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Vers un un statut juridique pour les déplacés environnementaux ?

1h18min58

Cette communication a été prononcée dans le cadre du festival "Migrations et climat", qui s'est tenu à Caen du 18 au 20 avril 2018. Le festival était organisé par les Décaentés,
l'association des étudiants en développement durable de SciencesPo
Rennes (Antenne de Caen) avec le soutien de la MRSH et du cinéma Le café des images.
Michel Prieur est professeur émérite à la Faculté de droit et
de sciences politiques de l'Université de Limoges. Président du Centre international de droit comparé de
l'environnement (CIDCE), il est également directeur de la
Revue juridique de l'environnement et directeur scientifique du
Centre de recherches interdisciplinaires en droit de l'environnement,
de l'aménagement et de l'urbanisme (CRIDEAU – OMIJ).
Au plan international, les populations confrontées aux
dégradations de l’environnement interrogent le droit. Quel statut
accorder aux personnes qui se déplacent pour des raisons
environnementales ? De la réponse à cette question dépendent
en partie les dispositifs d’aide. En France, les spécialistes
mettent en avant l’inadaptation des protections juridiques
existantes. Même si le choix des termes (“réfugié”, “migrant”
ou “déplacé”) reste un point de discussion qui n’est pas
définitivement tranché, un débat doctrinal est en cours concernant
l’opportunité d’instruments juridiques nouveaux.

Le CIDCE est un acteur du droit de l’environnement. Devenue une
ONG bénéficiant du statut spécial consultatif auprès de l’ECOSOC
des Nations Unies à New York, le CIDCE vise à promouvoir les
progrès dans la protection de la planète grâce à son réseau
mondial de spécialistes du droit de l’environnement. Pour cela il
participe aux grandes conférences internationales sur
l’environnement et le développement durable et prépare des
propositions de réformes soumises aux Etats et organisations
internationales. Car si beaucoup d'instruments législatifs existent
néanmoins (le plus souvent à titre de recommandations), la plupart
de ces conventions, directives et autres initiatives relevant du soft law se révèlent
insuffisantes ou inapplicables.
.

Entretien #52 avec Ashis Nandy

03min05

Projet de recherche : « Le cosmopolitisme alternatif »




Le modèle dominant de cosmopolitisme, qui fut longtemps considéré comme la seule forme viable de cosmopolitisme, inclut autant qu’il exclut. Certains chercheurs le reconnaissent, mais il ne semble pas que leurs voix soient entendues au-delà des petits cercles de spécialistes des aires culturelles ou des historiens de la culture. Et pourtant, au cours d’explosions de violence, de nombreuses communautés voient se lever des personnes ou des groupes qui déploient des formes de “bons voisinages” pour résister à la violence. Dans une étude en cours sur les violences au moment de la partition entre l’Inde et le Pakistan, 40% des survivants déclarent avoir été aidés par des personnes “de l’autre camp” et/ou savoir que des voisins ou amis avaient reçu une telle aide. Et les sauveurs ont parfois été tués avec les personnes qu’ils essayaient de secourir.


Comment expliquer une telle résistance ? Trouve-t-on des éléments de réponse dans les formes alternatives de cosmopolitisme et dans les formes non-modernes d’hospitalité, plus à l’aise avec la diversité radicale ou extrême ? Existent-ils, dans les cultures n’ayant pas bénéficié des valeurs inspirées des Lumières, des ressources alternatives à utiliser face aux projets génocidaires de notre époque ? Ces questions sont restées peu exploitées, et sous-théorisées.


Cette étude espère identifier les composants de ces formes alternatives de cosmopolitisme et d’hospitalité, ainsi que du langage de la dissidence qui les sous-tend.

Biographie


Ashis Nandy est politologue, futurologue et spécialiste de psychologie culturelle. Il est associé au Centre pour l’Etude des Sociétés en Développement (CSDS, Delhi) depuis plus de 40 ans ; ainsi qu’à divers mouvements et initiatives visant à explorer les alternatives dans différentes sphères du savoir et de la culture. En 2007, Ashis Nandy a reçu le Grand Prix du Prix de la Culture Asiatique de Fukuoka, et en 2008, il faisait partie de la liste des 100 intellectuels choisis par le journal Foreign Policy et la Fondation Carnégie pour la paix internationale. En 2002-2004, il était “National Fellow” du Conseil Indien pour la Recherche en Sciences Sociales.


