Documents pour «anthropologie»

Regard croisé sur la gestion du thon rouge : d’une Convention internationale aux pratiques locales

1h12min09

Suite aux pressions des ONG et aux recommandations des biologistes, le thon rouge (Thunnus thynnus) de l’Atlantique Est et de Méditerranée a fait l’objet, à partir de 2007, d’un Plan de reconstitution par la Commission Internationale de Conservation des Thonidés de l’Atlantique (désignée par le sigle anglais : ICCAT). 
Cette recommandation en a fait l’une des activités halieutiques les plus contrôlées au monde et a eu pour conséquence de restreindre l’accès à cette ressource à seulement quelques pêcheurs. Sept ans plus tard, les résultats des évaluations scientifiques ont conclu à une hausse de la biomasse. La Commission internationale de l’ICCAT a alors décidé d’augmenter le niveau de capture autorisé. 
L’analyse ethnographique menée à Palamós (Espagne), Sète (France) et Catane (Italie), ainsi qu'au sein d’une Convention internationale de gestion des pêches, a permis de recueillir les changements apportés par cette politique sur les pratiques des pêcheurs à la petite pêche. Les trois études de cas se rejoignent sur les principes de gestion internationaux. Elles diffèrent cependant sur l’importance culturelle locale de cette pêche et sur la répartition des quotas au niveau des juridictions nationales. De ces différents aspects nous montrerons, in fine, comment cette politique a contribué à reconfigurer la structure sociale et politique du groupe de pêcheur.

Par Nastassia REYES, docteure en anthropologie de l’environnement, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) – Musée de l’Homme, UMR 7206 Ecoanthropologie et ethnobiologie. Correspondante pour la Direction des relations européennes et internationales du MNHN.

Baguenaude au Musée de l'Homme : de l'ethnographie à l'ethnomédecine

Alain EPELBOIN

46min03

Alain Epelboin (AlEp), médecin anthropologue, vidéaste, chercheur au CNRS, affecté dans un laboratoire du Musée de l'Homme du Museum national d'histoire naturelle est filmé par Jean Marc Taieb, infirmier psychiatrique, vidéaste (cf vidéo in Canal U /SMM).
Dans un premier temps, le spectateur suit AlEp dans sa baguenaude, une visite partielle et partiale du parcours permanent du Musée de l'Homme où il présente et explicite essentiellement ses apports à la muséologie : tunique talismanique de devin-guérisseur, objets magiques et amulettes collectés à la décharge à ordures de Dakar-Pikine depuis les années 1983, dispositifs divinatoires en usage chez les Pygmées aka de République centrafricaine et un "car rapide", un transport en commun sénégalais, objet emblématique de la mondialisation.
Dans un deuxième temps, la caméra retrouve AlEp dans la réserve de la collection de recherche d'ethnobiologie, sise au 3 ème étage du Musée de l'Homme. La causerie se poursuit, illustrée par de nombreuses vidéos et photos enregistrées sur le terrain, de l'ethnographie à domicile à l'ethnomédecine en milieu hospitalier parisien.
1 Baguenaude dans le parcours permanent du Musée de l'Homme

- place de la femme au Musé de l'Homme

- exhibitions de nudité et accusation de pédophilie au Musée
de l'Homme

- des objets insolites : l'esthétique du cerveau du crocodile
du Nil

- le costume et les accessoires d'un guérisseur mandingue de
Guedjaway au Sénégal

- divination aka par une sagaie, une hache et un batonnet de
Tabernanthe iboga

- divination aka par la scrutation de copal ou d'une ampoule
électrique

- bercement d'un bébé, animation d'une danse et divination aka
par le hochet

- muséologie de l'exotique par le proche : l'aiguille
préhistorique en os et la machine à
coudre

- l'ethnocentrisme au travers des figurations des hommes et
des femmes de la préhistoire

- permanence de l'érotisme de la préhistoire à nos jours

- illusionnisme et extraction du mal de la préhistoire à nos
jours

- le car rapide sénégalais, un chef d'oeuvre d'art populaire et
un résumé de l'histoire des rapports entre la France et le Sénégal

- les amulettes de la collection ALEP, récoltées à la décharge
à ordures de Dakar-Pikine

2 Causerie dans la réserve des collections d'ethnobiologie du
Musée de l'Homme

- emprise psychologique et illusionnisme : la bouteille
magique des commerçants hausa

