Documents pour «Mémoire»

Veloma, de l'autre côté de l'eau

De Raphaël Holt

16min26

J'ai trouvé des films 8mm tournés pendant l'enfance de ma mère à Madagascar. J'ai travaillé avec une danseuse dont le corps devenait l'espace de projection de cette mémoire.
Depuis le début du projet, il était clair que le froid aurait une grande place dans le film et que c'était lié à une sensation d'absence, de disparition.
Quand on a commencé à tourner, la neige s'est mise à tomber et j'ai compris qu'il s'agissait d'une image de la mélancolie.

Logical Revolts

De Louis Henderson

44min50

Un film à la recherche des traces de la résistance civile égyptienne face à l'oppression coloniale et militaire.
Une archéologie de la période du 25 janvier 1952 au 25 janvier 2012, qui révèle les couches stratigraphiques qui s'accumulent dans les décombres de l'histoire.
Un mystère, une allégorie de la révolution.

La huella

Tatiana Fuentes Sadowski

18min15

A partir d'archives photographiques qui témoignent d'années de violence politique au Pérou, le film tisse un récit analytique où se mêlent la mémoire de l'artiste et celle de José Pablo Baraybar, chef de l'équipe péruvienne de médecine légiste.

Touch

Shelly Silver

1h06min56

Un homme, un lieu, un essai, une histoire peut-être. L’observation s’accorde avec la lumière, l’image, quelque chose. Un retour à Chinatown, NYC, raconté à travers le regard d’un homme.  

Autour de l'ouvrage : Quelle histoire. Un récit de filiation (1914-2014) de Stéphane Audoin-Rouzeau

Stéphane Audoin-Rouzeau

1h47min40

L'historien spécialiste de la Grande Guerre  raconte le cheminement d’un événement, ce que la Guerre a fait aux siens, leur silence, leurs défaites, la manière dont elle a traversé leur existence, ses effets au-delà même de leur propre vie.

« L’écriture spécifique d’habitude mise en
œuvre pour parler des combattants des tranchées, des femmes en deuil ou
des enfants de la guerre, j’ai tenté de l’appliquer à ceux auxquels,
d’une manière ou d’une autre, je tiens. Il se trouve que sur trois
générations en demeure une trace écrite.


J’ai souhaité rester sur les terres de l’Histoire. Mais celles-ci sont
étendues et, dans bien des directions, les frontières deviennent
poreuses au point d’être parfois peu discernables : c’est sur ces
frontières-là que je me suis déplacé en m’éloignant du plus qu’il
m’était possible mais sans perdre tout à fait des yeux mon point
d’ancrage. J’espère n’avoir pas franchi les bornes ? mais si c’était le
cas, je n’en aurais pas trop de regrets. Ce sont les risques de
l’expérience.


Même si elles s’y apparentent parfois, les pages que l’on va lire ne
constituent pas un récit de famille : je m’en suis tenu à ce que la
Grande Guerre a fait aux miens, à la manière dont elle a traversé leur
existence, quitte à inscrire ses effets au-delà même de leur propre vie.
»

Rencontre avec Richard Rechtman

Richard RECHTMAN

43min48

Entretien avec Jean-Frédéric Schaub autour du roman Les vivantes de Richard Rechtman
17 avril 1975, les troupes de Pol Pot pénètrent dans Phnom Penh, la
capitale du Cambodge, après quatre années de guerre civile. En quelques
heures, la ville est intégralement vidée de ses occupants. Les citadins,
comme les habitants des campagnes jusqu’alors non acquises aux Khmers
rouges, sont déportés dans les zones les plus hostiles du pays. Travaux
forcés, exécutions sommaires, famines, meurtres de masse... Dans ce
désastre qui s’annonce, où plus du tiers de la population du pays sera
exterminée, et où vivre se résumera simplement à ne pas mourir, rares
seront les voix qui parviendront à se faire entendre. Ce livre retrace
le destin de l’une d’entre elles. Celle d’une femme prise dans la
tourmente d’événements qui lui échappent et pourtant l’emprisonnent, et
qui puisera dans les ressorts les plus profonds de son intimité les
armes d’une lutte sans merci contre les blessures de sa chair. Avec le
fol espoir de vivre, pour ne pas les laisser gagner. Vivre, pour ne pas
voir son propre corps disparaître. Vivre encore, juste l’instant
suivant...

