Documents pour «Gabon»

BAKA.mov

Laurent MAGET

27min38

Nous venions d'achever la réalisation du film "Le dictionnaire" avec Lolke Van der Veen, magnifique sujet tourné en 2 missions très intenses. Pascale démarrait sa thèse à cette époque déjà et me fit rencontrer Sumba, jeune Pygmée Baka du nord Gabon, originaire du campement de Bitouga. Il venait passer un mois, tout droit sorti de sa forêt, mais connaissait déjà Pascale qui s'était rendue plusieurs fois chez lui et son père avait habité longtemps la ville importante d'Oyem, à 100 km de Minvoul. C'est à ce moment que j'ai découvert d'une part ce jeune homme étonnant, et d'autre part le travail d'une ethnolinguiste, très concentrée, très claire dans sa méthode, me permettant ainsi de pouvoir l'exprimer en image et sans commentaire off. Ils ont venus dans ma régie vidéo de Lyon et j'ai tout de suite filmé une séance de travail. Nous étions alors en 2004. C'est quelques mois plus tard, peut-être même un ou deux ans, que Pascale est venue m'annoncer qu'elle partait pour une dernière mission au Gabon et qu'elle souhaitait que je l'accompagne pour documenter son travail, voire…en faire un film. J'aurai naturellement dû préciser que Lolke Van der Veen, notre cher ami commun, était le directeur de thèse de Pascale et qu'il couvait bien chaudement le projet de ce film. Pascale avait parfaitement intégré le travail accompli en duo avec Lolke autour de la caméra et du récit filmé, le chercheur étant le porteur de la narration. Elle m'avait carrément balancé "Tu sais, ton film Le dictionnaire, c'est beaucoup plus qu'un film pour Arte !", et, Waou ! Je l'ai reçu en plein cœur. Nous étions sur de bonnes bases et Pascale ne m'a rien caché de la réalité du terrain, disons…bien engagée. La mission et les images le montreront. C'est durant ces 3 semaines en forêt, au cours de ces itinérances de campement en lieux chasse ou cueillette temporaires que j'ai pu voir l'âpreté au travail comme à la "vie dure" de ma collègue. Tout dans nos tempéraments nous éloignait, tout dans le travail nous a rapproché. Fantastique mixité de personnages et de métiers. Professionnellement, je dirai plus précisément, scientifiquement, il y avait là une continuité, comme un épanouissement entre deux sujets de films successifs : La Linguistique pure de Lolke et ce dictionnaire Geviya-Français à 4 mains avec Sébastien Bodingua, et l'Ethnolinguistique de terrain avec une Pascale dont la thèse restera une contribution exceptionnelle à beaucoup d'égard. Voilà. Pascale est partie pour un voyage très lointain. Elle reste évidemment avec nous. Salut Grande Dame ! Vive la science, Vive le cinéma. Laurent Maget - Paris, Musée de l'Homme 8 janvier 2017 --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- + sur : http://maget.maget.free.fr/Baka/Images-du-tournage%20.htm ________________________________________________________________________________________ Les Baka du Gabon dans une dynamique de transformations culturelles Perspectives linguistiques et anthropologiques Par Pascale PAULIN https://l.facebook.com/l.php?u=http%3A%2F%2Ftheses.univ-lyon2.fr%2Fdocuments%2Fgetpart.php%3Fid%3D2146%26action%3Dpdf&h=ATPO_71NNqi5NhLr2ScfU20uw5LqgSoAmtfcQu-3cX8nZFA2Ps8OAeTVgG7EuL30dJOujreJo52bLMhcN5FEtmOA8KjZ_SGSL8h-DXDnNks1xhIDNhFyIapLFDpvx2gMwixwoDsE5ATVoQ