- divination par les cauris au Sénégal oriental

- anthropologie des déchets corporels et mise en scène du
corps de l'ethnologue

- enquête auprès d'un guérisseur malien et mise en scène des
maux de dos de l'ethnologue

- interprétation et traitements des rêves de ténia et d'étrons

- les moments indiqués pour se laver, pour faire des
sacrifices

- interprétation et traitements des tremblements du corps, de
formes élémentaires de l'événement

- initiation aux mondes
non visibles au Sénégal oriental et en Afrique centrale

- ethnomédecine à domicile en région parisienne : les djinns
de Hamidou

- ethnomédecine et usages
des sadakh/aumônes/sacrifices thérapeutiques

- ethnomédecine à l'hôpital Bichat : à propos d'un toxicomane
suicidaire

- ethnomédecine à l'hôpital Bichat : à propos d'une jeune
femme déprimée et suicidaire atteinte du VIH
Réalisateurs : J.M. Taieb & A. Epelboin
Auteurs : A. Epelboin & J.M. Taieb
Caméra-son au MDH : J.M. Taieb
Caméra-son sur le terrain : A. Epelboin
Pour en savoir plus
les docs téléchargeables

2016 Epelboin A. Amulettes et objets magiques du Musée de l’Homme, collectés dans les ordures du Sénégal : collection ALEP (Alain Epelboin) 1983-2016. Catalogue multimédia interactif 124 p.
Collection ALEP : amulettes et objets magiques collectés dans les ordures (Mbebess Joal, Mbour, Sénégal, Afrique, Europe) 1983-2014

PORTRAIT D’ALAIN EPELBOIN, MÉDECIN ANTHROPOLOGUE AU CNRS-MNHN (2002).

2002 Esti & Epelboin A. Portrait d’Alain Epelboin, médecin anthropologue au CNRS-MNHN (2002). 13 mn 45 Prod Esti, Epelboin A., SMM CNRS-MNHN Paris


Vidéos cités dans le film et téléchargeables sur Canal U / SMM







DIVINATION PAR LA SAGAIE IN CHRONIQUE AKA DE RCA 1992

1993 (2004) Epelboin A., Bahuchet S., Vargas R. & Co. réalisateurs, « chasse et divination » in Chronique aka 1987-1992 : vie quotidienne et guérissage chez les Pygmées aka de République centrafricaine. Vidéodisque interactif de 63 minutes réalisé dans le cadre de l'exposition L'homme et la Santé Cité des Sciences et de l'Industrie, La Villette, inaugurée en avril 1993. Coproduction LACITO, CSI, CNRS AV



DIVINATION PAR L’AMPOULE ÉLECTRIQUE IN CHRONIQUE AKA DE RCA 1988

2016 Epelboin Alain Chronique aka, janvier 1988, Bagandou, Akungu : retour à Akungu. 31 mn 47. Prod. SMM CNRS-MNHN Paris



EXTRACTION D’UNE PIERRE MALÉFIQUE IN CHRONIQUE AKA DE RCA 1989

2016 Epelboin A. Chronique aka novembre 1989, Ngopama, Lobaye, RCA : diagnostic et extraction d’une pierre maléfique. 10 mn 14. Prod SMM CNRS-MNHN Paris
LE MASSACRE DES TIRAILLEURS SÉNÉGALAIS À TIAROY EN 1944 IN UN CAR RAPIDE AU MUSÉE DE L’HOMME DE PARIS 2015

2015 Epelboin A. & Touré Ndiabou Sega. Un car rapide au Musée de l’homme de Paris : un chef-d’oeuvre d’art populaire, un art parlant. 42 mn 42. Prod. Alain Epelboin, SMM-CNRS Paris
DIVINATION PAR LES CAURIS PAR YANGO DIALLO AU SÉNÉGAL ORIENTAL 2000

2013 Epelboin A. Yango Diallo et le sida : divination par les cauris. Ibel, Sénégal oriental, 2001. 3 mn 36. Prod. SMM CNRS-MNHN Paris



MIME DE TOILETTE ANALE AU SÉNÉGAL 1986

1989 Epelboin A. Le bâtonnet et l’eau : techniques quotidiennes d’entretien du corps à Dakar-Pikine (Sénégal 1986). 10 mn. Prod APSONAT, LACITO CNRS et CNRS AV



