Documents pour «population»

Naoshima Dream on the tongue

Claire Laborey

1h07min37

NAOSHIMA (dream on the tongue) est la traversée d’une petite île japonaise de la mer intérieure de Seto. Depuis les années 90, elle est menacée d’exode, sa population décroît et vieillit, son industrie périclite. Sous l’impulsion d’un impressionnant projet de mécénat d’art contemporain, Naoshima se transforme. Les lignes pures et atemporelles des trois musées conçus par Tadao Ando, les œuvres d’art contemporains in situ se fondent dans le paysage, dispersés le long de ses rivages, à l’ombre de sa forêt.  La présence de l’art inquiète, fascine, inspire, dérange et devient le cœur palpitant de l’île.  À travers le récit d’un rêve ou d’un souvenir, se dessine une île où la présence de l’art jaillit d’une nature primitive et résonne avec la permanence fragile des traditions et rites quotidiens. Elle bouscule les représentations des habitants et les confronte à cette obsédante question : qu’est-ce que la beauté ?

De la création à l'évolution: l'invention de la biologie

André LANGANEY

1h10min46

Face à des dogmes religieux qui donnaient la priorité à l’irrationnel et à des prêtres qui faisaient torturer et tuer ceux qui n’y croyaient pas, la construction de la théorie de l’évolution fût lente et souvent dramatique. C’est aujourd’hui le fondement incontournable de la biologie, même si elle reste l’objet d’attaques frontales dans les théocraties et aux Etats Unis. André Langaney, généticien, nous fait par à travers cette conférence de la création et de l'évolution de la biologie. 1er volet du cycle de conférences "De l'Histoire à l'actualité des sciences". Pour voir les deux volets suivants : 2. L'évolution détournée : par le plaisir puis par les humains. 3. les Humains : une longue histoire puis un retour à la nuit des temps.

Pawit Raogo et la vieille menteuse

De André-Daniel Tapsoba

18min14

Dans le village de Luna, blotti au creux de la rivière qui arrose la savane du Mogho, vivent Pawit Raogo, un jeune homme de vingt ans, et ses parents.

Non loin de la concession des Raogo, il y a la vieille Maa Toogo, une octogénaire courbée par le poids des années et qui, selon les rudes principes ancestraux, mériterait respect et considération si seulement son comportement ne l’avait pas éloignée de la communauté.

EN-9. Population, environment and development

Jacques VERON

08min39

Jacques Véron talks about the relations between population, environment and development. He shows that these factors have to be together considered, and that a reading at different spatial scales, from the planet to the territory, is necessary.

9. Population, environnement et développement

Jacques VERON

08min39

Dans cette vidéo, Jacques Véron discute des relations entre population, environnement et développement. Il montre bien que ces facteurs doivent être considérés ensemble, et qu'une lecture à différentes échelles spatiales, de la planète au territoire, est nécessaire.

Habana

De Édouard Salier

21min56

Dans un futur proche, la ville de La Havane est à la limite de la guerre civile, et occupée par une force armée étrangère.

Une visite guidée par Lazaro, un gamin du ghetto, révèle le chaos qui règne au sein de la capitale...

Découvrir le monde avec Pierre Brouwers

De Pierre Brouwers

Chacun des films dresse le portrait d'une destination en 52 minutes.  Géographie, histoire, culture, religion, population, vie quotidienne... Découvrir le monde offre au spectateur une véritable synthèse de chaque destination.  Journaliste, photographe, cinéaste et globe-trotter, Pierre Brouwers voit le monde, le ressent et le filme.  Dans chaque film, Pierre Brouwers couvre au moins une fête représentative de la vie locale, et inclut de spectaculaires vues aériennes. 