Les travaux d’Ashis Nandy alternent entre la destructivité de l’humain et les potentialités de l’humain. Il a combiné ces intérêts pour sortir des cadres conventionnels, intégrant dans ses travaux des sensibilités et catégories issus des systèmes de pensées marginaux. Il a notamment publié Alternative Sciences: Creativity and Authenticity in Two Indian Scientists (Oxford University Press, 1995), The Tao of Cricket: On Games of Destiny and the Destiny of Games (Oxford University Press, 2000), An Ambiguous Journey to the City: The Village and Other Odd Ruins of the Self in Indian Imagination (Oxford University Press, 2000), Romance of the State and the Fate of Dissent in the Tropics (Oxford University Press, 2008), Time Warps (Rutgers University Press, 2002), and Traditions, Tyranny and Utopias (Oxford University Press, 1988).

Entretien #51 avec Alok Bhalla

03min59

Projet de recherche : « Etrangers et l’étrangeté du sacré: animaux, oiseaux, poissons, serpents, démons et dieux comme prophètes dans les miniatures du Ramayana de Chamba. »


Ce projet est une tentative de « lire » de façon critique un ensemble de 87 miniatures qui constituent la narration picturale du Ramayana, peintes par les artistes de la vallée de Chamba, dans le Nord de l’Inde, entre 1760 et 1800 de notre ère. Ces peintures, qui n’ont jamais été analysées comme devraient l’être des outils narratifs visuels, font parties d’une collection riche et merveilleuse de mythification picturale en Inde. Selon Alok Bhalla, il convient de dire que ces miniatures ne sont pas une simple illustration d’incidents particuliers du Ramayana et qu’elles ne tentent aucunement de traduire la poésie verbale de l’épopée de Valmiki en un équivalent imagé. Dans ces peintures, les artistes de Chamba offrent une nouvelle compréhension visionnaire de l’histoire mythique, ainsi qu’une relecture critique de l’épopée originelle.


Comme les plus remarquables penseurs, ces miniatures explorent la notion de « bien » et de « mal ». Leurs réponses imagées à l’exil de Rama des lieux de pouvoir et des villes, attirent notre attention sur l’abondance de la beauté de la terre de par ses animaux, oiseaux et démons, nous obligeant à porter notre attention à l’idée peu conventionnelle que les êtres humains doivent étendre leur compassion à tout ce qui peut paraître « étrange » sur terre. En effet, c’est uniquement à travers un dialogue mutuellement entretenu entre êtres humains et « l’étrange » que les sociétés humaines peuvent devenir de nouveau responsables, et que la Terre peut trouver des ressources afin de se régénérer.

Biographie


Alok Bahlla a obtenu son Master de l’Université de Delhi et son Doctorat de l’Université d’État du Kent (États-Unis). Il a été professeur invité de l’Université Hebraïque de Jérusalem grâce à une bourse du Lady Davis Trust, résident du Centre Bellagio (Italie) de la Fondation Rockeffeller et résident à l’Institut d’Études Avancées Indien de Shimla.


Après avoir pris sa retraite du poste de Professeur de l’Université d’Anglais et des Langues Etrangères d’Hyderabad (EFLU), il a enseigné la littérature à Jamia Millia Islamia et à l’Université Ambedkar, Delhi. Ses publications comprennent Stories about the Partition of India (4 tomes), Partition dialogues, Cartographers of Hell et Politics of Atrocity and Lust, des livres sur la traduction et sur Saadat Hasan Manto. Ses articles de recherche sont apparus dans Journal of Peasant studies, Manoa, Kunapipi, Economic and Political Weekly, etc. Il a traduit des pièces de théâtres de Dharamvir Bharati, Krishna Baldev Vaid, et Satish Alekar, un roman de Nirla Verma, ainsi que des récits et poèmes d’Intizar Husain, Gulzar, Kedarnath Singh, etc. Il a également publié Yatra; writings from the Indian Subcontinent (6 tomes). Son ouvrage de vers absurdes pour enfants, Tongue-Twisting Tales est à paraître. Poète publié, il a participé à des festivals littéraires à Jaipu, Mumbai, Chennai, Chandigarh et Karachi. Ayant voyagé à travers le monde, il a donné des conférences à Moscou, Yaroslaval, Yangon, Haifa, Dhaka, Heidelberg, Londres, Berkeley, Honolulu et Atlanta.