SOINS DES MAUX DE DOS DE L’ETHNOLOGUE À BAMAKO 1995

1995 Epelboin A. Soins des maux de dos de l’ethnologue par un devin-guérisseur bambara à Bamako 1995 : géomancie, divination par les comptes de traits dessinés dans le sable 19 mn 15. Production SMM CNRS-MNHN Paris



ABLUTION AVEC L’EAU DU CANARI DES GÉNIES AU SÉNÉGAL 1998

1998 Epelboin A. & BOCLET D. Du rite au soin : toilette et guérissage à Joal (Sénégal, décembre 1997) 29 mn. Prod. URA 882, LACITO, CNRS AV



DIVINATION PAR CONTRACTURE DU BRAS AU SÉNÉGAL ORIENTAL 1990

1991 Epelboin A. De la pierre au bras (Tikankali, village nyokholonké des collines du Bandemba, Sénégal oriental février 1990.) 22mn, Coprod. LACITO, MNHN, CNRS AV



SORTIE DE MASQUES AGRAIRES CHEZ LES PEULS BANDE DU SÉNÉGAL ORIENTAL 1980

2018 Epelboin A. & Epelboin S. Sortie de masques ganguran agraires Ibel, Sénégal Oriental. 1983. Super 8, 2 mn 27. Prod. SMM CNRS-MNHN Paris



SORTIE DE MASQUE LORS D’UNE SOIRÉE DE DANSE IN CHRONIQUE AKA JANVIER 1988

2016 Epelboin Alain Chronique aka, janvier 1988, Bagandou, Akungu : retour à Akungu. 31 mn 47. Prod. SMM CNRS-MNHN Paris



EXTRACTION DU MAL D'UNE FEMME ENCEINTE IN CHRONIQUE AKA 1989

2017 Epelboin A. Chronique aka, 12 décembre 1989, Motonga, RCA : petit déjeuner et extraction du mal d'une femme enceinte. 4 mn. Prod SMM CNRS-MNHN Paris


SIFFLET BEKA, YODEL ET POLYPHONIE IN CHRONIQUE AKA 2006

2007 A. Epelboin Chronique aka, 13 juin 2006, Békélé, Lobaye, RCA : sifflet beka, yodel et polyphonie par Ginza et Cie. 3 mn 51 Prod. A. Epelboin SMM, CNRS-MNHN Paris

Anthropologie et ingénierie écologique : quelle place pour les savoirs écologiques traditionnels ?

08min55

Samuel Roturier, maître de conférences à AgroParisTech,
discute dans cette vidéo (8'56) du rôle des Savoirs Locaux et
Autochtones dans le déploiement d'une ingénierie écologique et ce, dans
une perspective anthropologique. Sur la base d'exemples, il met en
lumière tout l'intérêt de ces savoirs multimillénaires mais il montre
que l'enjeu se situe avant tout dans la reconnaissance des modes
d'existence de l'ensemble des communautés locales.

L'usine au cœur qui bat

47min41

Film documentaire réalisé par Nadine Michau sur la manufacture de carrelage de grès cérame de Paray-Le-Monial (Saône-et-Loire, Bourgogne), à partir d’une enquête réalisée avec les membres du CETU ETIcS. Partis pour interroger et enregistrer les récits des salariés de la manufacture de carrelage de Paray-le-Monial, la réalisation du film s'est imposée à nous comme une évidence. Les documents filmiques et photographiques exceptionnels illustrant l'histoire de l'usine, les témoignages filmés, véritables incarnations de l'engagement au travail donnent à cette histoire emblématique de l'industrie française une profondeur renouvelée. L'alliance de l'anthropologie sociale de l'histoire des techniques et du cinéma permet de partager cette mémoire ô combien importante pour l'histoire du travail. Nadine Michau Anthropologue