Le Dictionnaire

Laurent MAGET

22min45

Sébastien Bodinga bwa Bodinga, 79 ans, Érudit Gabonais, vit à Fougamou, au sud de Lambaréné. En 1986, il entreprend de réaliser un lexique de sa langue, le Geviya, dialecte oral, pour en préserver la mémoire. On peut estimer, en effet, le nombre de bons locuteurs de cette langue à 40 seulement.Grâce à une collecte de plusieurs années auprès des anciens, il compose un document de 1200 pages, l’œuvre de sa vie. Lolke Van Der Veen, 45 ans, Professeur de linguistique néerlandais, vit et travaille à Lyon. En 1988, son directeur de recherche lui propose de rencontrer Sébastien, pour envisager un travail autour de l’impressionnant corpus collecté. Lolke s’immerge, durant plusieurs années et quelques séjours, dans cette œuvre pour lui donner une forme scientifique élaborée. En Janvier 2003, il apporte officiellement à Sébastien ce qui est devenu le dictionnaire geviya-français. C’est l’histoire de cette rencontre, de ce travail, du village de Mavono, actuel lieu de résidence de cette ethnie, que nous présentons. Passer de l’oral à l’écrit, donner un signe au son, défendre sa culture, aboutir une recherche, affirmer au monde son existence, accueillir, célébrer et ritualiser cet événement pourtant mineur…Mineur ? Laurent Maget Réalisateur _________________________________________________________________________________________ Edité fin 2002, le dictionnaire geviya-français résulte d'un minutieux travail lexicographique pour lequel on ne compte pas moins de 6500 entrées. Sa remise officielle à la communauté des Eviya a fait l'objet de cérémonies de danses et de chants. Le Pôle Image Animé de l'ISH en collaboration avec la laboratoire Dynamique Du Langage retrace sous la forme d'un documentaire l'élaboration de cette oeuvre à partir de la collecte d'un impressionnant corpus. Mais c'est aussi l'histoire d'une rencontre au sein du village de Mavono. LES EVIYA DU GABON Les Eviya constituent un groupe ethnique du Gabon, qui de nos jours n'occupe plus qu'un seul village en face de la ville de Fougamou. La région autour du village est fort peuplée et difficile d'accès. La langue des Eviya porte le nom de "geviya". On peut estimer le nombre de bons locuteurs à une quarantaine seulement, ce qui laisse entendre que la disparition de cette langue est sur le point de s'achever. Les travaux de recherche ont permis d'aboutir à une description fiable de la phonologie segmentale et tonale et à un travail de lexicographie et à diverses publications en ethnolinguistique. TRAVAIL LEXICOGRAPHIQUE SUR LE GEVIYA La construction d'un dictionnaire geviya-français a commencé, il y a bien des années, par Sébastien Bodinga-bwa-Bodinga, locuteur geviya natif et érudit local. C'est en 1987 qu'il confie à Lolke van de Veen un document dactylographié contenant 1287 pages en vue de la publication d'un dictionnaire, conçu comme témoignage ultime de la richesse de la langue et de la culture des Eviya. Le document a fait l'objet de plusieurs vérifications par les anciens de la communauté eviya. Ce travail scientifique minutieux et complexe comporte , outre l'étude de la description de la langue elle-même, une étude approfondie de la manière dont les locuteurs catégorisent lexicalement les entités du monde. Les exemples qui accompagnent les différents sens des entrées sont des énoncés authentiques qui ont été soit fournis directement par Sébastien Bodinga soit collectés et enregistrés par Lolke Van de Veen à l'occasion de recherches ultérieures. Un grand nombre d'exemples ont été fournis par Moïse Modandi, neveu de sébastien Bodinga-bwa-Bodinga. Rappelons enfin que le travail du dictionnaire a pour objectif de conserver pour la science une partie du patrimoine ethnolinguistique bantou de l'Afrique Centrale et de revaloriser une langue en principe condamnée à disparaître. Il est évident que les locuteurs geviya ont tous attendu avec une très grande impatience et non sans fierté la sortie de cette ouvrage fort exceptionnel dans le contexte gabonais. Sa valeur symbolique n'échappera à personne.  Image, Son, Scénario et Réalisation : Laurent Maget Conseiller Scientifique : Lolke van der Veen, enseignant-chercheur. Laboratoire Dynamique du langage Montage : Agnès Ribouton