Les entretiens du Celsa Mémoire, histoire et patrimoine : gisements du passé, valeurs pour entreprendre?

Emeline SEIGNOBOS

1h29min12

Dans Le Portrait du roi, Louis Marin [1] commente longuement une lettre adressée par Paul Pélisson-Fontanier à Colbert pour obtenir la fonction d’historiographe du roi. Pélisson y loue l’histoire comme le récit le plus apte à assurer au Roi-Soleil l’admiration du public. Il écrit : « Il faut louer le Roy partout, mais pour ainsi dire sans louange, par un récit de tout ce qu’on lui a vu faire, dire et penser, qui paraisse désintéressé, mais qui soit vif, piquant, et soutenu, évitant dans les expressions tout ce qui tourne vers le panégyrique […]. Il serait à souhaiter sans doute que Sa Majesté approuvât et agréât ce dessein, qui ne peut peut-être pas bien s’exécuter sans elle. Mais il ne faut pas qu’elle paraisse l’avoir agréé, ni su, ni commandé ».
Voici une formule, matricielle et prémonitoire, pour tous les conseillers en communication et en opinion, qui nous offre une belle transition entre nos derniers Entretiens, portant sur la légitimation des figures du pouvoir [2], et ce débat, qui regarde l’histoire, la mémoire et le patrimoine. Bien entendu, l’historiographe, professionnel de la rhétorique d’influence, n’est pas l’historien, expert de la distance aux sources. Cependant, notre relation à l’histoire tire sans doute sa force de cette double polarité, la valeur de connaissance d’un récit et le potentiel de valeur contenu par un savoir.
C’est donc de nos façons de percevoir, raconter, publier notre relation au passé qu’il est question dans ce débat qui réunit comme tous nos Entretiens les points de vue universitaire, industriel, médiatique et politique.
Dans quelle mesure le passé, saisi par la mémoire sociale, la science historique, la médiation patrimoniale, conditionne-t-il la vie des organisations et des entreprises ? Quelle place occupe la mémoire des gestes, des personnalités et des firmes dans l’univers du travail ? L’histoire se laisse-t-elle interpréter, maîtriser, instrumentaliser ? En quoi consiste le patrimoine organisationnel et industriel ? Tout cela représente-t-il de la valeur, des risques, des ressources ?
Une définition très générale de la relation au passé, à la mémoire, à l’histoire et au patrimoine, peut servir de point de départ. Il s’agit de celle qui est donnée par Jean Davallon dans Le Don du patrimoine [3].
Toutes les activités sociales s’inscrivent dans un passé, même les plus radicalement innovantes. Il n’y a pas de table rase, pas plus dans les entreprises que dans tout autre domaine. La mémoire sociale caractérise tout ce qui est vivant dans les représentations partagées, ce qui nous permet de donner sens à des objets du passé. Pour prendre un exemple simple, il y a de plus en plus de jeunes qui n’identifient plus la faucille et le marteau comme l’emblème du communisme et nombreux sont ceux qui ignorent pourquoi il a été crucial à une certaine époque de symboliser l’union des ouvriers et des paysans. Et il est probable que les vestiges craquelés des publicités murales de Dubonnet ou de Saint-Raphaël n’évoquent pas pour eux la saga des écritures publiques.
Lorsque les objets sortent de la mémoire vivante des personnes, l’histoire se charge de reconstruire ce lien par le biais de méthodes et de concepts, ce qui suppose bien des questions épineuses que nos invités ont évoquées dans leurs travaux et qui portent sur ce qui se voit, se sait, s’écrit. Mais on sait bien que l’historien est de longue date invoqué au tribunal des médias et de la politique.
Le patrimoine, quand à lui, relève d’un processus de communication spécifique, que Davallon appelle la « patrimonialisation ». Il consiste à choisir, depuis notre présent, des objets qui pourront être présentés comme une rencontre, une reconnaissance, une consécration du passé. C’est un geste de communication publique, qui suppose des stratégies et des dispositifs, et qui, selon la formule de cet auteur, rend présent le passé dans le présent.
Des repères initiaux méritent d’être discutés, enrichis, critiqués, à partir du moment où nous cherchons moins à définir des termes qu’à comprendre des enjeux. Nos invités abordent différemment les relations entre histoire, mémoire et patrimoine parce qu’ils soulignent précisément des enjeux distincts, ce qui fait tout l’intérêt de ces Entretiens.
Or c’est bien ce que la mémoire, l’histoire et le patrimoine font à la communication, à l’organisation, à l’entreprise, à l’économie, que nous souhaitons discuter aujourd’hui. Place donc à la déconstruction.