Baka Pygmies, the Turning point

Laurent MAGET

38min56

Baka Pygmies, the Turning-point a film by Laurent Maget Transcription   Pierre Kalo 
Storyteller / Guide
 I was born here in the forest. I lived in a camp with my parents, not far from the track. We hunted, gathered food ... and sometimes exchanged food with the Bantus. When we went to get food in the village, we arrived at Messok and the Bantus said there's a nun here who needs the Baka people and it might be good for you, as you went to the school in Abong Mbang a little. It might be a good thing to go and see her. So off I go to see the sister. And when I get there she asks - Who are you?
 - I'm a young Baka. 
 So while we're talking she says - But Kalo, wouldn't it be good to group the Baka here, because they're a bit threatened by the Bantus.
 - Ah, I said 'Yes I agree. We can try. It might work!''
 We came for a walk and saw a whole wood there, where nobody lived. We went to all the camps to ask the Baka if they wanted to come with us and live here. So we arrived in 1972, here, at Le Bosquet. Here's the gold mine that I found at Le Bosquet Fernando Ramirez Rozzi – Anthropologist, Biologist – CNRS Director of Research These are the records of births at the Bosquet from the 1980s to today. It is a true mine of information because for the first time we have the precise dates of birth of about 800 Baka children born here at Le Bosquet from 1987 to 2012. This means that for the first time in history we can meet a Baka child or adolescent and know his precise age. Work was done before these notebooks. It was done by Father Ignace Dhellemmes who made cards showing the relation between the various Baka groups. He noted the parents and children on each family card ... and then showed the families in relation to each other. In fact this was real demographic work, a considerable job. So the work of Father Dhellemmes and that of the other missionaries of the time like Father Robert Brisson is fundamental and enables us to be here today. As the aim of our work is to know the growth of the Baka groups, we need precise ages.   Alain Froment – Doctor of Medicine, Anthropologist - IRD Director of Research We prospected for years in Cameroon for our surveys and I discovered the existence of the notebooks when I came to the Bosquet. I understood immediately that it was something extraordinary to be able to use figures for the growth of the children, and especially 'Pygmy' children because these did not exist before. Here, thanks to continuous work for years, we were able to answer the question We are a team of anthropologists. This is a fairly general term that covers human diversity. There's cultural diversity and we have ethnologists and ethnomusicologists in the team—only people who study the cultures of the peoples of the world—and then we have biologists. So we are biologist-anthropologists. We examine the evolution of the human species. And that is why a field like this one that is somewhat at the margin of humanity, that is to say a forest environment setting constraints and peoples with fairly special physical characteristics, and a configuration as can be seen here, enables us to illustrate questions of human diversity and adaptation to the environment. Data gathering in anthropology is often a bit tedious—especially anthropometric measurements, what we call biometry. We need this for our studies of growth, whether for both adults and children and we take 10 to 20 measurements that form a treasure of figures that is complicated to use. Fernando Ramirez Rozzi It is agreed that growth is similar in all modern populations of humans. It must be remembered that growth is a change in dimensions until the adult size is attained. If the size differs between populations, this means that the processes responsible for this size are also different. This difference in size and difference in growth reveal very rich and substantial human biological diversity. In the case of the Pygmies, we assume that small size is an adaptation to their environment, to the forest. But what interests us is how adult size becomes established.
 Six years of data gathering means that we can now sketch a growth curve for the Baka. And its immediate usefulness—seen very clearly this year—is proof that all the data that we are collecting are applicable. Alain Froment CoCoCo !! Hello! How are you? Hello little one! Come and see me ...
Well that is a pathological case partially explained by chronic parasitism—especially a large liver, a large spleen and also parasitism consisting of both malaria and intestinal worms, and certainly an uptake problem. What she eats is not converted into growth.   Fernando Ramirez Rozzi I can't see anything there... I'm going over there...
Yes, here we are. Poor Jeannette, it's in red... We measured her in 2007, 2008 and 2009 and you can see that from 2008 to 2009 she lagged and broke with the normal growth curve for Baka women ... and in 2012, here, she is well below the figures for her age. So we see that her height is roughly equivalent to that of children between four and five and a half, and not at all the height of a child of nine and a half. That is to say she has a considerable delay in growth and her mother told us that she had been ill right after her birth and couldn't breastfeed her.   