Chronique du littoral gabonais 2006 : pièges à poissons en bambou

Catherine SABINOT

09min29

Dans la lagune Banio, de nombreuses femmes vili possèdent des pièges en bambou à l’intérieur desquels poissons-chats (« singodo ») et crevettes (« mikoss ») élisent domicile, essentiellement durant la saison des pluies. Les pièges sont formés de tubes de bambous évidés, attachés régulièrement sur une ligne de fond amarrée à deux poteaux sous l’eau. Pendant la saison sèche, les femmes en profitent pour renouveler les « bambous » usés par leur séjour dans la lagune. Sur cette séquence, un homme apporte pour une femme une commande de « bambous » coupés sur l’autre rive. Ils sont ensuite évidés et percés. Enfin, une femme fixe les « nouveaux bambous » à la place des anciens, directement sur la corde en pleine eau. Les enfants accompagnent leur mère et s’occupent d’embarquer les « vieux bambous » dans une pirogue afin de les amener à proximité de la berge. 

Chronique du littoral gabonais 2006 : jeu de construction d’un fumoir

Catherine SABINOT

04min08

Pendant la saison sèche, les enfants vili scolarisés à Mayumba ou Ndindi (Nyanga, Gabon), reviennent au village passer les vacances. A Nkoka sur les berges de la lagune Banio, les journées sont rythmées par des activités et des jeux d’apprentissage entre parents et enfants, et aussi entre enfants. Ce jour d’août 2006, Mamina, conseillée par sa mère, prend la place de Dieumerci, plus jeune, pour réaliser un fumoir miniature à l’aide d’un couteau, d’une boîte de conserve, de quelques morceaux de bois et de cailloux.

Chronique des pygmées babongo 2007 : pièce bwiti d’arc-en-bouche (de jour) par Makaho Maurice

Alain EPELBOIN

02min54

Midouma, le 21 février 2007, (Ogoué Lolo, préfecture de Koulamoutou, Gabon ) De jour, exécution d'une pièce bwiti d'arc-en-bouche par Makaho Maurice dans le "corps de garde" babongo, le hangar à usages collectifs, profanes et sacrés.

Les Tsogho du Gabon, initiation au Bwiti

Sylvie LE BOMIN

19min04

Initiation de jeunes garçons tsogho au culte du Bwiti

Chronique pygmées Bakoya, Gabon, avril 2006

Alain EPELBOIN

1h27min49

Chronique des Pygmées Bakoya, Gabon avril 2006 : 1- Imbong 2- dix leçons d'ethnomusicologie, 3 Angetse Etienne, chanteur & musicien bakoya de harpe-cithare
37 scènes

1- Imbong

2- Au quartier bakoya de Zoula Sylvie Lebomin, ethnomusicologue, enregistre et analyse 10 pièces musicales bakoya en faisant jouer simultanément et/ou successivement les musiciens et les chanteuses.

3- Huit chansons d'Angetse Etienne, chanteur et musicien bakoya d'enye (harpe cithare) à Mékambo. Il est accompagné pour une pièce par Louis Joseph Ambese.

Petit récital improvisé à la demande de Sylvie Lebomin, ethnomusicologue en présence de Denis Mimbaye.
Chapitres :
00 1 Imbong, avril 2006  35 mn
Acteurs par ordre d'apparition

Ambèse Louis Joseph

Mimbaye Denis, chef de village

Moulili Jean de Dieu, préfet

Angetse Etienne, joueur d'enyele

Lebomin Sylvie, ethnomusicologue

Toum Bernard

Mbouaza Ginère, évangéliste

Bokani Gilles, chef de village

Epelboin Alain, médecin anthropologue

01 traitement de la première dent de lait des enfants bakoya  2 mn 07

Installé dans le "corps de garde" du village Imbong, Louis Joseph Ambèse raconte que lorsque l'enfant bakoya perd sa dent de lait, il doit la donner au "lézard" (indet), afin qu'il la remplace par une belle dent.