Keynotes

Bruno Latour

47min12

Keynotes

Usages politiques et sociaux du registre biomédical

Ray SUBHADEEPTA

1h30min09

Bauer Susanne
Modeling population health. Reflections on the performativity of epidemiological techniques in the age of genomics 
Like accounting in the world of business, practices of quantification at the population level are ubiquitous in the health sciences. Risk reasoning has become the common sense mode of knowledge production in the health sciences. Risk assessment techniques of modern epidemiology also co-shape the ways genomic data are translated into population health. The products of these computational practices – risk figures – fold into the very configurations of health matters, co-shaping the body politic in biomedical science, clinical practice and everyday life. In preventive medicine, clinical decision-support software and web-based self-tests loop and make present the results of epidemiological studies into everyday life. Drawing from observations at various European research sites, I analyze how epidemiological techniques mediate and enact the linkages between genomics and public health. The proposed paper will examine the ways in which the epidemiological apparatus works as a generative machine that is socially performative. It explores the on-going transformations in the body politic and the governmentality of population health, as genomics-based data infrastructures reshape the "imperative of health". In the Euro-American assemblage of risk reasoning and related profiling techniques, the individual and the population are no longer separate but closely entangled, a feature characteristic of societies of control. 
Modéliser la santé des populations. Réflexions sur la performativité des techniques épidémiologiques à l’âge de la génomique.
Comme la comptabilité dans le monde des affaires, les pratiques de quantification au niveau des populations sont omniprésentes dans les sciences de la santé. Le raisonnement en terme de risque est devenu le mode de bon sens de production des connaissances en sciences de la santé. Les techniques d’évaluation des risques de l’épidémiologie moderne co-forment également la façon dont les données génomiques sont traduites dans la santé des populations. Les produits de ces pratiques informatiques s’incorporent dans les mêmes configurations que les questions de santé, co-formant le corps politique dans les sciences biomédicales, les pratiques cliniques et la vie quotidienne. Partant d’observations réalisées dans divers sites de recherche européens, j’analyse comment les techniques épidémiologiques négocient et ordonnent les liens entre la génomique et la santé publique. La communication proposée examinera comment l’appareil épidémiologique fonctionne comme une machine générative socialement performative. Il explore les transformations en cours dans le corps politique et le gouvernement de la santé des populations, alors que les infrastructures fondées sur la génomique façonnent l’ « impératif de santé ». Dans l’assemblage américano-européen de raisonnement du risque et des techniques qui y sont liées, l’individu et la population ne sont plus séparés mais intimement enchevêtrés, une caractéristique des sociétés de contrôle.


Subhadeepta Ray

Cast(e)ing the Genome: A Sociological Study of Caste in Research Practices of Human Genetics

In the wake of the success of the American, Human Genome Project, Indian scientists have been preoccupied in conducting similar research on the ‘People of India’. The two research laboratories, namely the Centre for Cellular and Molecular Biology (CCMB), Hyderabad and the Institute of Genomics and Inegrative Biology (IGIB), Delhi have distinguished themselves in researching on human DNA mapping of haplotypes and haplogroups. The former has investigated the evolutionary history of migration of various social groups of India. The latter has been focussing on a genome mapping survey trying to associate genes and diseases prevalent in various Indian communities. Based on ethnography conducted at the two laboratories and archival study of scientific papers I argue that both ancient migration and disease association studies of the ‘People of India’ are two ends of the same ‘experimental system’ (Joas-Rheinberger, 1997), constituting a recursive feedback loop, which feed into each other. Understandings of the tribes and castes of India are crucial to these studies and hold answers to a range of social and biomedical questions: Can the possible origins of the caste system be resolved using molecular genomic technology? Who were the earliest Indians? Are certain sections of the Indian population predisposed to certain diseases? The ‘People of India’ constitute an apt ‘bio-resource’ for conducting genomic studies because of India’s unique genetic diversity, characterised by its various tribes and castes, stratified by language, religion and geographical location. Moreover the genetic diversity is maintained through the feature of endogamy, an assumption which the scientists subscribe to. Unlike the west where intermarriage and migration, has led to the loss of genetic integrity, the practice of endogamy enshrined in the caste system of India has ensured the survival of pure gene pools. Indian scientists leverage this crucial ‘bio-resource’ in positioning India on the cutting edge of genomic research. I locate my study in the interstices of the disciplines of Sociology of India, Sociology of Science and Medical Anthropology. In this paper I argue that the distinction between science and society which Science and Technology Studies (STS) have demonstrated as untenable is apparently maintained by the Indian scientists through a key strategy of defining caste as  taxonomy or a ‘biological species’ maintained through the notion of endogamy. Caste as an oppressive, stratifying practice is the concern of social scientists or identity politics. I attempt to demonstrate that the distinction of caste as ‘scientific’ analytical unit and a ‘political’ strategy of mobilisation of identity are untenable especially when the caste identity forms the basis of sample collection. There is a complex feedback mechanism between the two realms. The two notions of caste are simultaneously co-produced, whereby the scientists pronouncements on caste has implications on identity politics just as scientists are equally informed about caste from lay and social science literature. 