Entretien #50 avec Supriya Routh

04min42

A l’IEA de Nantes dans le cadre de la Chaire France BIT

Projet de recherche : “ Une conception du droit du travail pour les activités économiques informelles”


Dans la recherche qu’il se propose d’entreprendre, Supriya Routh analysera le droit dans un contexte d’emploi informel au sein des pays en développement. L’emploi non structuré est un phénomène typique de ces pays. Dans un pays comme l’Inde, l’emploi informel représente 93% de l’emploi total. Le droit du travail, fondé sur le concept juridique des relations de travail dans une structure industrielle, ne peut pas faire face à la situation difficile des travailleurs informels. C’est dans ce contexte que Supriya Routh se propose d’élaborer un cadre de droit du travail pour l’économie informelle qui prévoit la participation des institutions intégrées, ou des acteurs, comme les parties politiques, les médias, les représentants élus, les ONG, etc., dans le processus de création de lois.


Une telle législation du travail a besoin d’être placé dans le contexte des activités économiques informelles spécifiques au sein de pays distincts car les activités du secteur informel sont propres à chaque région du monde. Supriya Routh souhaite analyser certaines de ces activités informelles spécifiques (par ex. les marchands de rue, tireurs de poussepousse) en Inde et dans d’autres pays d’Asie du sud, dans le but de développer un cadre de législation du travail pour les travailleurs informels en Asie du Sud. Il s’inspirera des théories de la justice sociale dans le but de développer un cadre théorique pour son étude. Ainsi, il a l’intention de s’engager dans l’étude d’acteurs, de procédures et de lieu de création du droit (du travail) en Asie du sud.

Biographie


Avec une licence de droit de l’Université du Nord Bengale en Inde, Supria Routh a reçu sa maîtrise de l’École de Droit de l’Université Vanderbilt aux États-Unis, grâce à une bourse Fulbright. Son doctorat de recherche sur le droit et la société, de la faculté de droit de l’Université de Victoria au Canada, est une étude interdisciplinaire en droit, sociologie et économie. Les recherches doctorales de Supriya Routh se concentrent sur les activités économiques informelles des pays en développement (avec un accent particulier sur l’Inde) dans le but de vérifi er s’il est possible d’améliorer les conditions des travailleurs informels grâce à l’approche des capabilités développée par Amyrtya Sen et Martha Nussbaum. Il a publié dans des journaux internationaux de droit et sciences sociales.

Entretien #49 avec Chris Hann

02min52

Projet de recherche : « Rapatrier Polanyi »


Bien qu’il ait atteint une renommée internationale par ses publications en langue anglaise après la Seconde Guerre mondiale, Karl Polanyi a reçu son éducation à Habsbourg en Hongrie. Ses idées, qui ont connu un regain d’attention ces dernières années en raison de la crise économique mondiale, ont été marquées de manière décisive par ses années de formation en Europe Centrale. Ce projet permettra d’appliquer son anthropologie économique aux régions rurales de Hongrie, et en particulier à Tázlár, village de la Grande Plaine, où Hann mène ses recherches sur le terrain depuis 1976. Région assez pauvre de l’ère pré-socialiste, Tázlár a prospéré au cours des dernières décennies du socialisme, avant de connaître un déclin économique et démographique après 1990. Cette histoire fluctuante sera interprétée en termes de concepts polanyiens tels que “embededdness” (encastrement), “utopie économiste” et “double mouvement”. L’expansion excessive du principe du marché entraîne non seulement un “disembeddedness” (désencastrement) et provoque dans la société des réflexes d’auto-défense de caractère bénin, mais aussi un nationalisme populiste destructeur. Le double mouvement de Polanyi doit donc être affiné.

Biographie


Chris Hann est né au Pays de Galles en 1953. Il a étudié la politique, la philosophie et l’économie à Oxford ainsi que l’anthropologie sociale à Cambridge. Sa première publication importante est issue de sa thèse de doctorat (1980). Plus tard, il a travaillé sur le terrain en Pologne, et, avec Ildikó Beller-Hann, en Turquie et en Chine (Xinjiang).


Après avoir occupé des postes d’enseignement au Royaume-Uni dans les Universités de Cambridge et de Kent (Canterbury), Hann a déménagé en 1999 à Halle, en Allemagne, pour occuper son poste actuel de Directeur de l’Institut Max Planck pour l’anthropologie sociale. Il dirige le département “Résilience et transformation en Eurasie”. Hann a travaillé dans de nombreuses branches de l’anthropologie, qu’il considère avant tout comme étant de la sociologie comparative. Les principaux groupes de travail de son département sont “Parenté et soutien social en Chine et au Vietnam”, “Les minorités et l’Etat” (anthropologie historique), et “Industrie et inégalité” (anthropologie économique).