02 sortie des Pygmées de la forêt dans les années 1934-36  13 mn 59s

Denis Mimbaye, chef bakoya du village Imbong, raconte comment, au début de la colonisation, ses aïeux Pygmées ont noué leurs premiers rapports avec les Européens, leur fournissant, notamment, des gibiers entiers, non découpés.

Il évoque en particulier le lieutenant Thomas qui dirigeait la région en 1933-1936. Celui ci, favorable aux Pygmées, gagne leur confiance à l'occasion du règlement d'une rébellion provoquée par des injustices exercées par un chef de village nommé par l'administration.

C'est à la suite de cette affaire que les Pygmées du secteur d'Imbong, décidèrent de quitter leurs campement isolés en forêt, pour s'installer au bord de la route que venait d'ouvrir ce même lieutenant Thomas

03 administration de Mékambo de 1924 à 2006  1 mn 48s

À la sous-préfecture de Mékambo, Moulili Jean de Dieu, le sous-préfet, commente le grand panneau érigé dans l'entrée "liste nominative du personnel de commandement ayant servi dans le département de la Zadié Mékambo" depuis 1924. On y retrouve la trace du Lieutenant Thomas (1933 1936), dont le rôle fut important dans la percée des routes et dans la construction d'une alliance avec les Pygmées Bakoya : c'est celle ci qui les amena à cette époque "à sortir de la forêt" et à s'installer le long de la piste, récemment rendue carrossable.

J.D. Moulili rapelle comment autrefois les avions qui reliaient le Congo au Gabon, faisaient escale à Mékambo qui'était également une étape importante sur la route du Congo.

Moulili Jean de Dieu, préfet de Mékambo depuis 2005, face à la caméra : - Comme on est proche de la République du Congo, la grande voie, c’était, qui reliait le Congo à Makokou, je crois, Makokou, Eboué d’ailleurs qui était la première capitale provinciale : et bien, la voie passait par ici. C’était un passage obligé.Et même les avions qui partaient de Libreville ou Woleu-Ntem, avant que ça n’atterrisse à Brazzaville, ils faisaient escale ici. Vous avez vu la petite piste d’atterrissage.La première voiture qui serait partie du Congo était passée par ici. Ce sont les gens de Mékambo qui l’auraient vu. C’était quand même un spectacle ! Avant ceux de Makokou !Le propos est interrompu par une voix en français, forte et tendue de vieille femme en colère. Elle est habillée de vêtements propres et délavés, mouchoir de tête noir et jaune brillant, assorti au trop grand polo masculin jaune pâli, avec sur le visage des restes blancs de masque facial au kaolin, en particulier sur son « gros » nez. Une malade mentale que les employés de la préfecture ont l’habitude de voir fréquenter les bureaux, serinant les mêmes litanies. En fait, une ancienne employée qui est devenue folle à la suite de diverses infortunes. Filmiquement, une rupture explosive du propos d’un très haut fonctionnaire, comme par un esprit ancien, hantant sans cesse les lieux de son passé.
L’ancienne employée de bureau : - Voilà le premier état civil pour moi à Mékambo ! Veut-elle dire qu’elle a été une des premières à être enregistrée à l’état civil ou à tenir le bureau de l’état civil ? Signifie-t-elle que sa famille et/ou elle même a été en contact très tôt avec l’administration au pouvoir, et qu’elle a eu un statut social élevé, désormais détruit ?
Alain : - Quelle année ?
Période coloniale ou après l’indépendance ? Elle poursuit son propos sans prêter attention à la question. Elle n’a pas l’air si âgée, 60, 70 ans : donc on pourrait prendre comme hypothèse qu’elle est née dans les années 1930, 1940. Elle aurait eu 20 ans entre 1950 et 1960 ? En fin d’administration coloniale ou au contraire lors de la mise en place de l’administration gabonaise ?

