le biais du montage ainsi qu’en tournant parallèlement des courts-métrage de manière indépendante. Parmi ses films les plus remarqués on trouve  La police en 1988 ou Scènes de ménage avec Miou Miou, en 1991. Elle découvre le cinéma direct aux Ateliers Varan et réalise plusieurs documentaires : Les Patients (1989), Coûte que coûte (1996), Récréations (1998), films souvent primés.

 En 1997, elle présente à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes son premier long métrage de fiction, Sinon oui, histoire d’une femme qui prétend être enceinte et vole un enfant. Pour Arte et dans l’espace du Parlement Européen, elle réalise un film avec des étudiants, Ça c’est vraiment toi (2000). Mi fiction, mi documentaire, ce film recevra les grands prix du documentaire et de la fiction au festival de Belfort. Elle tente alors une expérience théâtrale puis retrouve le documentaire avec 800 km de différence – Romance  (2002) et  Mimi  (2003) : ce dernier a été présenté au Festival de Berlin en 2003. Son deuxième long métrage de fiction, Ça brûle (2006), est présenté à la Quinzaine des réalisateurs en 2006.

En 2008 elle réalise un film de fiction, Les Bureaux de Dieu, avec des acteurs et des actrices connus, Anne Alvaro, Nathalie Baye, Michel Boujenah, Rachida Brackni, Isabelle Carré, Béatrice Dalle et Nicole Garcia personnalisant les spécialistes et les consultants d’un bureau de planning familial dont l’expérience réelle avait été auparavant étudiée.

Ce sont de « vraies » conversations, entre les conseillères, actrices connues et les visiteuses interprétées par des actrices non professionnelles inconnues des spectateurs afin d’échapper à un voyeurisme éventuel. Sans doute est-ce également une façon de donner aux expériences individuelles évoquées une dimension plus large.

Les entretiens sont filmés en plans-séquences, intensifiant la relation entre « conseillères » et « consultantes » mais également l’attention du spectateur entraîné dans une narration ponctuée par les moments de respiration offerts aux conseillères entre les différentes consultations.

En 2012, Claire Simon, poursuivant son entreprise concrète de saisie de la réalité par et dans le cinéma de fiction, se plonge longuement dans l’espace de la gare du Nord à Paris. Des dialogues, des fragments de vie, des rencontres. Six mois à observer, noter, enregistrer des passages, des rencontres. Sept semaines de tournage sur place. Claire Simon déclare : « Heure par heure, la gare du Nord peut donner une image de la France dans sa totalité. C’est une vraie place publique » (Télérama).

Le film Gare du Nord  (2012), en cours d’achèvement, avec les acteurs Nicole Garcia, François Damien et Reda Kateb ainsi que Richard Copans comme chef opérateur : «  La gare, dit Claire Simon, c’est Internet en dur. La multiplicité des flux et des réseaux se matérialise sous nos yeux, et il suffit de cliquer quelque part pour voir naître une histoire. » (Télérama).

Elle dit également : « Ce qui m’intéresse n’est pas la maîtrise, mais plutôt l’idée d’être au front, là où tout est incertain, où le monde est mouvant » (Télérama).

Il nous reste désormais à partager cette mouvance, à entendre ces interrogations et ces inquiétudes, à réfléchir ces observations et peut-être à les interroger à notre tour en questionnant sans cesse nos propres certitudes, nos propres attentes.

MARC H. PIAULT ; Septembre  2012 

♦ Filmographie ♦

Tandis que j’agonise 1980 | court métrage.

La police 1988 | court métrage.

Les patients 1989 | documentaire.

Scènes de ménage 1991 | 10 courts métrages de fiction.

Récréations 1992 | documentaire.

Artiste peinture 1992 | documentaire.

Histoire de Marie 1993 | court métrage.

Comment acheter une arme 1993 | court métrage.

Scènes de ménage 1991 | fiction de 10 courts métrages.

Coûte que Coûte 1995 | documentaire | Prix Louis Marcorelles 1995.