Entretien #48 avec Ildikó Beller-Hann

03min47

Projet de recherche : « Gouvernants et gouvernés entre deux civilisations : les communautés agraires ouïghours dans l’est du Xinjiang du XVIIIe au XXIe siècle »


Situés en bordure de la civilisation islamique d’Asie centrale, les Ouïghours turcophones ont été, au cours de ces trois derniers siècles, progressivement incorporés dans une autre civilisation : l’État chinois et ses mutations successives. Ce long processus n’est pas achevé à ce jour, étant donné que les Ouïghours ont toujours résolument conservé leur identité distincte. C’est l’une des questions principales de ce projet : comment les Ouïghours peuvent concrètement être intégrés tout en conservant leur spécificité culturelle ?


Ce projet se focalisera sur le point de vue local plutôt que sur l’histoire nationale et les politiques descendantes. Les moyens d’adaptation et de maintien de l’identité culturelle doivent être conciliés avec les stratégies de survie des individus et des communautés dans lesquelles ils sont incorporés. Les liens multiples de la communauté devront être explorés d’un point de vue ethnographique en se concentrant sur la manière dont la cohésion sociale se perpétue. Une observation attentive met également en lumière la façon dont les Ouïgours mettent l’accent sur les différences, affichant des formes de résistance à l’autorité perçue comme extérieure, mais on assiste aussi à un éclatement de la communauté, dans des périodes de relative stabilité comme dans les périodes de transition rapide.


Toutes ces stratégies sont articulées dans des récits sur soi et l’autre, qui sont souvent négligés par les historiens traditionnels, car apparemment de portée limitée, et d’intérêt local. Cependant, faire de l’histoire locale l’objet de recherches sérieuses peut contribuer de manière significative à notre compréhension de la nature et de la réalisation d’alliances à des niveaux supérieurs, de l’interdépendance à une micro ou macro échelle, et des rencontres culturelles.

Biographie


Ildikó Bellér-Hann est diplômée de l’Université Eötvös Lorand (Budapest, Hongrie), en études turques, anglais et archéologie. Elle soutient son doctorat en 1989 sur la linguistique historique des langues turques à la faculté des études orientales de l’Université de Cambridge (UK). Elle a ensuite été assistante de recherche à la Bibliothèque de l’Université de Cambridge, puis conservatrice du Centre Skilliter du Newnham College de Cambridge, où elle a enseigné à la faculté des études orientales. Elle a été chercheur à Cambridge de 1991 à 1998, puis à l’Université de Kent à Canterbury, où elle a travaillé sur des projets de recherche d’envergure sur la Turquie et le xinjiang (Nord-Ouest de la Chine). En 1999, Ildikó Bellér-Hann a obtenu un poste au Centre d’études orientales, Université Martin Luther à Halle (Allemagne). Elle est titulaire d’un diplôme d’habilitation de l’Université Humboldt, avec une thèse sur les Ouïghours du Xinjiang dans la fin du XIXe et le début du XXe siècle. Depuis 2009, elle est professeur associée à l’Université de Copenhague et se spécialise dans les sociétés et les cultures modernes de l’Ouest de la Chine et de l’Asie centrale.


Ses domaines de recherche sont l’anthropologie historique et contemporaine de l’Asie centrale, du Xinjiang et de la Turquie.

Entretien #47 avec Manish Pushkale

04min00

Projet de recherche : « Image et imagination »