- Moi qui étais premier (employé) état civil, ici à le bureau à Mékambo, avec le vieux là !

Elle montre un vieillard à proximité, hors caméra. La fourchette d’âge s’élargit jusqu’à 80 ans, et la fiabilité du propos, quant à un ancien emploi de bureau exercé ici se confirme. Elle a, dans un premier temps, bénéficié de l’ascenseur social construit sur la scolarisation, l’apprentissage du français et de l’écriture.

L'air, il fait moi comme ça (geste d’essuyage de la sueur du front), comme je n'ai pas de voiture !

L’air ! Attention, c’est vraisemblablement un mot très polysémique. Le geste d’essuyage de la sueur sur le front, morphème non-verbal transculturel africain bien connu, désigne le travail physique, mais aussi l’excès de dépense d’énergie, et donc aussi la notion de fatigue au sens aussi bien physiologique que pathologique.

Ici, on entend air au sens d’exposition au aléas du climat, que ce soit dans les bureaux surchauffés ou lors de déplacements à pied. Employée de bureau, c’est-à-dire un statut social important du point de vue de la société dont elle est originaire, mais négligeable du point de vue de la hiérarchie administrative. Elle n’avait pas un rang lui permettant de disposer d’un véhicule et elle avait de grandes distances à parcourir, non seulement pour venir au travail, mais également pour mener à bien ses autres activités, familiales, agricoles, voire commerciales.

L'air, il volait pour moi de l'argent ! 

Les dures conditions écologiques lui coûtaient beaucoup ? « Air » est à prendre au sens écologique, mais aussi surnaturel : vents ou souffles porteurs des agressions maléfiques d’esprits, de jaloux, d’envieux, d’ingrats, de méchants !

L'air ! Il gaspillait les enfants pour moi !

Il rendait ses enfants malades ? Il a détourné ses enfants de leur mère ?

L'air, il gaspillait moi !

Cet air a fini par altérer sa réussite sociale.

Je dors dans le par terre !

S’agit-il de dormir par terre, parce que sa ruine est-elle qu’elle ne dispose même plus de lit chez elle et qu’elle est obligée de dormir sur une natte. Ce peut être une réalité concrète ou une expression archétypale de la misère d’une femme âgée, délaissée, veuve ou divorcée, et de plus abandonnée par ses enfants ! 

Autre hypothèse, elle n’a pas de domicile fixe et est amenée à dormir n’importe où, parfois sans natte, à même le sol, comme beaucoup de malades mentaux, délaissés par leurs familles impuissantes à juguler la folie.

C'est premier (e) à le bureau là, l'année du boulot, moi de l'argent !

Il faudrait reprendre l’histoire de l’administration de Mékambo pour identifier son statut véritable et savoir si elle a été effectivement embauchée la première ! Peu importe ! Elle exprime une réussite sociale ancienne et une ruine actuelle.

Tous les jours à le boulot, le village, c'était en courant !

Je viens pour trouver moi le boulot !

Ici, elle reprend ce qu’elle indiquait antérieurement par le geste d’essuyage de la sueur sur le front, à savoir qu’elle était une femme active, gérant de nombreuses activités, « en courant ». Et que sa réussite était le fait de son propre mérite.

Une histoire « ordinaire » d’une personne qui a pris l’ascenseur de la réussite sociale de la modernité, mais qui s’est brisée dans le piège tendu, un miroir aux alouettes : et qui tend elle aussi un miroir dans lequel on craint de retrouver son propre reflet, passé ou à venir. 