La Caste du génome: une étude sociologique de la caste dans les pratiques de recherche de Génétique Humaine 
Le succès de « l'American Human Genome Project » a encouragé les chercheurs indiens à mener des recherches similaires sur les «personnes et les collectivités de l'Inde». En Inde, deux laboratoires de recherche, le Centre for Cellular and Molecular Biology (CCMB), Hyderabad, et l'Institut de génomique et biologie Inegrative (IGIB), Delhi, se sont récemment distingués dans la recherche sur la cartographie de l'ADN humain des haplotypes et des haplogroupes. Le premier a étudié l'histoire évolutionnaire de la migration des différents groupes sociaux de l'Inde. L'autre a fait l’étude de la cartographie du génome en tentant d'associer les gènes et les maladies répandues dans les diverses communautés indiennes. Mon travail de recherche repose sur l'ethnographie menée dans les deux laboratoires et l'étude des archives d'articles scientifiques. Je soutiens que l’étude des anciennes migrations et les études d'association de maladies des "peuples de l'Inde» sont deux extrémités du même «système expérimental» (Joas-Rheinberger, 1997), ces deux arguments constituant une formation discursive se renforçant mutuellement. Les perceptions des tribus et des castes de l'Inde sont cruciales pour ces études et détiennent des réponses à une certaine gamme de questions sociales et biomédicales: Est-il possible que les complexités sociales du système des castes puissent être simplifiées par l’usage de la technologie de génomique moléculaire? Qui étaient les premiers Indiens? Certaines sections de la population indienne sont-elles prédisposées à certaines maladies? Les «peuples de l'Inde» constituent une bio-ressource adaptée pour la réalisation d'études génomiques uniques en raison de la diversité génétique de l'Inde, caractérisé par ses différentes tribus et castes, stratifiée par la langue, la religion et l'emplacement géographique.En outre, la diversité génétique est maintenue grâce à la fonctionnalité de l'endogamie. Les scientifiques sont d'accord sur cette hypothèse. Contrairement à l'Occident où les mariages et les migrations ont conduit à la perte de l'intégrité génétique, la pratique de l'endogamie inscrite dans le système des castes de l'Inde a assuré la survie de pools génétiques pures. Des scientifiques indiens exploitent cette «bio-ressource» cruciale dans le positionnement de l'Inde à la fine pointe de la recherche en génomique. Je situe mon étude dans les interstices des disciplines de la sociologie de l'Inde, de la sociologie des sciences et de l'anthropologie médicale. Dans cet article, je soutiens que la distinction entre science et société que les STS ont démontré comme étant intenable est apparemment maintenue par les scientifiques indiens grâce à une stratégie clé consistant à définir la caste comme une taxonomie ou une « espèce biologique» entretenue par la notion d'endogamie. Le système des castes conçu comme pratique oppressive et stratifiante est du ressort des sciences sociales ou des politiques identitaires. Dans cette communication je vais essayer de démontrer que la distinction entre la caste comme unité d'analyse «scientifique» et comme stratégie «politique» de mobilisation de l'identité est insoutenable, en particulier lorsque « l’identité de caste » constitue la base de la collecte des échantillons. Il existe un mécanisme complexe de rétroaction entre ces deux royaumes. Les deux notions de caste sont simultanément co-produites, de sorte que les déclarations des scientifiques sur les castes ont des implications sur la politique identitaire tout comme les scientifiques sont également informés sur les castes par la littérature profane et la littérature en sciences sociales.

