Documents pour «Religion»

Le projet HEMED

04min38

Fondée au cours de l'année 2009-2010, la Communauté thématique
« Histoire euro-méditerranéenne » est un réseau d'enseignants-chercheurs
issus d'universités de quatre pays (Maroc, Suisse, Liban, France).


Elle s'inscrit dans le projet e-OMED (espace numérique ouvert de la
Méditerranée) qui structure des composantes analogues dans d'autres
champs disciplinaires.


Elle vise à favoriser une approche convergente de l'enseignement de
l'histoire (contenu, méthodes, supports) par l'élaboration concertée
d'un module d'enseignement chaque année.


Elle s'adresse aux étudiants et aux enseignants du Supérieur et du
Secondaire. Elle permet de mutualiser des ressources numériques sur une
base symétrique, avec une technologie homogène.


La langue initiale est le français, mais les modules ont pour
vocation d'être traduits en anglais et en arabe afin de leur donner une
portée plus ample.

Pour une lecture renouvelée des origines de l'Islam

Dominique AVON

1h47min02

             De l’Antiquité tardive à l’orée des temps « modernes », le judaïsme, le christianisme puis, postérieurement, l’islam, ont fait l’objet de discours produits par des magistères religieux qui définirent les cadres conceptuels de la pensée, les méthodes d’étude, les critères de validité et les institutions censées garantir le dépôt « révélé » donc considéré comme « vrai » : « Dieu » s’adressant aux hommes par l’intermédiaire d’un « Verbe », il importait de justifier les modalités de son expression pour situer hors de tout champ comparatif, la religion représentée par tel ou tel. La « modernité » introduisit une rupture dans cette configuration puisque les philosophes, historiens, linguistes et autres philologues s’en réclamant choisirent pour point d’ancrage de leurs discours non plus « Dieu » (dont l’existence éventuelle était une question qui restait en suspens) mais les traces laissées par les croyants professant une foi.             Les spécialistes du fait religieux savent combien le conflit fut profond jusqu’au xxe siècle dans les sociétés européennes qui le virent naître avant sa diffusion universelle. Loin d’être résolu, il prit une vigueur particulière dans les sociétés majoritairement musulmanes du pourtour méditerranéen où, depuis les indépendances ayant marqué la fin de la colonisation, un courant porté par l’Université égyptienne d’Al-Azhar a conduit à rejeter toute discipline extérieure à l’héritage de la tradition musulmane pré-moderne pour aborder le texte coranique, les corpus de « faits » et « dits » attribués au prophète de l’islam ainsi que la langue arabe. Initié, entre autres, par le shaykh al-Bahî, ce mouvement a été relayé par les établissements fondés par les pétromonarchies et les instituts d’études islamiques ouverts dans les années 1970 au sein des universités du monde arabe créées antérieurement sur le modèle européen. Il a bénéficié, au même moment, de la critique produite en Europe et en Amérique du Nord par le courant des cultural studies. Mais il s’est heurté à une autre réalité contemporaine, à savoir l’inscription de populations nouvelles dans ce même espace.             La fécondité éditoriale autour de ces sujets est l’illustration du phénomène ainsi décrit. D’autres ouvrages auraient pu être présentés, ainsi celui de Mohammed Ali Amir-Moezzi (Le Coran silencieux et le Coran parlant. Sources scripturaires de l’islam entre histoire et ferveur, Paris, CNRS éditions, 2011) ou celui de Françoise Micheau (Les débuts de l’Islam. Jalons pour une nouvelle histoire, Paris, Téraèdre, 2012). Le trait commun de ces recherches consiste d’une part à mettre en évidence le caractère lacunaire des connaissances des lecteurs et des auditeurs, d’autre part à montrer les blocages personnels ou institutionnels qui visent à empêcher la réflexion libre sur ces sujets sensibles au nom d’une altérité essentialisée. L’objectif de la conférence-débat proposée par le réseau DCIE dans le cadre de l’Université du Maine a visé à mettre en relation le milieu académique et un public attentif à cette problématique. La présentation des trois ouvrages (1h) a été suivie d’un échange (45 mn) enregistré dans sa quasi-intégralité.      