Un bouffon, une griotte, qui dit des « vérités » aux puissants sans pouvoir être puni. Une vieille femme dangereuse, au malheur potentiellement « contaminant », qui révèle les non-dits, les désirs, les inconscients individuels et collectifs.

Est-ce en tant que ce qu’elle était qu’elle est tolérée en ces lieux officiels ? À cause de la présence du témoin étranger ? En raison de la dangerosité des paroles de malédiction d’une vieille femme ?

Ou, comme les Pygmées, du fait de sa proximité avec les êtres du monde non visible au commun des mortels ?

04 Représentation de la maladie Ebola chez les Bakoya  4 mn 27s

voir séquence 9 mn : http://www.canal-u.tv/video/smm/chronique_pygmees_bakoya_de_mekambo_gabon_avril_2006_representation_des_epidemies_de_maladie_a_virus_ebola_de_2001_2002.16144

À la suite d'une épizootie ayant décimé les gorilles, en 2001-2002, une épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola, sous-type Zaïre, se propageant jusqu'à Kéllé au Congo, a terrifié la population de la région de Mékambo, tuant notamment quelques Pygmées Bakoya.

Qu'en reste-t-il dans les mémoires ?

À la sous-préfecture de Mékambo, deux affiches sont exposées dans le hall : l'une d'un parc national avec des têtes de gorilles en très gros plan, l'autre consacrée à Ebola et indiquant les mesures et comportements à prendre, pour éviter de se contaminer.

Angeste Étienne, chanteur et joueur réputé de harpe cithare enye interprête à son domicile la chanson sur Ebola qu'il a inventé lors de l'épidémie.

" Les jeunes filles ! Gardez le corps ! Ebola arrive !". traduisent Toum Bernard et

Mbouaza Ginère, évangéliste, tous deux originaires d'Imbong. Ils rappellent l'horreur qui les a saisi

Toum Bernard : -Pour moi c'était la première fois d'entendre parler d'Ebola et c'était aussi pour moi très horrible. de voir comment les médecins manipulaient les corps.

Là nous les parents ! Non ! Les parents des décédés ! Non, non, non ! Ils n'avaient plus le pouvoir, de manipuler les corps.

Mbouaza Ginère, évangéliste : - Comment se fait il que c'est une épidémie. Et puis en prenant, quand le corps meurt, il faut absolument que les parents puissent voir comment, à enterrer le corps.

Mais ce qui était horrible, c'était pourquoi ? C'était parce que, quand la personne trouve la mort, au lieu que c'est les parents qui prennent le corps, ce sont les médecins eux-même qui prennent le corps. Et des fois, d'autres corps ont disparu !

Toum Bernard : - Mais leur cimetière (tombe) , on ne connait pas. On ne connait pas où se trouvent de ces corps là aujourd'hui.

Mbouaza Ginère, évangéliste : - Après un moment donné, les familles qui ont perdu les parents ont été satisfaits par l'argent.

Donc il a fallu que l'état gabonais pense aux familles qui ont perdu les parents pour leur donner de l'argent... déja sur canal u

Acteurs par ordre d'apparition :

Angetse Etienne, joueur d'enyele

Lebomin Sylvie, ethnomusicologue

Toumoro Bernard

Mbouaza Ginère, évangéliste

Epelboin Alain, médecin anthropologue

Caméra-son- réalisation :

Epelboin Alain

05 iboga 5 mn

06 remerciements 7 mn 17s




00 2 dix leçons d'ethnomusicologie  32 mn18

Au quartier bakoya de Zoula Sylvie Lebomin, ethnomusicologue, enregistre et analyse 10 pièces musicales bakoya en faisant jouer simultanément et/ou successivement les musiciens et les chanteuses.