Flipping the Hierarchy of Evidence ?

Christopher L. COLVIN

24min53

Flipping the Hierarchy of Evidence ? :

Rituals of Inversion and Subversion in the Inclusion of Qualitative Research in WHO Guidelines
Evidence-based medicine (EBM)—and its hallmark method, meta-analysis—have enjoyed rapidly increasing visibility and legitimacy since the early 1990s.  The many assumptions of EBM—that valid, universal knowledge can be produced, that knowledge synthesis can be rigorous and transparent, and that these syntheses will slot neatly into policy and practice—have come to appear self-evident.  The rhetoric of “evidence-based” practice frames evidence synthesis as both common sense, with respect to orthodox scientific method, and, paradoxically, a radical break with a past practice steeped in the subjective prejudices of “expert opinion”. Within medicine and public health, the concept of evidence is typically limited to the quantitative and the gold standard of EBM has been the meta-analysis of randomized controlled trials.  Recently, however, there has been recognition of the potential contribution of (what gets framed as) “qualitative research” in EBM.  As health systems, and “complex” health systems interventions in particular, are recognized as critical determinants of health outcomes, policymakers are increasingly considering social science research, though typically only within the narrow purview of concepts like the “implementation” and “acceptability” of interventions. This paper draws from my participation in the first WHO technical guideline committee to formally integrate qualitative evidence syntheses into official global health guidelines.  The systematic reviews of qualitative evidence produced for this committee were also the first ever to have been registered as officially sanctioned “Cochrane reviews”.  The paper begins by situating this fieldwork within the broader history of a) the WHO’s often complicated translation of evidence into policy, as well as b) the development, and disciplining, within the health sciences of “qualitative research”.  It then charts how the decision was made to include this form of evidence and examines how evidence synthesis methodologies were adapted to fit pre-existing policy techniques and expectations for legitimating, standardizing and synthesizing quantitative evidence.  The paper concludes with a look at how a group of independent experts, commissioned to review and certify the final guidelines and accompanying “evidence base”, made sense of the integration of qualitative evidence.  A number of key questions animate this paper.  How were the methodological and epistemological practices that underpin the social sciences translated and negotiated, and what rationales and agendas were at stake, as clinicians, policymakers and social scientists engaged with each other.  Which policy questions were seen to be answerable by qualitative research (and which weren’t), what forms of evidence were included (and on what terms), and how were methods for synthesizing evidence negotiated and reframed to meet expectations that evidence be constructed as standardized, objective, transparent, and reproducible.  How did the external review committee introduce another layer to this translation process, one shaped by historical debates around lay health workers and by local, national and regional political agendas.  In the end, the paper considers to what extent this process represented an innovation in health policy development or to what extent it (also?) represented a capture and disciplining of social science evidence and theory by the biomedical mainstream.


Retournement de la hiérarchie de la preuve ? :