En tant que peintre, Manish Pushkale fait face à l’expérience de vues et d’espaces, à travers le conglomérat d’Images, de Couleurs et de Lignes, le jeu des teintes et des tons, qui résultent au final, en une composition de divers supports du plan pictural et qui se réfère au terme Peinture. Dans les peintures de Manish Pushkale, il n’y a pas de polémique ou d’ironie mordante. Son art est simplement un exercice de chaleur, à caractère direct, la concentration de l’expression en couleurs neutres qui taille le terrain des homogénéités. Cela s’avère être sombre, innocent, et incroyablement sérieux. L’art abstrait ne produit pas. Par contre, il invite à la conversation. Il existe une splendeur troublante à ce calibre d’art abstrait. C’est un sentiment tactile et glorieux que d’essayer et d’absorber les différentes sensations, expérience qui s’apparente à l’écoute d’un cantique dans l’enceinte d’une cathédrale. C’est aussi comme faire du sur place sur les vagues, le chevauchement du creux et de la houle du son, chacun d’eux formant une vague. Balayé par un courant invisible, vous êtes attirés vers les eaux profondes jusqu’à ce que vous vous trouviez flottant parmi de vieilles routines et de riffs, des morceaux de souvenirs, l’épave de mondes et de mots. Les peintures de Manish Pushkale sont révélées par l’extraction des sens. La caractéristique remarquable de ses peintures est la luminosité. Elles donnent l’impression de ne pas être éclairées de l’extérieur, mais de l’intérieur des couches et de la transparence des couleurs. La peinture dans son entier devient lumière. Bien que les peintures soient perçues comme dénuées de formes selon la compréhension traditionnelle de la forme, dans ces peintures la forme se créée par l’interaction des mouvements de lumière et de perception pour le spectateur. Ce jeu n’est pas linéaire, au contraire, il est constamment en état de mouvement délibéré permettant aux formes carrées d’être en interaction avec l’arrière-plan. Elles se construisent et se déconstruisent au gré du mouvement de yeux, et s’entraînent à se focaliser ou non sur la toile.


Est-ce une combinaison étrange de cognition transitoire de l’image fixe qui est prophétique dans son impact sur le spectateur ?

Biographie


Né le 26 octobre 1973 à Bhopal (Madhya Pradesh, Inde), un lieu également connu pour sa tragique fuite de gaz, Manish Pushkale est titulaire d’une maîtrise en Géologie. Sans avoir eu de formation dans le domaine de l’art, mais grâce à une initiation puissante et sensible dans le complexe artistique de Bharat Bhavan à Bhopal, il a réussi à faire émerger un langage abstrait qui porte sa propre empreinte.


Son choix méticuleux des couleurs utilisés pour créer des couches de peinture, et sa méthode d’application et d’essuyage de la couleur fait appel aux méditations complexes de l’ascétisme et de la mondanité, la renonciation et la sensualité, la présence et l’absence, la mort et la renaissance et ainsi de suite. Ses œuvres sont un jeu de dichotomies comme celles de la lumière et l’obscurité, la trace et l’effacement, la forme et l’absence de forme, la retenue et l’excès, le contrôle et l’indulgence. Celles-ci ont mûri à un degré qui confronte et assimile toutes ces oppositions afin d’atteindre un état d’harmonie raffinée.


Manish Pushkale est également membre de la Raza Foundation à Delhi. Il vit et travaille dans cette même ville, comme artiste indépendant.

Entretien #46 avec Joachim Nettelbeck

02min48

Projet de recherche : « Pour une administration de la recherche de qualité »


L’importance d’une bonne administration de la recherche est facilement sous-estimée. Ni le public, ni les chercheurs ne l’apprécient à sa juste valeur. L’intérêt du public se concentre sur les décisions politiques. Pour le chercheur c’est le résultat qui compte et non pas les conditions plus ou moins favorables dans lesquelles il travaille ; il a une image de l’administration comme d’un mal inévitable qui lui coûte trop de temps.


Comme toute administration, l’administration de la recherche se sert des moyens, du droit, de la gestion du personnel et des moyens financiers, de la négociation etc., mais elle tient sa particularité de son objet, la recherche, qui elle, dépend des chercheurs. Donc, l’administration a comme objectif premier d’être au service des chercheurs.


L’administrateur de qualité traduit les opportunités qui s’ensuivent de la créativité du chercheur en organisation propice à faciliter la recherche par de bonnes conditions. Cette tâche de traduction entre les besoins du chercheur et les conditions du système de recherche peut se poser à tout moment. En acceptant cette tension inhérente, l’administrateur doit être préparé à une mentalité de réflexivité. Cette mentalité s’oppose au “New Public Management” qui invite à suivre des algorithmes préconçus et qui fait disparaître les dilemmes ou tensions entre la tâche publique et l’esprit d’être au service du chercheur, et ceci en faveur de l’administration. Le chercheur se voit transformé en serviteur de l’administration.