Les chevaux de Dieu

De Nabil Ayouch

1h52min57

Yassine a 10 ans lorsque le Maroc émerge à peine des années de plomb. Sa mère, Yemma, dirige comme elle peut toute la famille. Un père dépressif, un frère à l'armée, un autre presque autiste et un troisième, Hamid, petit caïd du quartier et protecteur de Yachine. Quand Hamid est emprisonné, Yachine enchaîne les petits boulots. Pour les sortir de ce marasme où règnent violence, misère et drogue, Hamid, une fois libéré et devenu islamiste radical pendant son incarcération, persuade Yachine et ses copains de rejoindre leurs "frères". L'Imam Abou Zoubeir, chef spirituel, entame alors avec eux une longue préparation physique et mentale. Un jour, il leur annonce qu'ils ont été choisis pour devenir des martyrs…   Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Les légions de Thèbes

De Aymeric Colletta

52min20

Alors que leurs nations vivent en ces heures de profonds changements politiques, les chrétiens d’Orient participent activement à la vie de leurs sociétés. Leur rôle demeure toutefois un des aspects méconnu des printemps arabes, bien qu’il en soit une composante essentielle. Leurs situations en Syrie et en Égypte en est l’illustration, là où on compte plusieurs millions de chrétiens à la présence millénaire.
Mais d’un pays à l’autre, d’une rue à l’autre, leurs actions empruntent parfois des chemins différents. Certains sont révolutionnaires, d’autres soutiennent le régime en place. Pourtant, ils partagent tous au fond la même préoccupation : faire entendre leurs voix, à l’heure de la fondation des sociétés arabes de demain.

La religieuse

De Guillaume Nicloux

1h46min58

XVIIIe siècle. Suzanne, 16 ans, est contrainte par sa famille à rentrer dans les ordres, alors qu’elle aspire à vivre dans « le monde ». Au couvent, elle est confrontée à l’arbitraire de la hiérarchie ecclésiastique : mères supérieures tour à tour bienveillantes, cruelles ou un peu trop aimantes… La passion et la force qui l’animent lui permettent de résister à la barbarie du couvent, poursuivant son unique but : lutter par tous les moyens pour retrouver sa liberté.

La belle endormie La bella addormentata

De Marco Bellocchio

1h50min38

Le 23 novembre 2008, l'Italie se déchire autour du sort d'Eluana Englaro, une jeune femme plongée dans le coma depuis 17 ans. La justice italienne vient d'autoriser Beppino Englaro, son père, à interrompre l'alimentation artificielle maintenant sa fille en vie. Dans ce tourbillon politique et médiatique les sensibilités s'enflamment, les croyances et les idéologies s'affrontent. Maria, une militante du Mouvement pour la Vie, manifeste devant la clinique dans laquelle est hospitalisée Eluana, alors qu'à Rome, son père sénateur hésite à voter le projet de loi s'opposant à cette décision de justice. Ailleurs, une célèbre actrice croit inlassablement au réveil de sa fille, plongée elle aussi depuis des années dans un coma irréversible. Enfin, Rossa veut mettre fin à ses jours mais un jeune médecin plein d'espoir va s'y opposer de toutes ses forces.

A l'ombre du voile

De Arnaud Demuynck

09min17

Deux femmes musulmanes, une mère et sa fille, se rendent à une manifestation contre l'interdiction du port du voile à l'école. De retour à la maison, la mère invite sa fille à abandonner ce voile à travers une danse désemparée et troublante.  

Parlez moi d'amour

Julie Manga

07min27

Au commencement, il y avait Dieu et la décadence…

En secret Circumstance

Maryam Keshavarz

1h41min29

Atafeh et sa meilleure amie Shirin fréquentent les soirées branchées du Téhéran underground. Elles essayent de profiter au mieux de leur jeunesse quand Mehran, le frère et complice d’Atafeh, devient membre de la police des mœurs. Alors qu’il désapprouve sévèrement leur besoin de liberté, Mehran tombe amoureux de Shirin. Ses sentiments vont vite tourner à l’obsession et mettre à l’épreuve l’amitié des jeunes filles.