Rituels d'inversion et de subversion dans l'inclusion de la recherche qualitative dans les lignes directrices de l'OMS
L’evidence-based medicine (EBM) et son mode de marque, la méta-analyse, ont bénéficié d'une augmentation rapide de leur visibilité et de leur légitimité depuis le début des années 1990. Les nombreuses hypothèses de l'EBM – qu’une connaissance universelle peut être produite, que la synthèse des connaissances peut être rigoureuse et transparente, et que ces synthèses s’inséreront parfaitement dans la politique et la pratique – en sont venus à paraître évidents. La rhétorique de la pratique de l’EBM est que l’EBM est tout à la fois une forme de "sens commun", du pointe du vue de la méthode scientifique orthodoxe, et, paradoxalement, une rupture radicale avec la pratique passée ancrée dans les préjugés subjectifs de «l’avis d'expert».Dans la médecine et la santé publique, la notion de preuve est généralement limitée aux données quantitatives. L'étalon-or de l'EBM est la méta-analyse d'essais contrôlés randomisés. Récemment, cependant, il la contribution potentielle de (ce qui est présenté comme) «recherche qualitative» dans l’EBM a été reconnue. Comme les systèmes de santé et les interventions «complexes» aux systèmes de santé en particulier, sont reconnus comme des déterminants de santé, les décideurs envisagent de plus en plus le recours à la recherche en sciences sociales, mais en général seulement dans le domaine étroit de concepts tels que la «mise en œuvre» et «l'acceptabilité» de interventions.Cette présentation s'inspire de ma participation au premier comité de directives techniques de l’OMS pour intégrer officiellement les synthèses de preuves qualitatives dans les lignes directrices officielles de la santé mondiale. Les examens systématiques des données qualitatives produites pour ce comité ont également été les premiers à avoir jamais été enregistrés officiellement comme "examens Cochrane".La présentation commence par situer mon travail de terrain au sein de l'histoire plus large de a) la traduction par l'OMS, souvent compliquée, des preuves en politique, ainsi que b) le développement et la discipline, au sein des sciences de la santé, de la «recherche qualitative». Elle montre ensuite comment la décision a été prise d'inclure cette forme de preuve et examine la manière dont les méthodologies de synthèse de preuve ont été adaptés pour répondre aux attentes techniques et politiques pré-existantes pour légitimer, normaliser et synthétiser les données quantitatives. Ma présentation se termine par un regard sur un groupe d'experts indépendants qui ont été chargé d'examiner et de certifier les lignes directrices finales.Un certain nombre de questions clés anime cette présentatuin. Comment ont été traduites et négociées les pratiques méthodologiques et épistémologiques qui sous-tendent les sciences sociales, et quelle logiques et programmes étaient en jeu alors que des cliniciens, des décideurs et des spécialistes des sciences sociales s’engagaient les uns avec les autres? Quelles sont les questions politiques qui étaient considérées comme pouvant trouver une réponse grâce à la recherche qualitative, (et quelles sont celles qui ne l’étaient pas), quelles formes de preuve ont été incluses (et à quelles conditions), et comment les méthodes pour synthétiser les données ont-elles été négociées et recadrées pour répondre aux attentes concernant les preuves, à savoir que celles-ci doivent être construite de façon à être standardisées, objectives, transparentes et reproductibles? Comment le comité d'examen externe a-t-il introduit une couche supplémentaire à ce processus de traduction, une couche informée par les débats historiques autour des  agents de santé communautaires et par les agendas politiques locaux, nationaux et régionaux. En fin de compte, cette présentation examine dans quelle mesure ce processus constitue une innovation dans l'élaboration des politiques de santé ou dans quelle mesure (aussi ?) il représente une capture des données et de la théorie en sciences sociales par le courant biomédical dominant.

The rise of cost-effectiveness evidence in global health

Katerini STORENG

25min25

The rise of cost-effectiveness evidence in global health: contingencies of ‘context’ and the politics of contingency 