Alain Froment So tell the mother, and this is important, that it is not a question of money so she mustn't hesitate to go to the dispensary. We'll look after that—it's part of our job anyway to do a little correcting when we see pathological cases. It is clear here that we are beyond research. This a medical aspect and that child must be monitored regularly. Fernando Ramirez Rozzi When I came to Le Bosquet for the first time I went towards the meeting hut and introduced myself. I explained the aim of my research here and so I would come often—at least once a year—and I then offered to bring a dentist from time to time who would treat the Baka free of charge. This is why I brought a dentist here for the first time two years ago and here I am for the second time with a dentist at Le Bosquet to thank them for their help.   Alain Froment In fact the team consists of researchers from a number of different institutes: IRD, CNRS, the Natural History Museum… each with his own origin, culture and training and we have worked on building a concept—human ecology. This interests ethnologists as it is above all the cultural response that serves in mediation with the environment, for immediate adaptation. In the longer term there is a genetic adaptation and so human ecology combines these two bio-cultural approaches to make an entity.   Fernando Ramirez Rozzi Mboto Kalo Mboto Fernando Ramirez Rozzi "Dongue, tondo" ... I collected the others last year: "peke, koko, cana, bokoko" —I already have all these. Kalo Yes, that's it. It's good for making sauce. Yes, you cut it up like that in small bits, like coconut. You put it with fish. It's very good, like spinach.
 Kwekoalso comes from umbrella trees—it's food for monkeys. But when you're short of food, you can eat it. Because monkeys eat what man eats. Alain Froment Le Bosquet has become a research platform and insofar as our team is multidisciplinary, our students from the Museum have an area for research that we can allow them to use, and this will enable them to explore different directions—Agnès Sjöstrand, Doctoral student in Biological Anthropology at the Museum of Natural History— either in the medical field, in epidemiology, or in the cultural and musicological field, in language and also in the exploration of tastes as here there are hunter-gatherer peoples who have a long specific diet history that is not that of farmers, and one of the hypotheses to examine is whether taste—the perception of foodstuffs—differs in the evolutionary history of diet.   Alain Froment The pygmies traditionally lived in the forest. They were mobile, semi-nomadic and relatively far from the tracks while farmers had chosen to develop their villages along the tracks. Then because of the attraction of the tracks, the pygmies finally arrived along the road too and their numbers increased. So their habitat finally became structured and developed. Moangue-Le Bosquet, which interests us because of the large population, is also interesting as regards cultural evolution. We're in a town! There's a school, a hospital, shops... So tomorrow's way of life is already starting here.   Djény Adjoh Fieh – Owner of a bar at Le Bosquet We're in Djény's bar. 
This is where they dance and entertain. It's lit from 6 o'clock and people dance until midnight! This is my shop here. There's Castel and juice, cigarettes, there are Maggi cubes, soap, 'chichi' sweets for little girls, powdered chocolate, oil, eggs, King Arthur cake mix ... When I arrived there was only one shopkeeper, called Moussa. There was nobody. And when I arrived I was the second person. So I changed very quickly because when I came to Le Bosquet people made fun of me, saying 'You're going to live with the pygmies? You live with the Baka? How are you going to manage there? Those people smell! How are you going to manage with them?' I said no I'm going to earn a living. Money doesn't smell! That's what I said, like that! So they mocked me at the beginning. But as they saw how I had changed after two years they said 'Oh! So Baka money has become clean and you have changed! We're going to set up in Le Bosquet too!' A lot of people have come now. There are already five shopkeepers here. When a Baka man has perhaps five hundred francs, if he wants to buy rice, instead of buying three hundred francs' worth he'll buy a hundred francs worth and might buy alcohol and a packet of King Arthur for four hundred francs. That's the way it goes. He likes wine more than food. But they have no ambition nonetheless. When a man has money he'll spend it immediately and not think about tomorrow. Kalo I can't do anything in front of the children. I can't even do anything with my son because they encourage him to drink Nofia, which is bad, which kills and which burns the inside of your body. It's a great pity! It's destroying him!   Fernando Ramirez Rozzi Things are changing very fast. Unfortunately the changes are not always for the better. For example, alcohol is arriving strongly and this is a new phenomenon in the last three years.   Alain Froment Alcoholism is not a vice as such but a symptom. It is a symptom of the unhappiness of a population that is seeing things going too fast around it and alcohol is therefore a refuge and an escape. This situation is observed in many oppressed minorities and it is a transition. Geneviève Lomié – Shopkeeper in Lomié Something is not right among the pygmies. Why don't they change? Analyse your pygmies thoroughly to see why they don't become like us. Take a blood sample and send it to the big laboratories and see what they are. See if they really are normal men or if they have different blood, like an animal perhaps or something else.   