Sinon, oui 1997 | fiction | Sélection Quinzaine des Réalisateurs.

Ça c’est vraiment toi, 1999 | fiction et documentaire Téléfilm | Grand Prix Fiction et Grand Prix Documentaire au Festival De Belfort.

800 km de différence / Romance 2001 | documentaire.

Mimi 2002 | documentaire.

Est-ce qu’on a gagné ou est-ce qu’on a encore perdu 2004 | Court métrage.

Ça brûle 2006 | Fiction | Sélection Quinzaine des Réalisateurs.

Les bureaux de Dieu (coproduction franco belge) 2008 | Sélection Quinzaine des Réalisateurs.

Le projet Gare du Nord 2009/13 | comprenant : un long métrage documentaire Géographie Humaine, un long métrage de fiction Gare du Nord remix et une pièce de théâtre Gare du Nord / les voix et un objet web garedunord.net

Spielberg, 2001-2005 : Récits abîmés, récits de l'abyme.

1h12min50

Avec A.I., Intelligence Artificielle, un séisme a ébranlé le cinéma de Spielberg. La douleur aiguë et les interrogations angoissées qui habitaient le film ne sont pas restées sans conséquence sur une filmographie qui, de Minority Report à Munich en passant par La Guerre des mondes, Arrête-moi si tu peux ou Le Terminal, allait se révéler l'une des plus noires et lucides du cinéma américain.

13min -Les réalités du cinéma documentaire - Jean-Louis Berdot

14min56

Parce
qu'il puise ses images dans le réel, le documentaire se devrait d'être
"vrai". Son histoire témoigne au contraire de multiples arrangements
avec la réalité. C'est la nature de cette interface entre cinéma et réel que
nous allons explorer avec quelques exemples, témoignant ainsi, pour paraphraser
Jean-Luc Godart, que le cinéma documentaire n'est pas la représentation de la
réalité, mais la réalité de la représentation.
Jean-Louis Berdot réalisateur,
cofondateur du master documentaire à l'université Paris Diderot, , responsable
documentaire du festival latino américain de Biarritz

Le cinéma comme art

Claude MAKOWSKI

1h01min34

Le cinéma comme art par Claude Makovski Abel Gance disait : " Il y a le cinéma et l'art du cinéma ". Il savait de quoi il parlait, lui qui nous a laissé quelques chef-d'oeuvres incontestés du 7ème art : La Roue, J'Accuse ou le prodigieux Napoléon. Après une description introductive à la praxis cinématographique, puis une seconde partie consacrée aux aléas qui jalonnent la jeune histoire du cinéma (105 ans, bientôt 106 : quatre générations d'imaginaires renouvelés), la troisième partie de l'exposé sera dévolue au récit de quelques exemples choisis qui montreront en outre la fragilité de la pérennité des oeuvres cinématographiques, dont l'avenir dépendra de nouvelles vigilances de conservation et d'une prise de conscience non exclusivement sectaire ni marchande du patrimoine filmé, source inépuisable de culture et de création. Enfin, les nouvelles technologies permettront-elles à la fois de desserrer l'étau parfois oppressant des " décideurs " (ceux, qui, tenant les cordons de l'industrie, commandent aux créateurs) et d'apporter des techniques inédites de protection et de prolongement vital des films dont l'existence affirme la présence de l'Art du Cinéma ?

Kiyoshi Kurosawa par Kiyoshi Kurosawa : une leçon de cinéma

Kiyoshi KUROSAWA

54min55

"En ce qui me concerne, je ne ressens pas l'existence des fantômes même si je ne la nie pas à 100%. Je crois que ce qui apparaît dans un film existe, que ce qui ne s'y montre pas n'existe pas. Si le fantôme est à l'écran, il existe (...). J'essaie de montrer les évènements décisifs en un seul plan, comme par exemple le fait qu'un fantôme se tienne soudain debout à tel endroit. C'est un principe de base au cinéma, dans les films dignes de ce nom : l'évènement crucial se déroule sans montage." (Kiyoshi Kurosawa)