La description de la routine de l’administration se trouve dans les “textbooks”, l’administration réflexive par contre est difficile à décrire. Mon plan réside en l’écriture d’un nombre conséquent d’histoires significatives soulevant des sujets importants de l’administration de recherche comme l’internationalisation, la transparence ou l’excellence. Il n’en résulte pas un livre scientifique, mais comprendre le succès du “New Public Management” dans ses contextes multiples est la condition pour bien articuler mes histoires. Cette question touche à des disciplines diverses, comme les sciences de l’administration, l’économie, les sciences de la gestion d’où ses méthodes sont empruntées, le droit constitutionnel, les sciences de la politique qui justifient leur implantation dans le système politique. Un institut d’études avancées et ses résidents promettent d’être un milieu intellectuel adéquat pour de telles questions transdisciplinaires.

Biographie


Joachim Nettelbeck, né en 1944 à Mannheim, a étudié le droit et la sociologie à Fribourg-en-Brisgau et à Berlin. De 1971 à 1978 il était l’administrateur de la Fachhochschule für Wirtschaft Berlin (IUT d’économie). Un séjour de recherche en France en 1978/79 aboutissait à son doctorat en sociologie, avec une dissertation sur “Zur Berufung von Hochschullehrern in der Bundesrepublik und in Frankreich” (« sur le recrutement des professeurs d’université en Allemagne et en France »). De 1979 à 1981 il était l’assistant de direction du DAAD (Service d’échange universitaire de l’Allemagne) à Bonn. Depuis sa création en 1981, et jusqu’en 2012, il était le secrétaire général du Wissenschaftskolleg zu Berlin.

Entretien #45 avec Abdarahmane N'Gaidé

05min06

A l’IEA de Nantes dans le cadre de la Chaire Université de Nantes

Projet de recherche : « Saint-Louis et ses environs comme espaces de “dilution” identitaire. Histoire partielle des Haratins du Sénégal (XIXe-XXIe siècle) »


Anciens esclaves de la société maure, les Haratins n’ont pas été en reste pour profiter de cette situation qui permet aux identités sociales et statutaires de connaître de nouvelles trajectoires dans les agglomérations coloniales naissantes. Il semble, comme beaucoup d’autres anciens esclaves qui profitèrent de la loi française d’abolition de 1848, que les Haratins arrivèrent en masse dans la ville de Saint-Louis et ses environs pour échapper non seulement aux rigueurs que leur impose leur condition mais aussi profiter de cette nouvelle économie en construction et de la nouvelle culture émergente.


Comment et dans quel contexte faut-il ranger l’arrivée massive des Haratins dans l’espace saint-louisien et ses environs ? Comment ont-ils agi pour s’octroyer de nouvelles identités capables de leur permettre de s’intégrer progressivement dans la société wolof ? Quels héritages restent-ils des premiers arrivants ? Quelle identité se donnent aujourd’hui leurs descendants ? Quel est la part qu’occupe le passé esclave dans les mémoires individuelles et collectives ? Quel rôle joue l’adoption de patronymes locaux non seulement dans leur “dilution” ethnique mais aussi statutaire ? Quel serait la part de la proximité chromatique dans cette conversion des statuts et des conditions ?


Ce sont là autant de questions qui nécessitent des investigations de terrain poussées dans la zone de Saint-Louis et ses environs, mais aussi dans d’autres parties du Sénégal où leur présence est attestée depuis des siècles.

Biographie


Abdarahmane N’Gaïdé est historien. Il est maître-assistant au département d’histoire de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il est l’auteur de plusieurs articles publiés dans des revues spécialisées et de nombreuses contributions dans des ouvrages collectifs. Il est également essayiste, romancier et poète. Il est membre suppléant du comité exécutif du Conseil pour le Développement de la Recherche en Sciences Sociales en Afrique(CODESRIA) depuis décembre 2011. Il prépare un livre-entretien avec le Professeur Boubacar Barry, historien. Il a publié sa thèse, intitulée L’esclave, le colon et le marabout, Le royaume peul du Fuladu de 1867 à 1936. Deux de ses romans, Une nuit à Madima Do Boé et Mbourourou Mbarara, viennent d’être publiés, et un recueil de poème Je...Kréyol est en préparation.