Bertrand Magbwa Silas– Electrical mechanic – Building industry trainer The pygmies are considered as people to be rejected. The Bantus must understand that the Bakas still have a position in society. Kalo We now truly need a system to make it understood that the Baka world should really be respected. Alain Froment It must be understood that the situation is not permanent. The cultures themselves change but we are at a moment when traditional society is experiencing the shock of change. And when , around this, there are development projects that started with timber, bringing workers, bars, prostitution etc... There is an enormous project today ...   Kalo It's very big! It covers the whole forest from Kongo to Messok, to Messea ... Geovic is going to work everywhere around Lomié, even beyond the river Dja! Alain Froment So from the ecological point of view it's a project that will have negative effects on the fauna and on forests in general but which from the social point of view is also an opportunity as it brings money, jobs, development, the opening up of the area and in a country like Cameroon the issue is finally that of finding new resources. While preserving natural capital as much as possible. And this is the situation that will develop in the next few years. Bertrand Magbwa Silas During the prospection phase, Geovic used nearly 250 persons and a direct change in biodiversity, ecosystems and hunting was felt ... Well! Kalo Everything is falling apart. When we are here in this small settlement called Mbala, if I want to go for a walk I can't see anything because there's nothing. There are so many people here at Le Bosquet! You have to go further to find something... This modern life destroys everything. Bertrand Magbwa Silas Geovic had a summary plan that it showed to the people. They said that there would be at least 2500 direct jobs and nearly 2000 indirect ones. And there are Australians, South Africans, Cameroonians, Congolese, Central Africans… Oke Minzo family Yes, there's a letter box. Laurent Maget and… what's it for? Oke Minzo family It's for suggestions from the communities concerning the development that Geovic is to bring us. OK, we suggest a lot of things but there are no results. There's information more than a year old ... This has no significance! Recently, the coordinator told us that they were trying to get 400 thousand million francs from funders like China. Bertrand Magbwa Silas There's something wrong in this funding business. Why? Because I remember that when MacDonald International took the chairmanship of the company they said:
 'Geovic does not have a problem of money, but the worst problem is the management'. Somehow, when Geovic say that they don't have money, that they are looking for funding, we think that it means that they are contradicting themselves ...It's still a real mystery. Alain Froment As long as the nomadic way of life prevailed, it was finally difficult to identify pygmies as regards civil status in particular. They had no identity cards, they didn't really feel like citizens, but when the settling process began the problem arose and so they became visible. They became citizens and started to pay tax, to be educated and what we are now waiting for is doctors, lawyers and architects from the pygmy community, as from any community in Cameroon. Jean-Marie Kama Nkeube – Headmaster in Saint Kisito We had 88 pupils at the beginning of the school year and, unfortunately, finished the year with 38. You see, a little more than half left. It seems that the children are less and less interested in school and that's why they leave every day. I was scandalised myself at the beginning of the year when I came here. A mass of traders arrived and I would say that they attracted the Baka children in the wrong direction. You see, Baka children like music. And when there is music during the day when we have classes, it's serious I assure you! It is difficult for the teacher to teach because all the children are attracted by what they hear. You see, it's a school ... And if nothing is done to make it attractive, frankly it is going to disappear. So my plan is first of all to make it attractive so that children become interested and feel comfortable at school.   Laurent Yenjo – Singer and composer of the group Tibola 'Know how to read, count and write and also have knowledge and work well to defend your rights. Training and developing his skills, capacity and talents means that a child will have the chance of having a job that suits him. That is what education is.' Laurent Maget Well? What does this song say? Pierre Dangassa – Author / Composer / Singer So it means 'Oh my brothers, first we have suffered, we have had much unhappiness and suffering. Our brothers the Nzimés have mistreated us. We have run but have got nowhere. We always run and run and run ...'   Alain Froment Pygmies in general and the Baka here are not at all threatened with disappearance. Quite the opposite. There is remarkable demographic vigour. We see little children everywhere and the dispensary has reduced a death rate that was very high for a long time. Father Dhellemmes' notebooks show that 30 years ago life expectancy was 24 years, that is to say half of the life expectancy to Cameroonian citizens at the time. So this improvement in medicine also results in an improvement in demography. So the population is larger in fact. But the traditional way of life is going to disappear and this is typical of any culture. None are fixed. The issue is simply that of adapting and taking the right turning-point.     Author / Director: Laurent Maget Laboratoire Dynamique de l’évolution humaine – CNRS – 2012 Prix de l'Exploration au Festival du Film d'Aventure et d'Exploration de Toulon 2013