Qurban

De Anar Abbasov

25min03

Père de trois filles, un homme se rend en pèlerinage au mont Athos afin d'accomplir un sacrifice pour que Dieu lui donne un fils.

Corpo celeste

Alice Rohrwacher

1h34min59

Marta scrute sa ville natale en Calabre, où elle vient tout juste de rentrer avec sa mère et sa sœur, après avoir grandi en Suisse. Du haut de ses treize ans, elle se sent comme une étrangère dans cette Italie du sud dévastée. Elle a maintenant l’âge de faire sa confirmation et le catéchisme est le meilleur endroit pour tenter de s’intégrer. Mais loin de ses rêves "célestes", elle ne fait qu’y découvrir les petits arrangements de la communauté.

05 - Conférence de Stéphane Lacroix: Les Frères musulmans égyptiens, des origines au défi du pouvoir.

Stéphane LACROIX

40min39

Cycle 2013 : Religion et politique en Islam

 S’il est un point de convergence - paradoxal - entre l’islamiste militant et l’homme de la rue occidental, c’est bien le postulat d’un Islam qui ignorerait la séparation entre le temporel et le spirituel. En assignant au croyant un idéal politique à respecter, cette affirmation fournit aux premiers une rente de situation et aux seconds une grille de lecture aussi simpliste qu’inquiétante. Un temps bousculé par l’irruption des printemps arabes, ce schéma s’est vu confirmé par les élections qui ont suivi : après la Turquie, le Maroc, la Tunisie et l’Egypte ont porté démocratiquement au pouvoir des partis entendant placer la religion au cœur de leur programme. Partout, des foules réclament le « retour à la charia », promesses de lendemains qui chantent  pour certains, annonce d’un hiver fondamentaliste pour d’autres, certitude d’une évolution prévisible pour tous.

 Pourtant, l’adage voulant que l’islam soit à la fois religion (din) et Etat (dawla) n’est ni une évidence historique, ni un programme univoque. Derrière les revendications communes d’une nécessaire fidélité à la norme islamique, des interprétations très diverses, voire contradictoires, des notions de « charia » ou d’ « Etat islamique » ont donné lieu à des expériences aussi variées qu’originales dans l’histoire du monde musulman. Au-delà de raccourcis parfois caricaturaux, appréhender le lien entre Islam et politique impose donc des analyses précises, situées dans le temps et dans l’espace. C’est ce que propose ce cycle de conférence
 

05-Conférence de Stéphane Lacroix, professeur à l'École d'affaires
internationales (PSIA) de Sciences Po et chercheur au CERI

Modératrice : Nathalie
Bernard-Maugiron, directrice de
recherche à l’Institut de recherche pour le développement et co-directrice de
l’IISMM

 

Date : 5 février 2013

Thème : Les Frères musulmans égyptiens, des origines au défi du
pouvoir


Production : Direction de l’Audiovisuel/EHESS/IISMM

Auteur/Réalisateur : Philippe Kergraisse

Vidéothèque : Institut d’études de l’islam et des sociétés du monde
musulman Ecole des hautes études en sciences sociales





Résume : L'histoire
des Frères musulmans, organisation fondée en 1928, épouse en quelque sorte
celle de l'Egypte contemporaine. Force politique (presque) comme les autres
sous la monarchie, les Frères sont durement réprimés sous Nasser, avant
d'être réhabilités sous Sadate, puis tolérés, bien qu'officiellement interdits,
sous Moubarak. Avec le temps, ils ont bâti de puissants réseaux, véhicules
d'une influence massive sur la société égyptienne. C'est cela qui leur a
permis de s'imposer comme première force politique de l'après-révolution,
s'emparant même de la présidence de la République. Au fil de son histoire, la
confrérie s'est transformée, et son idéologie a connu des évolutions
importantes. L'épreuve du pouvoir accélère aujourd'hui
ces dynamiques. C'est ce paysage organisationnel et idéologique en mouvement
que la présente conférence s'efforcera d'analyser.