The development and implementation of health policies in developing countries have become increasingly driven by the practices of research communities, inter- and non-governmental organisations, and donor agencies operating at the global level.  As part of this shifting landscape, commentators have noted the permeation of neo-liberal market-principles into global health with the rise of “philanthrocapitalism” and public-private partnerships, starting mostly in the 1990s. Thus, critics argue that the concurrent rise in demand for experimental evidence of cost-effectiveness reflects not simply the superior epistemic truth-value now attributed to experimentation, but also the fact that cost-effectiveness measures facilitate the calculation of returns on investments, thereby enabling donors to hold recipients to account.This narrative of neo-liberalism has gained considerable traction in global health. Giving rise to a series of counter-narratives relating specifically to the reductionistic and universalizing tendencies of cost-effectiveness frameworks, a great deal of attention has been given to the disjunctures that arise when evidence-based guidelines, which are assumed to be broadly universally applicable, are transposed onto a variety of local “contexts” that are rife, even, with “culture” (Adams 2005; Béhague, Tawiah, Rosato, Somed, and Morrison 2009; Geissler 2001; Lambert 2006; Timmermans and Berg 2003). Radical epidemiologists and social scientists who publically bemoan the shift towards impact research are actively engaged in producing alternative epistemologies (Béhague and Storeng 2013). Drawing on an ethnographic study of the safe motherhood initiative, this paper explores the birth of a new interface between normative and alternative epistemologies in global health research. Focusing on the recent proliferation of two key concepts -- “context” and “complexity” -- we compare key differences in the ways these concepts are used by various stakeholders, depending on their type of expertise, and their role, rank and geopolitical placement. Global actors relying on cost-effectivness ways of reasoning, for example, tend to define “contextualization” in operational terms, as the process of making experimentally-generated policies “work” in specific settings. Implicit in this stance is the idea that if interventions are properly “scaled-up,” and importantly, if culture is adequately accounted for (Fassin 2004), the problem of complex contexts will be overcome. Situated at the national and sub-national levels, usually in donor-dependent countries, proponents of a different notion of “complexity and context” draw from the qualitative social sciences to endorse a post-colonial critique of global health. This perspective highlights the challenges country-level actors experience in aligning themselves to the priorities set by “coercive” global actors and institutions, who, they argue, endorse a fragmented model of development at the expense of national research capacity and the development of context-specific solutions. As power-plays such as these have come to the fore, some global actors have even come to see the debate in favour of epistemic diversity and “contextualisation” as driven not by a genuine interest in local problem-solving but by local stake-holders’ categorical impetus to reject “neo-colonial” impositions.Our analysis of the use of these varied and shifting debates seeks to reframe understandings of epistemic “resistance.” Focusing less on the polarised fringes of normative epistemologies and more on how epistemic genres divide, multiply and inter-relate (Cetina 1999; Holmes and Marcus 2008), we explore how debates relating to contingency are entrenched in geo-political negotiations and the emergence of new “community”-oriented politics of self-governance (Rose 1996). In doing so, we explore how assertions on the importance of “context” and “complexity” are trapped in a finely-tuned dualistic and dialectical relationship (Latour 1994), thereby rendering these concepts unlikely vehicles for significant change. 


L’émergence d’un régime de preuve de rentabilité dans la santé globale : les contingences du « contexte » et la politique de la contingence 