Etaba Madeleine, chanteuse

Ambili Florence, chanteuse

Maboa Thérèse, chanteuse

Aboul Jonas, percussion

Mwango Mathias, joueur d'abele

Ipatima Stanislas joueur de ndumu

Mindem Jean-Rémy, joueur de ngom

07 1 Chant du Mongala 8 mn 7s

Après un essai destiné à expliquer la procédure de l'enregistrement aux musiciens, exécution d'un premier chant de Mongala où chaque intervention est enregistrée en référence avec celle qui la précède. Le Mongala est un culte initiatique centré sur la gemmellité que l'on retrouve sur une grande frange est du territoire gabonais.

07 2 Chant du culte Issembu 3 mn 28

Enregistrement analytique d'un chant du culte Issembu réservé aux femmes. Comme pour le Mongala, ce culte se retrouve dans les populations de toute la frange est du territoire gabonais sous différentes appellations (Lissembu; Lissimbi; Lessimbu).

07 3 Chant et fabrication de panier 2 mn 28

Pendant les enregistrements, un homme continue à tresser son panier, vraisemblablement de l'ethnie Kwélé au regard du type de maille utilisé.

07 4 chant par deux femmes 57 s

Cet enregistrement permet d'entendre la complémentarité des voix et des registres utilisés par les deux femmes.

07 5 chant de Ngodja 3 mn 54s

Chant de Ngodja accompagné particulièrement par la poutre frappée et le baguettes entrechoquées. Ces deux éléments rythmiques permettent d'entendre la suprposition d'un rythme binaire et d'un rythme ternaire.

07 ethnomusicologie 6  3 mn 35s

07 7 chant du culte Mbumba  3 mn

Chant du culte de divination Mbumba. Au bout de quelques temps, Florence, la chanteuse principale, introduit la technique de chant du yodel qu'elle dit avoir emprunté aux Pygmées Baka, installés dans la région de Minvoul, mais qui descendent parfois jusque dans l'Ogooué-Ivindo pour la chasse.

07 8 chant du répertoire Abwema  3 mn 48s

Enregistrement d'un chant du répertoire Abwéma.

07 9 Bébé en musique  1 mn 36

Les bébés participent à l'activité musicale dès leur plus jeune âge. Dans un premier temps de façon passive, du seul fait de leur présence dans les bras des femmes. Ils acquièrent ainsi les rythmes corporels de base.




00 3 Angetse Etienne, chanteur & musicien bakoya de harpe-cithare 18 mn 25

Huit chansons d'Angetse Etienne, chanteur et musicien bakoya d'enye (harpe cithare) à Mékambo. Il est accompagné pour une pièce par Louis Joseph Ambese.

Petit récital improvisé à la demande de Sylvie Lebomin, ethnomusicologue en présence de Denis Mimbaye.

08 01 harpe cithare 2 mn 47

La harpe cithare joué ici par un musicien bakoya est vraisemblablement d'origine Kwélé où elle sert à accompagner le chant d'une épopée, dans un style proche du Mvet fang.

Cet instrument de très gande longueur est fait en bambou de Chine avec des cordes directement prélevèes sur la canne de Bambou. L'instrument est dit alors idiocorde.

08 02 harpe cithare et corbeille 2 mn 15s

Pendant que la femme du musicien continue de tresser sa corbeille, celui-ci continue d'improviser des paroles. L'énorme marmite placée sous l'instrument sert d'amplificateur.

Le rythme pointé utilisé dans le jeu de l'instrument semble spécifique au jeu de la harpe-cithare à traves différentes populations d' Afrique centrale.

08 03 harpe cithare 1 mn 16

08 04 harpe cithare 1 mn 16s

Les deux mains du musicien, disposées de part et d'autre du chevalet, jouent alternativement. Il y a de fait peu de polyphonie bien que l'instrument en possède le potentiel.

08 05 harpe cithare 1 mn 47s

08 06 harpe cithare 53 s

08 07 harpe cithare 4 mn 19s

Un des accompagnateurs de l'équipe, Joseph Ambese, chante en duo avec le musicien principal qui de ce fait retrouve une source d'inspiration.