Entretien #44 avec Elena Astafieva

02min40

Projet de recherche : « La Russie impériale en Syrie-Palestine, 1847 - 1917 »


L’objectif de cette recherche est d’étudier les différentes modalités de la présence russe en Syrie-Palestine entre 1847, date de la création de la première institution russe à Jérusalem, et la Révolution d’octobre1917. Trois thèmes majeurs sont analysés afin de :


- préciser les buts de la Russie dans ces territoires ottomans, lieu de compétition intense entre les Grandes Puissances européennes et entre toutes les confessions chrétiennes ;


- étudier les moyens stratégiques utilisés par la Russie pour exercer son influence en Syrie-Palestine, en particulier vis-à-vis de la population locale ;


- et enfin, comprendre le processus de construction de l’Empire lui-même au-delà de ses frontières à travers la combinaison de pratiques diplomatiques, religieuses et scientifiques mises en œuvre par les agents de la Russie en Palestine-Syrie.

Biographie


Elena Astafieva est diplômée de l’Université d’État en Sciences Humaines de Russie (RGGU, Moscou). Elle est docteur de l’École Pratique des Hautes Études (EPHE, Paris) en Histoire et Sciences des religions. Son domaine de recherche est centré sur l’histoire de l’Empire russe de 1772 à 1917.


Sa thèse « L’Empire russe et le monde catholique : entre les représentations et les pratiques, 1772-1905 » examinait le fonctionnement de la Russie impériale à travers la gestion des minorités religieuses et nationales.


Dans sa recherche actuelle, elle analyse les différents aspects de la politique de la Russie impériale en Palestine dans les années 1840-1920, en étudiant les interactions entre la diplomatie russe, la science et l’Eglise orthodoxe dans la région. En avril 2009, elle a organisé un colloque international à l’Université de Columbia (New York, États-Unis) sur « Great Powers in the Holy Land: From Napoleon to the Balfour Declaration » (« Les Grandes Puissances en Terre Sainte : de Napoléon à la déclaration Balfour »).


Depuis 2007, Elena Astafi eva enseigne à l’EPHE et à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS, Paris) en tant que chargée de conférences. Actuellement, elle mène ses recherches dans le cadre du Centre d’Études des mondes Russe, Caucasien Et Centre-européen (CERCEC, EHESSCNRS), où elle vient d’être nommée Chargée de recherche du CNRS.

La maintenance du canal d’Aslewacaur Un enjeu fondamental pour la survie du canal

11min13

Montage réalisé pour l'exposition "Les canaux d'irrigation du Népal" au Musée des Bisses (Ayent - Anzère, Suisse)
Aslewacaur est un village
du Népal central, de 150 maisons, perché sur une haute terrasse
alluviale à 700 m d’altitude. Il se distingue nettement dans le paysage
par son espace plan, de 40 ha, complétement
irrigué, irrigation à qui le village doit d’ailleurs sa prospérité. Or
le canal qui apporte l’eau est long de 6 km, à flanc de montagne,
fragile car en terre et sujet à glissements de terrain. Tout l’enjeu de
sa survie réside dans son maintien en état et dans
l’action collective qui mobilise l’ensemble des villageois.
Conseiller scientifique
Voix :
Olivia Aubriot
Centre d'Etudes Himalayennes (CEH)
CNRS

Technique :
Franck Guillemain
Cultures, Langues, Textes
CNRS

Crédits photographiques
1990, 1992-93, fév.2008, fév. 2015 :
Olivia Aubriot

Production :
Centre d'Etudes Himalayennes
Cultures, Langues, Textes

Valise n°8 : Le migrant comme paria - Emmanuel Dessendier

Emmanuel DESSENDIER

04min37

Ce qu'il faut savoir sur la migration en Europe aujourd'hui.
Entretien réalisé lors de la table ronde de la chaire "Exil et Migrations" du Collège d'études mondiales (FMSH) avec Anita Rozenholc, comité de rédaction, ÉcoRev’ - Revue critique d’écologie politique, Emmanuel Dessendier, comité de rédaction, ÉcoRev’ - Revue critique d’écologie politique, modérée par Alexis Nuselovici (Nouss).

Un titre qui reprend une formule de Hannah Arendt, « Le Juif comme paria », afin de réfléchir sur la figure du paria, telle que théorisée par la philosophe mais aussi abordée à travers divers thèmes par, entre autres, André Gorz, Walter Benjamin, T. W. Adorno, Edward Said ou Michel Foucault.

Il s’agit d’examiner la pertinence de cette figure aujourd’hui, notamment dans sa capacité à suggérer des dispositifs de pensée propres à analyser le sujet des migrations actuelles. Car si André Gorz estimait que la sortie du capitalisme se fera « d’une façon ou d’une autre, civilisée ou barbare », le traitement réservé aux exilés en est une sure indication.
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