Comment la vérité et la réalité furent inventées (par Paul JORION)

Paul JORION

1h30min24

J’analyserai la naissance des notions de "vérité" et de "réalité (objective)", notions qui nous semblent aller de soi, mais sont en réalité apparues à un moment précis de l'histoire de notre culture occidentale et sont totalement absentes du bagage conceptuel de certaines autres et de la culture chinoise traditionnelle en particulier. Les moments de leur émergence sont datés et relativement récents, mieux, leur apparition a donné lieu à des débats houleux et bien documentés entre partisans et adversaires de thèses antagonistes. La vérité est née dans la Grèce du IVe siècle avant Jésus-Christ, la réalité (objective), au XVIe siècle. L'une découle de l'autre : à partir du moment où s'est imposée l'idée d'une vérité, dire la vérité revenait à décrire la réalité telle qu'elle est. Paul Jorion

20 entretiens en Anthropologie Bio Culturelle : Introduction à l'Anthroplogie Bio Culturelle

Qu'est-ce que l'anthropologie biologique ? L'amplitude du champ de recherche concerné par l'anthropologie biologique est souvent mal définie car ses limites sont souvent en superposition avec d'autres disciplines (celles du savoir médical, celles de l'ethnologie, celles de la sociologie ou de la nutrition...) Les modèles bioculturels mis en avant concernent : l'évolution des hominidés, les processus de microévolution, les lectures démographiques et génétiques des populations, les processus d'adaptation à différents écosystèmes, l'anthropométrie, l'alimentation, le vieillissement, la mort, la reproduction. L'anthropologie biologique étudie donc en premier l'évolution de l'homme ; elle peut se situer soit dans une perspective de macro-évolution, et dans ce cas elle se nomme paléoanthropologie et s'intéresse à l'évolution au niveau de la famille ou genre (australopithèque, homo habilis, homo erectus, homo sapiens) ou dans une perspective de micro-évolution qui concerne les populations actuelles ou récentes, c'est-à-dire les processus évolutifs au sein de la même espèce. Pour comprendre les principes et les conséquences de la micro-évolution, l'anthropologie biologique s'intéresse aussi à la dimension synchronique, c'est-à- dire qu'elle étudie la variabilité au sein de notre espèce. Elle doit enfin s'intéresser aux bases biologiques, aux capacités mentales permettant l'acquisition et la transmission culturelle.

Les questions du public concernant les collections anthropologiques (3/3)

Alain FROMENT

25min17

À l’occasion de la restitution des têtes maories à la Nouvelle-Zélande qui a eu lieu le 23 janvier 2012, le Muséum national d’Histoire naturelle a organisé une conférence grand public sur l'apport des restes humains à la connaissance scientifique, le 21 janvier 2012, dont l’objectif était de sensibiliser le public à l’intérêt scientifique des collections d’anthropologie physique. Dernier volet du cycle de conférence sur l'apport des restes humains à la connaissance scientifique, pour voir les volets précédents: 1. A quoi servent les collections anthropologiques ? (1/3) 2. La question de la restitution des restes humains (2/3)

Ontologies: Diversité culturelle 1/7 - Origine des 4 ontologies

Hélène ARTAUD

03min40

Hélène Artaud, enseignant-chercheur en Ethnoécologie au Muséum National d'Histoire Naturelle, décrit la diversité culturelle humaine selon 4 ontologies principales, issues du travail de Descola: L'animisme, le naturalisme, le totémisme et l'analogisme. Ces approches ethnophilosophiques représentent des outils essentiels dans les études anthropologiques car ils permettent de mieux appréhender le fonctionnement des sociétés. Dans cette vidéo, Hélène Artaud nous décrit l'origine des 4 ontologies : il s’agit d’une synthèse en 4 catégories de la diversité des cultures humaines. Descola voulait mettre à l'épreuve la théorie du déterminisme culturel, selon laquelle la culture peut être déduite de l’environnement naturel. Au cours d’une étude de terrain sur un groupe d'Amazonie, il a pu démontrer une unité culturelle malgré deux environnements bien distincts. Ainsi, le déterminisme culturel (naturel) n’est pas suffisant à expliquer cette unité et ne prend pas en compte la relation à la nature. Si vous souhaitez avoir plus d'informations sur l'ontologie vous pouvez consulter les liens suivant: 2. Pourquoi comprendre les ontologies? 3. L'animisme 4. Le naturalisme 5. Le totémisme 6. L'analogisme 7. Identification des sociétés aux ontologies