08 08 harpe cithare 2 mn 30s

09 générique 40 s

Chronique des Pygmées Babongo, avril - mai 2008 Pièces traditionnelles d’arc-en-terre avec un jouet d’enfant, 15 avril 2008, Doumé

Alain EPELBOIN

02min14

Chronique des Pygmées Babongo, avril - mai 2008 (Gabon) 
09 Pièces d'arc-en-terre avec un jouet d'enfant (2mn 14)
15 avril 2008 : Doumé, Ogooué-Lolo, Gabon

JOUEURS D'ARC À RÉSONNATEUR
Boudouha "Cheas", de père zaïrois et mère adouma

Jean Blaise Matzanga "Makunza", de père nzebi et de mère babongo

CAMÉRA-MONTAGE-RÉALISATION : Alain Epelboin

Chronique des Pygmées Babongo, avril - mai 2008 Guérisseurs de footballeurs, 15 avril 2008, Doumé

Alain EPELBOIN

03min32

Chronique des Pygmées Babongo, avril - mai 2008 (Gabon) 
08 Guérisseurs de footballeurs
15 avril 2008 : Doumé, Ogooué-Lolo, Gabon

ACTEURS
Sylvie Moghini
Jean Blaise Matzanga "Makunza"

CAMÉRA-MONTAGE-RÉALISATION : Alain Epelboin

Chronique des Pygmées Babongo, avril - mai 2008 Divination de la cause de maux de ventre, par la chute de morceaux d’écorces, 13 avril 2008, Doumé

Alain EPELBOIN

26min42

Divination de la cause de maux de ventre par la chute de morceaux d'écorce
13 avril 2008, Doumé, Ogooué-Lolo, Gabon (26 mn 42)

ACTEURS :
Jean Blaise Matzanga "Makunza", le joueur de cithare et devin

Le 1er consultant, Motunga Jean

Le 2 ème consultant ,Boudouha "Cheas"
Nanda Juriel
et les accompagnateurs

MONTAGE : Alain Epelboin & Annie Marx
TRADUCTION NZEBI/FRANCAIS : Jean Marthial, "Master" Jean Blaise Matzanga
CAMÉRA SON : Alain Epelboin
AUTEURS RÉALISATEURS : Alain Epelboin & Jean Blaise Matzanga, "Makunza"

Chronique des Pygmées Babongo, avril - mai 2008 Questionnaire linguistique comparatif akélé, babongo, awanji et adouma, 15 avril 2008 Doumé

Alain EPELBOIN

07min33

Chronique des Pygmées Babongo, avril - mai 2008 (Gabon) 
05 Questionnaire linguistique comparatif akélé, babongo, awanji et adouma (7 mn 33)
15 avril 2008 : Doumé, Ogooué-Lolo, Gabon

ACTEURS
Malemba, chef de Doumé
ses enfants, petits enfants et épouses

Bernard Lomba, chef de Manenga

Sylvie Le Bomin, ethnolinguiste & ethnomusicologue

MONTAGE : Alain Epelboin & Annie Marx
CAMÉRA-SON : Alain Epelboin
AUTEURS-RÉALISATEURS : Alain Epelboin & Sylvie Le Bomin

Chronique des Pygmées Babongo, avril - mai 2008 Arc-en-bouche bwiti par Florian Nzembi « John », Makoula 2 avril 2008

Alain EPELBOIN

08min10

Chronique des Pygmées Babongo, avril - mai 2008 (Gabon) 01 Arc-en-bouche bwiti par Florian Nzembi John (8 mn 10)
2 avril 2008, Makoula, Ogooué Lolo, Gabon
Je me prénomme Florian.
Le nom c'est Nzembi, reconnu par John.
Asosa Maranga, le nom de bwiti.

Caméra : Alain Epelboin
Réalisateurs : Alain Epelboin et Jean-Blaise Matzanga