Le développement et la mise en œuvre de politiques de santé dans les pays en voie de développement sont de plus en plus marqués par les pratiques des communautés de recherche, des organisations intergouvernementales et non gouvernementales et des agences donatrices opérant au niveau global. Dans le cadre de ce changement de paysage, certains commentateurs ont noté la pénétration dans la sphère de la santé globale des principes du marché néolibéral, avec l'ascension du "philanthrocapitalism" et des partenariats Public-Privé, surtout à partir des années 1990. Ainsi, les critiques soutiennent que l’augmentation des demandes de preuves expérimentales concernant la rentabilité reflète non seulement la supériorité de la valeur de vérité maintenant attribuée à l'expérimentation, mais aussi le fait que les mesures de rentabilité facilitent le calcul des retours sur investissements, permettant ainsi aux donateurs d’exiger aux récipients de rendre des comptes. Ce discours néolibéral a gagné énormément de force dans le domaine de la santé globale. Donnant naissance à une série de contre-récits touchant spécifiquement aux tendances réductionnistes et universalisantes des cadres de rentabilité, une grande attention a été donnée aux disjonctions qui surgissent quand les evidence-based guidelines, qui sont donnés pour universellement applicables, sont transposés dans une variété de « contextes » locaux, qui sont marqués, qui plus est par la « culture » (Adams 2005; Béhague, Tawiah, Rosato, Somed et 2009 Morrison; Geissler 2001; Lambert 2006; Timmermans et 2003 Berg). Des épidémiologistes radicaux et des spécialistes des sciences humaines qui déplorent publiquement ce changement sont activement engagés dans la production d'épistémologies alternatives (Béhague et 2013 Storeng).S’appuyant sur une étude ethnographique de l’initiative « maternité sans risques », cet article explore la naissance d'une nouvelle interface entre des épistémologies normatives et alternatives dans la recherche en santé globale. Se concentrant sur la prolifération récente de deux concepts clés - "le contexte" et "la complexité" - nous comparons les différences principales dans la façon dont ces concepts sont utilisés par diverses parties prenantes, selon leur type d'expertise, leur rôle, leur rang et leur placement géopolitique. Des acteurs globaux qui raisonnent en termes de rentabilité, par exemple, ont tendance à définir "contextualisation" en termes opérationnels, comme le fait de faire fonctionner des politiques expérimentalement produites dans des conditions spécifiques. Ce qui est implicite alors est l'idée que si les interventions sont correctement mises en place à plus grande échelle et si la culture est adéquatement représentée (Fassin 2004), le problème de contextes complexes sera surmonté. Placé aux niveaux nationaux et sous-nationaux, généralement dans des pays dépendants de donateurs, les partisans d'une notion différente de « complexité et contexte »  s’appuient sur les sciences sociales qualitatives pour appuyer une critique post-coloniale de la santé globale.Cette perspective met en évidence les défis dont les acteurs locaux font l’expérience quand ils doivent s’aligner sur les priorités définies par des acteurs globaux et des institutions « coercitifs » qui, argumentent-ils, soutiennent un modèle fragmenté de développement aux frais de la recherche nationale et du développement de solutions spécifiques au contexte national. Alors que ces jeux de pouvoir sont de plus en plus manifestes, quelques acteurs globaux en sont venus à voir le débat en faveur de la diversité épistémique et  de la "contextualisation" comme conduit non par un intérêt véritable dans la résolution des problèmes locaux, mais par la volonté des locaux de rejeter des impositions "néocoloniales". Notre analyse de l'utilisation de ces débats et changeants à pour ambition de repenser la la notion de « résistance » épistémique. Nous concentrant moins sur les marges des épistémologies normatives et plus sur comment les genres épistémiques se divisent, se multiplient et interagissent (Cetina 1999; Holmes et Marcus 2008), nous étudions comment les débats sur la contingence sont retranchés dans des négociations géopolitiques et l'apparition d’une nouvelle politique de « gouvernement de soi » orientée sur les « communautés » (Rose 1996). De cette manière, nous explorons comment les affirmations relatives à l'importance du « contexte » et de « la complexité » sont prises au piège d’une relation dialectique (Latour 1994), rendant ainsi ces concepts peu aptes à véhiculer un changement significatif.

The medicalization of male sexuality and the creation of public policies in Brazil

Fabíola ROHBEN

18min37

The medicalization of male sexuality and the creation of public policies in Brazil

This research deals with the medicalization of male sexuality considering two distinct historical processes. The first one refers to the great movement for intervention on male sexuality occurred in the early twentieth century in Brazil around the syphilis and the broader fight against venereal diseases. The second concerns the medicalization of sexuality through a focus on erectile dysfunction and the so called andropause and the creation of a new and inescapable pharmacology of sex in the transition to the twenty-first century. The theoretical approach is based on anthropology and social studies of science. With regard to methodology, was conducted documentary research in historical archives and various contemporary sources (such as press material and government sources), interviews and ethnography in medical conferences and public events.


La médicalisation de la sexualité masculine et la création de politiques publiques au Brésil

Cette étude aborde la médicalisation de la sexualité masculine au Brésil en mettant en parallèle deux processus historiques distincts : survenu au début du XXe siècle, le premier s’illustre par une forte intervention au niveau de la sexualité masculine pour lutter contre la syphilis et, plus généralement, contre les maladies sexuellement transmissibles. Le second se situe au tournant du XXIe siècle et se caractérise par une médicalisation de la sexualité, centrée sur la dysfonction érectile et ladite andropause, ainsi que par la création d’une nouvelle pharmacologie du sexe. La perspective théorique se base sur l’anthropologie et les études sociales de la science. D’un point de vue méthodologique, ce travail repose sur une recherche documentaire dans des archives historiques et dans plusieurs sources contemporaines (dont la presse et les documents officiels), en plus d’entretiens et d’une étude ethnographique dans des congrès médicaux et des événements publics.