Yves Jeanneret.




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[1] Marin, Louis, Le Portrait du roi, Paris, Les Éditions de Minuit, 1981, p. 49-107.

[2] « Légitimation et déligitimation des figures du pouvoir », Entretiens du CELSA, 21 novembre 2011, avec Michèle Cotta, Simon Goldworthy, Xavier Huillard, Raymond Soubie.


[3] Davallon, Jean, Le Don du patrimoine. Une approche communicationnelle de la patrimonialisation, Paris, Hermès-Lavoisier, 2006.

Johanna

Eléonore Saintagnan

11min01

Johanna est une jeune fille issue de la deuxième génération après le génocide. Elle vit dans l’appartement où la Gestapo est venue chercher sa famille. Sa mémoire lacunaire est construite à partir de photographies et surtout, d’une relation à ses grands-parents, un grand-père séfarade et une grand-mère ashkenaze. Elle est aussi celle du paradoxe entre cette histoire et celle d’après, celle d’Israël et de la perception historique de l’holocauste dans les années 90. Le témoignage de Johanna est rejoué entièrement par l’artiste, Eléonore Saintagnan.

Migration & the Power Structures of Cultural Memory

Robert Young

1h51min26

Le Colloque international « The Place of Memory in the literature and cultural productions of Anglophone diaspora » portait sur les productions culturelles des diasporas du domaine anglophone (Inde, Caraïbes, Afrique) vers les pays anglophones (Canada, Etats-Unis, Royaume-Uni) dans la période contemporaine. Organisé en partenariat avec l’Université d’Edimbourg et co-organisé par Françoise Kral, Professeur de Littérature britannique et d’études post-coloniales à l’UCBN, Sam Coombes (University of Edinburgh) et Corinne Bigot, Université de Paris X Nanterre La Défense, le colloque s'est tenu à la MRSH de l'Université de Caen les 3 et 4 octobre 2013. Il a rassemblé une quarantaine de participants venus du monde entier, dont deux conférenciers de renommée internationale, le Professeur Robert Young, Silver Professor à NYU (New-York) et Jean-Jacques Lecercle, Professeur émérite à l’université de Nanterre La Défense.
Le thème du colloque était la mémoire. Le titre anglais « The place of Memory » interroge la place prépondérante de cette question, qui a souvent été étudiée dans sa dimension mélancolique et nostalgique. Le colloque suggèrait une autre approche portant sur les modalités de construction et de survie d’une identité d’origine qui entre en tension avec la définition identitaire du pays d’accueil. Cette problématique invite à une réflexion plus large sur les enjeux économiques et politiques des constructions identitaires nationales et de la façon dont elles s’appuient sur une mémoire collective. Cette confection d’une mémoire collective devient problématique à l’heure actuelle en raison du développement sans cesse croissant de « marges » et de populations qui se chiffrent en millions de personnes vivant en marge des nations. Parmi ces questions, celles de la citoyenneté et de l’appartenance nationale dans un contexte de transnationalisme, mais aussi la façon dont le cas de ces populations et leur rapport à la sphère du politique est susceptible de devenir un paramètre clé de la compréhension du contexte politique international à l’heure actuelle.
Spécialiste de littérature
comparée et d’études post-coloniales, Robert Young est actuellement Silver
Professor à l’Université de New York (NYU) après avoir été Professeur à Oxford.
Parmi ses principales
publications figurent White
Mythologies : Writing History and the West (London and New York : Routledge, 1990), Colonial Desire :
Hybridity in Culture, Theory and Race (London and New York :
