Documents pour «Franco»

La faute à Fidel !

Julie Gavras

1h38min21

Pour Anna, 9 ans, la vie se déroule paisiblement et confortablement entre son école religieuse et la maison de ses parents, Marie et Fernando. Seule ombre à ce tableau idéal, un oncle, là-bas en Espagne, qui combat Franco. Un communiste dont il ne faut pas parler. L'arrestation et la mort de cet oncle, un voyage au Chili, quelques rencontres... Autant d'événements dont Anna ne perçoit pas l'importance, mais qui vont profondément transformer ses parents. Engagement, altruisme, combat contre l'impérialisme, féminisme, manifestations sont désormais les maîtres mots et les événements qui jalonnent la vie de Marie et Fernando. Pour Anna, cet élan parental se traduit par d'autres mots et d'autres événements. Déménagement, désorganisation, changements de nounous, appartement plus petit, nouveaux visages. Alors elle résiste, et combat avec ses faibles armes...

Histoire et conflits de mémoire en Espagne

42min47

A la mort de Franco, en 1975, le régime espagnol a évolué vers une démocratie au cours d'une transition qui a été "pactée" entre le secteur réformiste du régime franquiste et les forces d'opposition, si fait qu'il n'y a pas eu de rupture formelle avec le régime franquiste ni de justice transitionnelle (loi d'Amnistie en 1977). L'histoire espagnole a été, depuis la fin des années 1990, le cadre de fortes mobilisations en faveur  de ce que les espagnoles ont appelé "la récupération de la Mémoire Historique".

A l'occasion de la parution du numéro de la revue XXe siècle (Presses de Sciences Po, 2015), deux historiennes, Charlotte Vorms et Elodie Richard, présentent les effets que ce mouvement mémoriel espagnol a pu avoir sur le travail des historiens ou sur l'histoire européenne des dictatures, et comment, auparavant, la politique mémorielle franquiste a entretenu et aggravé une Mémoire divisée. Le discours public, au cours de la transition démocratique, présentant la guerre civile comme une "guerre fratricide" sur laquelle on ne souhaite pas revenir est également analysé. Les historiennes retracent comment a évolué le regard historique sur la période de la guerre et de la dictature franquiste, quel impact réciproque cela a pu avoir (en terme de lois, d’Amnistie ou de procès) vis à vis des dictatures de l'Amérique du sud.

L'espionne de Tanger Saison 1 - 17 épisodes

1936, Madrid. Sira Quiroga est la fille d’une ouvrière célibataire qui lui a enseigné la couture toute petite. Amoureuse d’un petit escroc, elle quitte l’Espagne pour Tanger où il l’abandonne. Sira doit travailler en tant que couturière. Malgré tout, elle réussit à s’en sortir et ouvre un atelier de couture à Tétouan. Sa vie prend alors une tournure inattendue...

Le "travail du rire" : la figure de Franco dans le cinéma post-franquiste

Nancy Berthier

53min45

À travers l’examen d’une série de films sortis en Espagne après la mort de Franco, cette conférence s’attache à analyser la manière dont le cinéma espagnol a très tôt ressenti la nécessité de porter un regard critique sur la figure de Francisco Franco par un traitement subversif de son image, telle qu’elle s’était cristallisée durant la dictature (1939-1975). Nancy Berthier, professeur à l'Université Paris-Sorbonne (chaire Arts visuels du monde hispanique) étudie ici les mécanismes de ce qui, moyennant un véritable « travail du rire », s’apparente à une salutaire forme de déboulonnage de statue.

Franco a t-il sauvé des juifs?

De Richard Vargas

54min54

À la suite de l'expulsion des juifs d'Espagne en 1492, de nombreuses communautés juives "séfarades" (d'origine espagnole) se développent dans les Balkans et autour de la Méditerranée. Ces communautés sont redécouvertes au début du XXe siècle et la République leur accorde la nationalité espagnole. Au moment de la seconde guerre mondiale, ces juifs vont parfois profiter de leur statut d'Espagnol pour échapper à la politique d'extermination menée par les nazis. Le film s'intéresse à trois cas précis : la France, la Grèce et la Hongrie, pays dans lesquels des diplomates espagnols ont parfois permis à des juifs, prêts à être déportés, d'être rapatriés en Espagne, et ont ainsi obtenu la médaille des Justes en Israël. Par son recours tant aux témoins encore vivants qu'aux historiens et par une mise en forme d'images d'archives, ce film met en lumière des faits peu connus et propose une interrogation sur des réactions individuelles de diplomates en regard des choix d'un pouvoir plus qu'ambigu.

Mil

Martina Loher Rodriguez

54min37

À Barcelone, nous rencontrons Xita, 85 ans, mère de onze enfants, dont cinq ont été impliqués dans la lutte du MIL. À travers le vécu de la famille Solé Sugranyes, le film retrace l’existence d’une cellule révolutionnaire catalane à la fin de la dictature franquiste. Ce groupe soutient le mouvement ouvrier autonome à travers des expropriations de banque et des impressions clandestines. Après une année de vie clandestine, ils seront persécutés par les autorités.