Homoérotisme et homosexualités dans les sociétés arabes, des âges prémodernes à l’ère contemporaine

Frédéric LAGRANGE

1h33min53

Conférence de Frédéric Lagrange (Professeur de langue et littérature arabes à l'Université Paris-Sorbonne) Accédez à l'intégralité de la conférence en podcast audio dans l'onglet téléchargement

Rencontre annuelle du fonds de dotation de l’EHESS Bourses d'accomplissement du fonds de dotation de l'EHESS

Pierre-Cyrille HAUTCOEUR

39min14

BOURSES DISTRIBUÉES EN 2017   Rencontre annuelle du Fonds de dotation de l'EHESS. Une table ronde s'est déroulée autour du thème « Sport et recherche ». A l'issue de la table ronde a eu lieu la remise des bourses d'accomplissement, sous la présidence de Pierre-Cyrille Hautcoeur, président de l'EHESS  Stéphane Audoin-Rouzeau, directeur général du Fonds EHESS,  Isabelle Laudier, Responsable de l'Institut CDC pour la Recherche, Claire Besson, SG de la Fondation Credit coopératif, Danièle Hervieu-Léger, pour le prix Henri Desroche, Jérôme Dokic, directeur des enseignements et de la vie étudiante. Concours « Droit et société » :   - Julie Ancian. Sujet de thèse : « Ces bébés, je n'en voulais pas ». L'autonomie reproductive au prisme des récits judiciares, médiatiques et intimes de néonaticides. (Dir : Marc Bessin) - Caroline Taïeb. Sujet de thèse : Un cas de discrimination au Japon: les Burakumin. (Dir : Serge Paugam et Ishimoto Kyohide).  Concours « L'écrit dans les sociétés contemporaines » : - Noëlle Counord. Sujet de thèse : Relation au territoire, ontologie de l'habité et littérature orale chez les Gujjars de l'Himalaya indien occidental: un ethnographie. (Dir : Tassidit Yacine et Syvie Poirier) - Cécile Raulet.Sujet de thèse : L'ethos du critique littéraire. Ethique critique de Roland Barthes. (Dir : Philippe Roger)  « Henri Desroche », d'un montant de 7 500 euros : - Nora Gueliane, L'interprétation spatiale de l'évolution des formes de solidarités dans la vallée du M'zab, sous la direction de Maurizio Gribaudi - Natalia Pashkeeva, La construction du mouvement « universel » de « jeunes chrétiens » en Europe et « l'action russe » des YMCA américaines en Russie et en Europe (deuxième moitié XIXe- 1939), sous la direction de Wladimir Berelowitch  Institut CDC pour la recherche : - Audrey Marcillat, Les sans-abris en Ile-de-France dans une perspective de genre, sous la direction de Marc Bessin - Helena Hachmann, Hypothèses sous-jacentes et modélisation en économie,une question d'épistémologie sociale, sous la direction d'Alban Bouvier - Joana Sisternas Tusell, Chapéu Mangueira : conflits urbains et recompositions socio-politiques dans une favela « pacifiée » à Rio de Janeiro, sous la direction de Daniel Cefaï et Neiva Vieira da Cunha

Rencontre annuelle du fonds de dotation de l’EHESS table ronde

Eric WITTERSHEIM

1h07min02

Table Ronde sur le thème « Sport et Recherche »   Quel regard les sciences sociales portent-elles sur le sport ? Qu'est-ce que les sciences sociales "font" au sport ? L'échange entre des chercheurs en sciences sociales et un ancien rugbyman sera suivie d'une discussion avec le public. Avec la participation de : Julien Clément (Musée du Quai Branly), anthropologue du corps, spécialiste du rugby Benoît Guyot, ancien joueur de rugby au Biarritz Olympique Niko Besnier, professeur à l'Université d'Amsterdam, anthropologue à la tête du projet GLOBALSPORT Eric Wittersheim (EHESS) anthropologue et cinéaste, auteur d'une enquète sur le PSG Mardi 18 avril 2017  EHESS (Auditorium François Furet) - 105, boulevard Raspail 75006 Paris