Routledge, 1995), Torn Halves :
Political Conflict in Literary and Cultural Theory (Manchester :
Manchester University Press, 1996) et The
Idea of Ethnicity (Oxford and Malden, Mass. : Blackwell, 2008).
L’œuvre
de Robert Young a pour fil conducteur la question des marges et des populations
subalternes, la façon dont elles se construisent en tant que marges, dont elles
définissent les contours de leur visibilité sociale longtemps enfouie et
parfois à peine esquissée. Ses premiers livres, en particulier White Mythologies et Colonial Desire s’intéressent à la façon
dont ces figures de l’altérité ont été construites, décrites avant d’être décryptées
en tant que constructions discursives dans un contexte de complicité entre
discours au sens large et discours colonial. White Mythologies analyse la façon dont elles ont été fantasmées,
voire instrumentalisées et retrace la genèse des figures de l’Autre. Parmi les
questions que pose Robert Young : comment rendre compte de ces histoires
enfouies puis exhumées ? Comment repenser leur place à côté de discours
plus officiels ? Comment ces communautés produisent-elles leur propre
savoir ? Comment racontent-elles
leur existence et quelle place et quel statut faut-il leur donner, mais aussi
en quoi nous aident-elles à comprendre la logique socio-discursive des
communautés non marginales, une réflexion qui trouve son point d’orgue dans The Idea of Ethnicity.Robert Young a également une
activité éditoriale importante et est le rédacteur en chef de la revue Intervention.

Rencontre avec Avner Ben-Amos

Stéphane Audoin-Rouzeau

28min58

Rencontre autour de l'ouvrage
Le vif saisit le mort.
Funérailles, politique et mémoire en France (1789-1996)
d'Avner Ben Amos.
Entretien avec Emmanuel Laurentin


Editions de l'EHESS - Coll. : En temps & lieux 

De Mirabeau à Mitterrand, les
funérailles nationales, intégratrices ou discriminatoires, lieu d’une
expression politique, racontent l’histoire politique de la France,
questionnent notre mémoire.
Avner Ben Amos est professeur d’histoire de l’éducation à l’université de Tel-Aviv. 

Il est l’auteur de Funerals, Politics and Memory in Modern France, 1789-1996 (Oxford University Press, 2000), A également publié Israël. La fabrique de l’identité nationale, CNRS Éditions 
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Évolution de la mémoire graphique

Jean BEUCHET

15min31

Certaines séries de dessins de mémoire faits après des intervalles de temps de plus en plus longs, constituent un véritable dessin animé dont la présentation tour à tour analytique et synthétique, permet de saisir les schèmes de l’évolution de la mémoire.

Cheminots

De Luc Joulé

1h21min31

Un train entre en gare de La Ciotat. Les images des Frères Lumière sont le point de départ d'un voyage au plus près de celles et ceux qui au quotidien, font le train. Au fil des rencontres, en découvrant le travail et la parole des cheminots, l'évidence se révèle. Le train a fédéré des métiers disparates pour construire une communauté partageant la même culture du travail. Mais à l'heure de l'ouverture à la concurrence, le réseau et les services se divisent, de nouveau les métiers sont séparés. Le bouleversement est profond ; il remet en cause le sens même du travail et son efficacité. Tout au long du voyage, le cinéma et l'Histoire éclairent le temps présent. Le cinéaste Ken Loach, réalisateur de The Navigators, observe que ce même mouvement a mené la privatisation du chemin de fer anglais à sa faillite, sociale et financière. Le grand résistant, Raymond Aubrac, revient sur la notion de Service public qui unifie la société française...